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Val de Marne : un référentiel pour aider les crèches dans l’accueil « régulier diversifié »

Dans le Val de Marne, il y a 76 crèches départementales avec des accueils réguliers à temps plein. Trois forfaits horaires mais un accueil sur 5 jours soit 100% de la journée. Pour mieux répondre aux besoins et à la diversité des familles, le Département a décidé de tester la mise place d’un système plus souple. Retour sur une année de réflexion qui a permis de mener une expérimentation dans une dizaine de crèches avec succès. Avec à la clef un référentiel qui servira de « guide » dès la rentrée à tous les EAJE départementaux puisque l’accueil régulier à temps partiel sera généralisé.
Val de Marne
créche saint mandé Val de Marne
L’an dernier le Val de Marne a souhaité élaborer tout un travail de réflexion autour de leurs modes d’accueil collectif. L’objectif : maintenir un accueil régulier de qualité mais offrir des possibilités de fréquentation à temps partiel. Ce qui était déjà le cas pour l’accueil des enfants en situation de handicap qui pouvaient fréquenter la crèche 4 ou 5 jours dans la semaine. Mais qui n’était pas une option pour les autres familles.
Le département souhaitait tester trois possibilités : les mêmes forfaits horaires (9h, 10h ou 11h) mais un accueil réparti sur 2, 3 ou 5 jours. Une petite révolution pour les parents, mais aussi pour les équipes. D’où la démarche originale adoptée par la Direction des crèches pour mettre toutes les chances de réussite de son côté. Avec pour principes : pas d’amateurisme, pas de précipitation, un accompagnement sérieux et bienveillant des directrices de structures et des équipes afin de permettre aux professionnels de penser à ce projet avec des questions concrètes voire logistiques. Le tout dans l’intérêt des enfants et de leurs parents.

14 crèches volontaires engagées dans l’expérimentation
Après une journée de sensibilisation réunissant toutes les directions de crèches, un groupe de travail composé de 14 crèches volontaires a été mis en place pour expérimenter le nouveau système, réfléchir ensemble aux obstacles et aux  meilleures pratiques. « En fait, explique Magali Tabarin-Ferly, conseillère technique à la Direction des crèches, seules 11 crèches sur les 14 ont pu participer à l’expérimentation faute de demandes de la part des parents ». Mais toutes ont participé au groupe.
Les réunions du groupe de travail étaient régulières, environ une fois par mois et une formatrice de haut vol Miriam Rasse, la présidente de l’Association Pikler-Loczy l’animait. Logique car dans le Val de Marne il y a une tradition d’approche piklérienne. Lors de ces réunions, les vraies et bonnes questions tant pour le respect des besoins de l’enfant que l’écoute des familles et des professionnels : où doit-on porter notre attention ? Comment travailler l’adaptation des enfants ne venant à la crèche que 2 ou 3 jours dans la semaine ? Comment parle-t-on de la crèche à ces enfants quand ils n’y sont pas ? Pourquoi doit-on en tenir compte quand on organise le planning de travail du personnel ? « L’idée était de faire en sorte que cette nouvelle façon d’accueillir se passe bien pour les enfants, les parents et les professionnels » conclut Magali Tabarin-Ferly.
En janvier 2017, les crèches « testeuses » ont dressé un bilan complet qui s’est avéré largement positif. Puis fin mars, une grande réunion sur une journée a réuni tous les professionnels des 76 crèches du département. Récits de trois crèches qui étaient dans l'expérimentation, présentation du référentiel d’accueil établi par le groupe de travail par Miriam Rasse qui devait aussi répondre à toutes les questions qui émergeaient. « Et assez curieusement, remarque Magali Tabarin-Ferly, ce sont des questions très concrètes d’organisation qui étaient posées : quel lit pour un enfant ne venant que 2 jours, comment expliquer la place vide à table pour ceux qui fréquentent la crèche 5 jours sur 5, la question des casiers, etc. »

Un référentiel complet, concret et ouvert, une généralisation dès septembre 2017
Le référentiel proposé (pratiques professionnelles, procédures et points d’organisation) a été envoyé à tous les professionnels des crèches départementales puisque l’expérimentation sera généralisée en septembre prochain. Il permet à chacun et à chacune de s’approprier cet accueil régulier à temps diversifié. Il évoque les problèmes, propose des solutions, des types d’organisation et des pratiques professionnelles - de l’adaptation à la sieste en passant par les repas ou les transmissions aux familles - dans l’intérêt de tous. Mais il n’occulte pas que bien des clefs reposent dans l’observation des enfants, dans le travail d’équipe et la réflexivité. Et pour ceux et celles qui pourraient s’inquiéter, comme le rappelait volontiers Miriam Rasse, au cours des échanges : faites comme d’habitude, après tout avant certains enfants ne venaient pas tous les jours le même nombre d’heures, même si leurs parents payaient …
Ce qui est assez remarquable dans cette initiative du Val-de-Marne, finalement ce n’est pas tant le projet en lui-même qui ressemble beaucoup au quotidien des multi-accueils, mais la méthode employée pour amener tous les professionnels de toutes les structures à l’adopter. En douceur, sans stress excessif et avec le sentiment si essentiel à des professionnels de la petite enfance, le sentiment de travailler bien dans de bonnes conditions : en un mot de préserver la qualité de l’accueil proposé aux jeunes enfants.  


 

Presque 2 ans de préparation

9 décembre 2015 : journée professionnelle des directrices et directeurs de crèches.
De mai à septembre 2016 : groupe de travail avec 14 crèches volontaires pour expérimenter l’accueil d’enfants en 2 ou 3 jours par semaine.
24 janvier 2017 : bilan de l’expérimentation avec les crèches volontaires.
Février 2017 : réunions des directrices et directrices adjointes par territoire avec la direction des Crèches.
31 mars 2017 : journée de formation des 76 équipes de directions de crèches.
Septembre 2017 : généralisation de l’accueil régulier diversifié à l’ensemble des crèches départementales.

 

Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Modifié le 13 novembre 2017