Psycho-pédagogie

La Bougeothèque de Lambersart : un lieu pour expérimenter le monde

A la Bougeothèque de Lambersart (59), les enfants sont laissés en motricité libre dans un espace spécialement aménagé pour favoriser leur liberté de mouvements. Et où tous les jeudis matins les assistantes maternelles du RAM de la ville peuvent venir avec les enfants qu’elles accueillent. Visite guidée avec Véronique Schrive, responsable du lieu. 
Bougeothèque de Lambersart
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La motricité libre repose sur le principe que plus l’enfant est libre de ses mouvements, plus il va développer une sécurité intérieure et une confiance en lui. C’est cette philosophie, héritée des travaux d’Emmi Pikler, qui est appliquée à la Bougeothèque, un espace de motricité fondé en 2002 par Arnaud Deroo, responsable du service petite enfance de la ville de Lambersart (59). Dans ce lieu, parents, assistantes maternelles et enfants âgés de 3 mois à 3 ans viennent découvrir les bienfaits de l’activité libre. Plus de 10 ans après sa création, la Bougeotèque n’a pas pris une ride, elle continue de faire des adeptes chez les parents et les professionnels de la petite enfance. Et elle a donné naissance à d’autres ateliers de motricité libre partout en France.  

Un espace de liberté conçu pour les enfants
«  Le fait de laisser l’enfant exprimer sa motricité librement lui permet de prendre conscience de son corps et de s’ouvrir progressivement au monde, explique Véronique Schrive, responsable et accueillante de la Bougeothèque. Il est extrêmement important de respecter le besoin du moment en faisant confiance à l’enfant dans son ressenti ». Ici, le maître-mot c’est laisser au petit le temps de découvrir l’espace et de faire ses propres expériences. Tapis, tunnels, toboggans, ballons… Tout est fait pour que l’enfant puisse explorer son environnement en toute liberté. L’aménagement de l’espace est fondamental, il soutient la pédagogie. Le tout-petit escalade les structures, rampe, roule, se balance avec plaisir et entrain. Des petits coins sont aménagés où il peut faire de la manipulation : il empile les cubes, encastre les formes, découvre des textures et des sons, sous le regard bienveillant de l’accueillante. Sur le côté, un lit bas avec des coussins et des peluches est mis à disposition si l’enfant a envie de se rassurer dans un « lieu contenant ». 
 
Les professionnels comme les parents
La Bougeothèque accueille des duos parents-enfants et assistantes maternelles-enfants pour des séances d’une heure le matin. Les enfants sont généralement inscrits à l’année. Les groupes, composés de dix bambins, sont fixes pour que le petit puisse à chaque fois retrouver les mêmes camarades de jeu, c’est important qu’il se sente en sécurité. Chaque atelier débute par un accueil individuel réalisé par Véronique Schrive, puis les parents sont invités à laisser l’enfant en motricité libre. Ils s’installent au sol à côté de lui ou plus loin, cela dépend de leur ressenti. Les assistantes maternelles qui participent aux séances avec l’enfant qu’elles gardent, reçoivent auparavant une formation théorique sur la motricité libre, dispensée par Véronique Schrive. Elles viennent aussi observer les ateliers parents-enfants. Toute la richesse de la Bougeothèque réside dans la diversité des publics qui s’y rencontrent : parents très informés ou en difficultés, mamans isolées en grande précarité ou professionnelles. « La présence d’enfants porteurs de handicap apporte également une énergie très positive, ajoute Véronique Schrive. Cela induit beaucoup de respect de bienveillance entre les parents. » 

Le rôle essentiel de l’accueillante
Les séances se suivent mais ne se ressemblent pas. Chaque enfant appréhende l’espace à sa manière. Au sol, Véronique Schrive observe les enfants, les soutient par le regard et la parole. A la Bougeotèque, pas question de montrer au petit les gestes à effectuer ou de faire pour lui, l’idée est vraiment de le laisser libre dans ses découvertes. « Certains parents sont inquiets en voyant leur petit partir à l’aventure, observe la spécialiste. Mon rôle est de les rassurer. Je vais m’approcher d’eux, leur donner des conseils simples. Le fait d’être au sol induit une communication douce. Je vais par exemple leur dire d’éviter certains mots comme « attention» car cela ne donne pas confiance à l’enfant. » L’accueillante s’adresse aussi au petit, le rassure avec des mots qu’il peut comprendre. Son attention est focalisée sur lui, sur ses besoins et ses émotions : c’est ce qu’on appelle le « portage psychique ». « Le tout-petit qui se retourne pour la première fois doit pouvoir voir le regard de l’adulte sur lui, insiste Véronique Schrive. Il a besoin de savoir qu’il compte pour lui. Cela lui donne la possibilité de se développer comme un individu à part entière. » 
Article rédigé par : Suzanne Godot
Modifié le 09 juin 2017
Bonjour à ceux concernés Je suis éducatrice de jeunes enfants ayant plus de 10 ans auprès de l'enfant en qualité d'auxiliaire,formatrice également.Je suis interressé par le concept de la bougeothèque et souhaiterais savoir comment le mettre en place.Ce concept n'existant pas dans mon pays,je voudrais innové en matière petite enfance et vous demande des conseils dans ce sens. en vous remerciant, Cordialement, Rose FLEURAL