Psycho-pédagogie

Les mini jardins d’Angers : des lieux d’éveil et d’échanges pour les petits et leurs assistantes maternelles

Elle a été assistante maternelle pendant 37 ans. Présidente de la CAMAF (coordination des assistants maternels et assistants familiaux) d’Angers et sa région pendant 23 ans. Et aujourd’hui elle n’a rien perdu de son enthousiasme, n’a rien lâché de ses convictions et continue d’œuvrer pour la petite enfance et de faire prospérer une idée - les mini jardins- qui est née il y a plus de 25 ans.
mini jardin
Marie Gisèle Rodriguez est à l’origine du premier mini jardin d’Angers. C’était en 1989. Bien avant la création des RAM (réseaux d’assistantes maternelles) et des MAM (Maisons d’assistantes maternelles). « J’avais la chance d’avoir une grande maison et un beau lieu de vie avec véranda pour accueillir les quatre enfants dont j’avais la garde, explique-t-elle. Autour de moi je voyais des collègues dans des petits appartements, moins bien installées pour faire des activités, un peu isolées aussi. » Forte de ce constat, elle décide de trouver des locaux, d’y réunir enfants et assistantes maternelles une fois par semaine et d’y inviter un intervenant qui proposerait des animations ou activités spécifiques. Il lui a fallu trois ans pour monter ce premier lieu. Elle a dû convaincre la Mairie, le Conseil général, la PMI... Mais son opiniâtreté a été récompensée. Un premier mini jardin est né, puis d’autres dans des communes proches d’Angers. A chaque fois, le même succès tant du côté des assistantes maternelles que des parents et de leurs enfants. Et aujourd’hui l’ancienne « assmat » a ouvert 12 mini jardins* dans la région d’Angers.

Un épanouissement pour tous
Tous fonctionnent sur le même modèle. Six à douze assistantes maternelles se réunissent avec les petits de 3 mois à 3 ans qui leur sont confiés, dans un lieu mis à leur disposition (centre social, maison de l’enfance et autres locaux publics) pour participer et faire participer les enfants à toutes sortes d’activités menées par un intervenant compétent dans un domaine particulier : musique, motricité, lecture, activités manuelles, etc. Les parents doivent débourser pour cela 3,50 € par mois. Et tous le font volontiers tant cela est profitable à l’épanouissement de leurs enfants.
Ces mini jardins, organisés via la CAMAF d’Angers, relèvent de l’initiative privée (contrairement aux Ram par exemple), les assistantes maternelles qui y participent sont toutes volontaires et très motivées. Leur regroupement ne se fait pas par proximité géographique mais par connaissance et centres d’intérêt. 
Armelle Lemaire, assistante maternelle à Angers, est une fan : elle en est à son deuxième mini jardin et n’y voit que des avantages : « Actuellement aux Bambinis d’Angers, nous sommes 5 assistantes maternelles avec une petite quinzaine d’enfants. Pour eux c’est un épanouissement, une façon douce de se familiariser avec la collectivité. Ils rencontrent non seulement d’autres enfants mais aussi d’autres adultes. Nous les faisons travailler dans une approche montessorienne et nous sommes trois assistantes maternelles à être formées à cette pédagogie. Pour nous, professionnelles, cela permet une mise en commun de nos connaissances et aussi de nous remettre en question. Ce sont des moments d’échanges intenses qui nous évitent l’isolement, très commun dans notre métier. »
Curieusement les mini jardins d’Angers n’ont pas fait école. Ils restent une initiative, unique, toute concentrée dans la région d’Angers.


*Les coquelicots, La Doutre, Les doudous, Les Zouzous, Les petites canailles, Les Jardinous, Les Bambinis, Graine d’éveil à Angers. Les loupiots à Avrill Les bout’chou à Beaucouzé, Les lapinous à Brion, L’ile aux enfants à Etriché, Le manège enchanté à St Georges du bois, Les Petits Loups à Chalonnes sur Loire et Les Titis de la Grange à  Ecouflant - Eventard.
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Modifié le 10 juillet 2017