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Enfance et Musique

Multi-accueil Marie Ernest May : accueillir tous les enfants

Le Multi-Accueil Marie Ernest May de la Croix-Rouge à Paris offre un cadre bienveillant pour grandir et s’épanouir. L’autonomie est la règle, chaque enfant évolue selon ses capacités.
Ce multi-accueil de la Cité des Fleurs dans le 17e à Paris compte 62 berceaux, dont 20%, des effectifs (12 places) sont dédiées à des enfants présentant des troubles du spectre de l’autisme et des troubles envahissants du développement. Le projet d’établissement a été redéfini à l’occasion d'importants travaux de rénovation achevés en 2017. Cette structure pilote a basé son fonctionnement d’équipe et d’accueil sur l’autonomie de l’enfant.
Après deux ans d’expérimentation, un premier bilan d’étape peut être établi. Fabien Roussel, éducateur de jeunes enfants et directeur de la structure, souligne « l’importance du décloisonnement, tant sur le plan architectural des espaces que sur l’ouverture à des familles issues de milieux sociaux très contrastés. La mixité sociale est un principe de notre projet au même titre que l’accessibilité des tout-petits en situation de handicap. Nous travaillons étroitement avec la PMI ». Les enfants évoluent en fonction de leurs capacités, il n’y a pas de sections, seulement la distinction entre « marchants et non-marchants ». Fabien Roussel évoque Janusz Korczak en décrivant la philosophie de l’accueil qui gouverne la crèche. L’équipe fonde son travail sur l’autonomie des enfants. Une République des enfants à la Cité des Fleurs !

Observer et laisser faire
« On laisse faire, on intervient si c’est nécessaire, dans un environnement adapté » commente Fabien Roussel. « Nous partons de l’observation et des besoins de l’enfant. Par exemple, pour le déjeuner le self est ouvert pendant deux heures, les enfants se servent au buffet, ils débarrassent et repartent jouer ». Léonard, à peine deux ans, confirme ces propos : attentif et tenté par le raisin, il prend patiemment les grains avec une cuillère, remplit son plateau et s’assoit à une petite table de quatre.
« La théorie de l’attachement reste une référence » souligne Fabien Roussel. « Nous sommes attentifs à l’acquisition des repères des lieux, pas seulement des personnes. Nous réajustons constamment nos propositions (pour le self nous avons commencé par le goûter !). Nous sommes partis des besoins des enfants porteurs de handicap pour élaborer notre projet d’accueil. Ce qui compte c’est ce que peut faire le tout-petit, seul ». Secondé par Noëlla Manquin, directrice-adjointe, Fabien Roussel souligne l’engagement important d’une équipe impliquée et solidaire. Les horaires d’arrivée ne sont pas figés (des enfants ont des soins à l’extérieur), les inscriptions non plus.

Le projet porté par l’équipe ré-envisage le monde de la petite enfance dans une orientation d’un « laisser-faire » respectant le rythme de chaque petit.

Un espace ouvert
Le lien avec les familles - de milieux très différents - se noue au gré des rencontres et des activités. Un café-parents mensuel permet d’aborder diverses thématiques ; le café-sondage est l’espace d’expression des besoins et des idées. Deux ateliers-parents mensuels, fixés à des jours variables selon la disponibilité des familles, permettent d’aborder les jeux d’eau, la peinture, la psychomotricité… Des ateliers du soir de soutien à la parentalité favorisent une émulation entre les familles.
La rencontre avec une conteuse ouvre sans doute la porte à d’autres perspectives artistiques et culturelles à imaginer dans un moyen terme. Pour l’instant, des parents interviennent dans les ateliers et les fêtes (un musicien, un magicien...). Des membres de l’équipe ont mis un « livre en marionnettes » et souhaitent faire un spectacle chaque année. La direction a récemment commandé de nombreux instruments et objets sonores.

Un dialogue s’amorce avec la DRAC Île-de-France qui, dans le cadre du partenariat avec l’Agence Régionale de Santé, reste très attentive aux méthodes innovantes de cet établissement et prend le temps d’observer et de connaître avant d’ y implanter une expérimentation à la croisée de la petite enfance et du handicap. Nul doute que des artistes trouveront bientôt à la Cité des Fleurs un terrain d’échange et de créativité. Tous les facteurs sont réunis pour une belle réussite de résidences ouvertes, comme l’est ce lieu où chacun se sent si libre.


Cet article est extrait de Territoires d’Eveil spécial Ile de France N° 14.

Petite histoire et philosophie d’un lieu

« Les crèches Croix-Rouge sont des lieux de vie, d'apprentissage et de découverte qui offrent à l’enfant un cadre bienveillant et sécurisant pour grandir et s'épanouir. Notre cœur de métier est d'accompagner les enfants dans leur développement, en favorisant leur éveil et leur bien-être, grâce à des activités tournées vers la socialisation et l'ouverture au monde. Nos équipes prennent soin de respecter le rythme de développement et la singularité de chaque enfant tout en privilégiant l'échange et le partage d'expérience avec et entre les parents. »
La structure créée en 1895 par Marie et Ernest May accueillait une quinzaine d’enfants. En 1949, les descendants du couple fondateur ont fait don du bâtiment à la Croix-Rouge Française afin de perpétuer l’action d’accueil de jeunes enfants initialement menée. Depuis, la Croix-Rouge Française a développé l’établissement d'accueil des jeunes enfants (EAJE), en restructurant et ouvrant ses portes aux enfants issus de familles aisées ainsi qu’aux enfants issus de familles en difficulté.

Article rédigé par : HK
Publié le 05 juin 2019
Mis à jour le 14 juin 2019