Psycho-pédagogie

Quinzaine des Jeux de la petite enfance : la motricité à l’honneur dans la crèche Richomme

En soutien à la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, la Direction des Familles et de la Petite Enfance (DFPE) de la Mairie de Paris a organisé une Quinzaine des Jeux de la petite enfance. L’occasion pour les établissements volontaires de mettre en place des ateliers valorisant la motricité dans les crèches, avec la participation des parents. Reportage à la crèche collective municipale Richomme.
Rassembler les valeurs de l’accueil collectif et des Jeux Olympiques
Il est 10h à la crèche de la rue Richomme (Paris 18e) et les professionnels accompagnés de quelques parents se répartissent dans les salles pour proposer à chaque section des parcours autour de la motricité. Comme cette crèche, une trentaine d’établissements se sont portés volontaires pour mettre en place des activités dans le cadre de la Quinzaine des Jeux de la petite enfance. Un événement créé par la DFPE à l’occasion du passage du Comité International Olympique à Paris pour consulter le projet. « Cette année nous avons souhaité nous impliquer dans le soutien à la candidature de Paris », explique Edwige Monteil, conseillère socio-éducative pour la DFPE. L’idée : rapprocher les valeurs Olympiques de celles des EAJE et valoriser le sport dans les crèches, avec le concours des parents. « Le sport en famille était une dimension importante », précise-t-elle.

Des ateliers originaux pour chaque tranche d’âge
Durant la Quinzaine, 3 ateliers par jour sont proposés dans cette crèche. Ce jour-là, la section des moyens découvre un tapis en plastique sur lequel sont collés des carrés de différents textures : bouchons en plastique, graines, rondins en polystyrène, ballons de baudruche dégonflés, bande de papier bulle. D’abord intrigués puis enjoués, les enfants testent le parcours sensoriel élaborée par les professionnelles présentes, sous l’œil attentif d’un papa. « Les enfants voient ce qui leur plaît ou non, ils testent leur équilibre » explique Camille, éducatrice de jeunes enfants. « Le corps réagit à certaines surfaces ».
Pendant ce temps, les petits évoluent sur un parcours de motricité : ils montent sur les boudins, redescendent, passent sous le cylindre. Comme le précisent les professionnelles, ils sont libres de suivre le parcours comme ils veulent, en fonction de là où ils en sont dans leur développement. C’est la première fois que la maman d’Eva participe à une activité. « On ne sait pas ce qu’il se passe après les avoir déposés à la crèche. Là c’est possible. J’ai vu par exemple ma fille utiliser le toboggan, ce qu’elle ne fait pas à la maison ».
A l’étage, c’est très animé : le groupe des grands mime la chasse à l’ours, l’histoire d’une famille qui traverse une multitude de paysages à la poursuite de l’animal. Les enfants n’hésitent pas à imiter Catherine, l’auxiliaire puéricultrice qui anime ce « conte avec éveil corporel ». « Ils suivent tous le mouvement, se ravit-elle. Ils retrouvent l’idée de jeu qui est la base de la petite enfance ». Le papa de Joachim, qui n’en est pas à sa première participation, est tout aussi impliqué. « C’est un moment privilégié, dans un cadre différent de celui de la maison. On découvre les interactions des enfants entre eux ».

Encourager la présence des parents
« La Quinzaine a un double intérêt pour nous » souligne Karine Goubert, directrice de la crèche. « C’est notre contribution au soutien de la candidature de Paris. Et cela s’inscrit dans une continuité car l’implication des parents faisait déjà partie de notre fonctionnement ». Tout au long de l’année, les parents ont en effet la possibilité de coanimer tous les ateliers : ils s’inscrivent sur le planning ou proposent eux-mêmes des activités (danser avec les bébés, jouer d’un instrument…). « Il y a un vrai engouement des professionnelles, elles sont très positives par rapport à cette co-animation » note-t-elle. D’une part, cela leur permet de rencontrer les parents sur d’autres temps que la séparation du matin et les retrouvailles du soir, d’autre part cela valorise leur travail. Une interaction importante pour Karine Goubert : ils peuvent échanger avec les professionnels sur différents sujets, comme le matériel et son utilisation. Mais surtout, en observant leurs enfants sur le lieu d’accueil, les parents se rendent compte de leur motricité et tout ce qu’ils sont capables de faire. « La motricité libre est au cœur de notre projet, précise la directrice, et nous sensibilisons les parents à cette pédagogie ». Les parents se sont encore plus impliqués durant la Quinzaine et le Conseil des Parents du 18e arrondissement a été un relai supplémentaire de cette action.

Des supports pour les équipes
Pour accompagner au mieux professionnels et parents pendant la Quinzaine, un guide intitulé « Me mouvoir en tout liberté » a été envoyé à chaque établissement. « Deux psychomotriciens et deux EJE ont constitué un groupe de travail pour élaborer ce guide qui évoque tous les aspects de la motricité : globale, fine, la marche… » explique Edwige Monteil. Une charte et un calendrier des petits athlètes à afficher leur ont également été donnés, pour montrer le soutien de la DFPE. Enfin, les structures ont reçu un kit de motricité. Jeux d’équilibre, cerceaux, balles à piquots, foulards de jonglage, rouleaux : différents outils étaient mis à disposition des professionnels pour créer ou compléter les ateliers. La conseillère apprécie le succès de la Quinzaine. « Elle a permis de fédérer les équipes pour valoriser ce qu’elles proposent au quotidien. Et chacune a pu développer son propre événement ».
Article rédigé par : Armelle Bérard Bergery
Modifié le 02 juin 2017