Le Collectif Pas de bébés à la consigne ne lâche rien !

Le Collectif Pas de bébés à la consigne prend acte des dispositions modifiées par le gouvernement mais estime toujours que la réforme des modes d’accueil telle qu’elle est prévue menace la qualité de l’accueil.

Suite à l’envoi des avant-projets d’ordonnance et de décrets, les pros de terrain ainsi que les gestionnaires avaient manifesté leur désaccord concernant certaines mesures. Le Secrétariat d’état à l’Enfance et aux Familles a pris note de certaines revendications et a procédé, la semaine dernière, à plusieurs changements. Pas de bébés à la consigne, dans son communiqué, prend ainsi acte de l’extinction programmée des jardins d’éveil alors qu’il était prévu leur rétablissement avec 1 adulte pour 12 enfants dès 2 ans. Il note également le retour de « l'expérience professionnelle pour diriger une crèche de plus de 40 enfants (mais pas entre 12 et 40 enfants...) », la quotité de présence revue à la hausse « pour la direction d'une crèche et pour les éducateurs de jeunes enfants entre 13 et 40 enfants (mais pas au-delà...) », le fait que les assistantes maternelles exerçant en MAM resteront salariées de particuliers employeurs (exit donc la possibilité pour une personne morale de droit public ou de droit privé de devenir leur employeur) et la suppression de « l'accueil d'enfants à titre gracieux par les assistantes maternelles en sus de leur agrément », qui pour plusieurs organisations ouvraient la porte au travail au noir.

Des mesures nuisent toujours à la qualité de l’accueil selon le Collectif
Toutefois Pas de bébés à la consigne considère que de nombreuses dispositions vont toujours à l’encontre de la qualité d’accueil, qui est pourtant un des leitmotivs de la réforme des modes d’accueil. Le Collectif condamne les points suivants : 
  • « tous les jours 15% d'enfants accueillis en surnombre en crèche 
  • la possibilité d'un taux d'encadrement unique de 1 pour 6 en crèche qui s'appliquerait donc aux bébés 
  • le ratio de 40/60 "en moyenne annuelle", c'est-à-dire des enfants régulièrement accueillis avec moins de professionnel.les qualifié.es
  • 5,5 m2 par enfant en zone dense, au détriment des besoins psychomoteurs élémentaires des tout-petits
  • des directions sans expérience professionnelle préalable en crèche jusqu'à 40 enfants
  • jusqu'à huit enfants potentiellement présents simultanément en accueil individuel et des maisons d'assistantes maternelles dont l'effectif serait porté à 20 enfants c'est-à-dire quasi équivalent à celui d'une crèche 
  •  ½ heure par mois d'analyse de pratique en crèche, mesure d'affichage purement cosmétique, et pire encore, seulement au bon vouloir des collectivités locales pour les assistant.es maternel.les, ces dernières étant également toujours privées d'un accompagnement en santé de plein droit... »
Enfin le Collectif fait remarquer que la nouvelle version prévoit d’inclure « les apprentis dans le calcul du taux d'encadrement en crèche jusqu'à 15% de l'effectif » et la « possibilité qu'un professionnel accueille seul jusqu'à trois enfants en crèche jusqu'à 6 heures par jour. »

Une nouvelle mobilisation prévue
Le Collectif ne compte pas en rester là et détaillera prochainement tout ce qu’il attend de la réforme des modes d’accueil. Et annonce d’ores-et-déjà qu’une journée de grève et de manifestation aura bientôt lieu. L’année 2021 s’annonce chargée…

Source : Pas de bébés à la consigne !
Article rédigé par : C.F.
Publié le 22 décembre 2020
Mis à jour le 22 décembre 2020