Les 5 pays d’Europe dont les politiques sont les plus favorables aux familles

L’UNICEF dévoile dans un rapport le classement des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Union Européenne (UE) selon leurs politiques nationales en faveur des familles. Et présente ses préconisations en la matière.
Etabli par le Centre de recherche - Innocenti, le rapport s’intitule « Are the world’s richest countries family-friendly ? ». Il s’inscrit dans le cadre des travaux d’UNICEF portant sur l’élaboration de politiques et de programmes en faveur du développement de la petite enfance et de la campagne « Les premiers moments comptent », à l’œuvre depuis trois ans. Elle a pour objectif d’aider les familles à donner aux jeunes enfants le cadre favorable et les expériences stimulantes dont le cerveau a besoin pour bien se développer.

Selon le rapport, parmi les pays de l’OCDE et l’UE, ce sont la Suède, la Norvège, l’Islande, l’Estonie et le Portugal qui ont les politiques les plus favorables aux familles. La Suisse, la Grèce, Chypre, le Royaume-Uni et l’Irlande se retrouvent eux parmi les derniers du classement. La France a encore des efforts à produire pour atteindre le haut du classement, mais elle en occupe quand même la 10ème place.

Encourager la prise des congés parentaux
L’UNICEF préconise au moins 6 mois de congé parental rémunéré. Or après étude des congés payés intégralement rémunérés dans les 41 pays, il apparaît que seule la moitié d’entre eux permettent cela aux mères. Sur ce volet, l’Estonie caracole en tête en leur accordant un congé de 85 semaines. Puis la Hongrie et la Bulgarie avec respectivement 72 et 61 semaines. Sur ce point, la France se retrouve loin derrière, avec seulement 16 semaines de congés payés intégralement rémunérés.
Du côté des hommes, le rapport montre que même lorsque les pères ont la possibilité de prendre un congé parental rémunéré, ils sont nombreux à ne pas le prendre. Ainsi dans le seul pays du Monde qui propose un congé paternité intégralement rémunéré d’au moins 6 mois, à savoir le Japon, seulement 1 père sur 20 en a profité en 2017. En République de Corée, qui arrive juste après le Japon sur la durée des congés paternité, ceux-ci ne représentent qu’1 congé parental sur 6.
Le rapport encourage les politiques à développer et les pères à se saisir des congés paternité qui souligne-t-il : « aident les pères à établir un lien avec leur nourrisson, contribuent au bon développement des bébés, réduisent le taux de dépression maternelle et améliorent l’égalité des genres ».

Favoriser le recours aux modes d’accueil
L’UNICEF préconise également l’accès universel pour les enfants, quelles que soient leurs circonstances familiales, à des modes d’accueil de qualité et d’un prix abordable, de la naissance à l’entrée à l’école. Le rapport note en effet que pour certains parents prêts à reprendre le travail, l’obstacle principal dans leur recherche d’un mode d’accueil est leur coût. Selon l’analyse de données sur 29 pays, c’est au Royaume-Uni qu’il représente le plus un frein au recours à la crèche (22%). A l’inverse, ce problème ne concerne qu’à peine 1 parent sur 100 en République Tchèque, au Danemark et en Suède. En France, le coût représente une difficulté pour environ 4% des parents.
L’UNICEF recommande aussi de veiller à ce qu’il n’y ait pas de coupure entre la fin des congés parentaux et le début des services d’accueil « afin que les enfants puissent poursuivre leur développement sans interruption ». A ce que les mères puissent allaiter avant et après leur retour au travail, ce qui passer par : fournir des congés parentaux suffisamment longs, garantir des pauses au travail, aménager des locaux sûrs et adéquats où allaiter et tirer le lait maternel. Enfin, il souhaite collecter des données plus nombreuses et de meilleure qualité sur tous les aspects politiques favorables aux familles « afin que les programmes et politiques puissent faire l’objet d’un suivi, et que les pays puissent être comparés ».

« Il n’y a pas de période plus décisive pour le développement du cerveau des enfants – et par conséquent, pour leur avenir - que les premières années de la vie », insiste Henrietta Flore, directrice générale d’UNICEF. « Il faut que les gouvernements contribuent à apporter aux parents le soutien dont ils ont besoin pour instaurer un cadre favorable à leurs jeunes enfants. Et il faut l’appui et l’influence du secteur privé pour que cela se concrétise. »


Consulter le rapport dans son intégralité (en anglais)
Article rédigé par : A.B.B.
Publié le 13 juin 2019
Mis à jour le 13 juin 2019