Maquillage pour enfant : alerte sur les produits toxiques utilisés

L’association nationale de défense des consommateurs et usagers Consommation Logement Cadre de vie (CLCV) a publié les résultats de son étude sur les cosmétiques pour enfants, relevant des composants à risque pour la santé.

Les jeux de déguisement et de maquillage ont la côte chez les jeunes enfants. Mais les produits proposés par les marques sont de plus en plus pointés du doigt pour leur composition. En 2015 et 2016 déjà, des palettes de maquillage pour enfants avaient été rappelées et retirées de la vente car elles contenaient des métaux lourds ou des substances interdites. Au cours des deux années suivantes, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), après avoir analysé 12 palettes de maquillage pour enfants spécial déguisement, avait constaté la présence d’aluminium et d’isophorone au-delà des seuils recommandés.
En partenariat avec la première association de consommateurs belge (la FRC), l’association CLCV a réalisé une nouvelle enquête à ce sujets. Elle portait sur 9 produits estampillés enfants : 2 brillants à lèvres, 5 vernis et 2 mallettes de maquillage.

Allergènes, perturbateurs endocriniens, produits susceptibles d’être cancérigènes
Les résultats révèlent des composants à risque dans chaque produit. On retrouve ainsi dans tous les rouges et brillants à lèvres des huiles minérales issues du pétrole : des MOSH, soupçonnées d’être bioaccumulables dans le foie, et des MOAH, susceptibles d’être cancérigènes.
Du côté des vernis à ongles, 3 sur 5 sont composés de phénoxyéthanol, un conservateur qui à forte dose peut avoir des effets négatifs sur le foie. Certains vernis, comme le « Miraculous Ladybug » ont des taux importants d’allergènes. Par ailleurs, le produit « Rêve de princesse – Ma manucure créative » contient à la fois du phénoxyéthanol et des doses très élevées de styrène, un potentiel perturbateur endocrinien. L’étude note toutefois que dans la majorité des vernis testés, les solvants volatils ont été remplacés par de l’eau.
Les mallettes de maquillage elles regroupaient à la fois de l’ombre à paupières, du gloss, du vernis, ou encore du fard à joues … des produits contenants tous du phénoxyéthanol. Dans les fards et les vernis ont été aussi retrouvées des traces de BHT, un potentiel perturbateur endocrinien, et de methylisothiazolinone (MIT), un allergène puissant – des substances qui n’étaient d’ailleurs pas indiquées sur les étiquettes.

Conseil : du maquillage le moins possible et le plus tard possible
L’association et les experts interrogés mettent en garde les parents sur le risque accru de développer des allergies chez les enfants, dont la peau est moins dotée en barrières protectrices. Et préconisent d’attendre que la peau soit capable de se défendre avant de d’utiliser du maquillage, même pour enfant.
Isabelle Rousseaux, dermatologue et membre du Syndicat National des Dermatologues, conseille de : privilégier le maquillage qui s’enlève à l’eau et de le garder le moins longtemps possible ; lire scrupuleusement les consignes d’utilisation et avertissements indiqués sur l’emballage ou la notice avant toute application sur la peau ; démaquiller soigneusement la peau avec de l’eau et un savon doux ou un lait de toilette adapté à l’âge de l’enfant et appliquer ensuite une crème hydratante.

Pour éviter tout risque pour la santé des jeunes enfants, les professionnels sont de plus en plus nombreux à privilégier le maquillage « bio » ou, mieux, le fait maison.

Source : CLCV


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Article rédigé par : A.B.B.
Publié le 06 juin 2019
Mis à jour le 06 juin 2019