Nouvelle Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens : des mesures pour la petite enfance

Cinq ans après la première stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, le Gouvernement en lance une nouvelle. Un projet annoncé en février 2018 et présenté ce lundi 14 janvier 2019 par la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, et le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, à l’occasion des Rencontres nationales Santé environnement qui se sont tenues à Bordeaux.

La France, pays précurseur
Pour rappel, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit un perturbateur endocrinien comme « une substance ou un mélange de substances qui altère les fonctions du système endocrinien et, de fait, induit des effets nocifs sur la santé d’un organisme intact, de ses descendants ou de (sous)populations ». Ils ont commencé à inquiéter les scientifiques dès les années 1950 et sont depuis quelques années au cœur des préoccupations environnementales et sanitaires. Selon le baromètre IRSN 2018 sur la perception des risques, la moitié des Français interrogés considèrent que les risques liés aux perturbateurs endocriniens sont forts. En avril 2014, la France est ainsi devenue le premier pays à adopter une Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE). Dans sa continuité, la nouvelle SNPE 2019-2022 vise à réduire l’exposition de la population et de l’environnement aux perturbateurs endocriniens. Elle représente une composante importante du futur plan national santé environnement 4.

3 objectifs, 13 mesures phares, 50 actions
C’est une Stratégie d’envergure dans laquelle trois grands objectifs ont été définis : protéger la population, former et informer ; prévenir l’imprégnation de l’environnement ; améliorer la connaissance sur les perturbateurs endocriniens. Pour leur mise en œuvre, ils ont été déclinés en treize mesures phares comprenant cinquante pistes d’actions.

Parmi elles, plusieurs préconisations concernent les jeunes enfants :
• Mener une campagne de communication grand public et créer un site internet de référence, afin d’informer la population sur les risques liés à l’exposition aux produits chimiques dangereux de consommation courante, de partager des bonnes pratiques destinées à limiter les expositions, en ciblant en priorité les populations les plus à risques (femmes enceintes, période des 1000 premiers jours).
• Donner plus de visibilité aux actions et bonnes pratiques mises en place par certains établissements de santé (notamment maternité et service pédiatrique), des établissements accueillant des jeunes enfants, les collectivités territoriales, et d’autres partenaires (industrie, agriculture, vie sociale et associative) afin de réduire l’exposition aux PE.
• Identifier parmi les polluants de l’air intérieur les polluants susceptibles d’être perturbateurs endocriniens, notamment dans les établissements accueillant des enfants.
• Réaliser des analyses exploratoires sur des produits de grande consommation destinés à des populations sensibles (jouets destinés aux enfants de moins de trois ans) en y recherchant des substances non réglementées présentant des propriétés PE avérées.
• Réaliser un inventaire, d’ici fin 2021, des jouets destinés aux enfants de moins de trois ans contenant des substances PE mis en vente sur le territoire national et établir un rapport sur les produits à proscrire dans les collectivités, les jouets pour enfants et les objets utilisés par les personnes sensibles.

Cette ébauche de la SNPE 2019-2022 est soumise à une consultation publique jusqu'au 8 février.


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Article rédigé par : A.B.B.
Publié le 16 janvier 2019
Mis à jour le 16 janvier 2019