Plagiocéphalie : la Haute Autorité de Santé prévoit des recommandations

On parle de plus en plus de la plagiocéphalie - l’aplatissement du crâne chez les bébés -, pourtant la documentation sur cette pathologie est rare. La Haute Autorité de Santé (HAS) compte y remédier en lançant une campagne d’information sur le sujet. Elle avait été saisie en 2016 par Le Lien, une association de défense des patients et des usagers de la santé, en vertu d’une procédure de « droit d’alerte » introduite par la loi Santé de 2016 qui permet aux associations de saisir la HAS. Pour l’association la plagiocéphalie est une question de santé publique qui, au-delà des considérations esthétiques, peut provoquer chez les enfants des scolioses ou des déformations de la mâchoire.
Deux documents à venir
Dans une décision datée du 28 juin 2017, la HAS prévoit d’inscrire à son programme de travail deux documents portant sur la prévention des risques de plagiocéphalie sur le nourrisson : une fiche mémo destinée aux professionnels de santé (et) un document d’information destiné au public. « C'est la première alerte à laquelle nous donnons une suite positive, avec inscription au programme de travail », précise la HAS. Cette décision est motivée par le constat d’une augmentation de la plagiocéphalie observée depuis la mise en œuvre des recommandations de couchage sur le dos pour prévenir la mort subite du nourrisson.
Continuer ou non à coucher les bébés sur le dos
Depuis une vingtaine d’année les autorités de santé recommandent en effet de coucher les nourrissons sur le dos pour éviter les risques de mort par étouffement. Or le crâne des nourrissons dont les os ne sont pas encore soudés entre eux est malléable et peut facilement se déformer. La vice-présidente du Lien Claude Rambaud a expliqué au parisien qu’il existe d’autres solutions, comme alterner le sommeil un jour côté droit, un jour côté gauche. A l’inverse, l’Association nationale des centres référents sur la mort inattendue du nourrisson (Ancremin) s’alarme du fait que les craintes liées aux plagiocéphalies puissent remettre en cause le couchage sur le dos. « Le couchage sur le côté est un facteur de risque reconnu pour le nourrisson [et] augmente singulièrement le risque de mort inattendue par basculement puis étouffement », avait estimé l'Ancremin dans un communiqué mi-juillet. Selon l’association, la plagiocéphalie est due avant tout au fait que le bébé soit empêché de varier ses postures et ne soit pas libre de sa motricité.
Les documents seront prêts dans quelques mois. De son côté, le Lien prévoit de multiplier les actions pour que la plagiocéphalie soit reconnue par une maladie et qu’elle soit donc prise en charge par l’Assurance maladie.

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Article rédigé par : A.B.B.