Protection de l’enfance et confinement : les pros ont fait preuve d’inventivité

Quelles ont été les conséquences du premier confinement sur la protection de l’enfance ? Pour tenter de répondre à cette question, l’Observatoire national de l’action sociale (ODAS) a mené une grande enquête auprès des professionnels.

Un millier d’acteurs de l’enfance et de la famille interrogé
Cet été, les acteurs de la protection de l’enfance ont été sollicités par l’ODAS pour répondre à une enquête en ligne. Près de 1000 réponses ont pu être analysées provenant majoritairement de cadres (31%), d’assistants sociaux ou d’éducateurs (30%) ou encore d’assistants familiaux (16%). Le but : en savoir plus concernant l’impact du confinement « sur les coopérations institutionnelles, les pratiques professionnelles, les relations avec les familles et les enfants. »

Des professionnels inventifs pendant le confinement
Si les relations avec les partenaires habituels, et celles entre les différents services du Département en lien avec la protection de l’enfance sont restées relativement inchangées selon les répondants, ils sont 62% à considérer que les acteurs de la protection de l’enfance ont été inventifs pendant cette période de confinement. Et donnent pour exemple : « accueil de répit en crèche, partenariat avec les grandes surfaces pour les bons alimentaires, lieu d’accueil éphémère, don de matériel informatique, livraison de petits déjeuners, permanence d’écoute téléphonique, cafés parentalité en visio, bureau mobile dans une camionnette, vivier de volontaires professionnels, médiation animale, séjours à la campagne, etc. » Une créativité rendue possible par les aménagements ou allégements des procédures habituelles (circuits de décision simplifiés, signature électronique…), comme le notent plus de 40% des personnes interrogées. Les répondants (71,5%) sont nombreux à souhaiter que ces nouvelles façons de faire perdurent.

L’impact positif du confinement sur les relations parents-pros
Plus de 58 % des répondants trouvent que les relations familles-professionnels ont été plus équilibrées voir renforcées. A contrario près de 22% estiment que les relations se sont dégradées et 7% les voient plus conflictuelles. Comment le confinement a-t-il permis d’intensifier les rapports entre les familles et les pros ? Selon ces derniers, « la diversité des canaux de communication utilisés et la fréquence des contacts ont été déterminants dans ce rapprochement. » Une répondante a ainsi témoigné : « Il y a une relation un peu plus d’égal à égal qui s’est créée. Pour une fois, les familles n’étaient pas les seules à exposer leur intimité. Je faisais mes appels visio dans le salon avec mon fils de trois ans qui hurlait à côté. Les familles ont pu voir qu’élever un enfant est compliqué pour tout le monde. »

Un rythme de vie bénéfique pour certains enfants
Plus grande précarité de certaines familles, interruption des suivis médicaux, violences intrafamiliales… Malgré les difficultés liées au confinement, l’enquête soulève des aspects positifs non prévisibles. Au domicile, les pros ont relevé un certain apaisement dû à une diminution des contraintes quotidiennes et une plus grande disponibilité des parents pour suivre le travail de leurs enfants. De même dans certains lieux de placements, les acteurs de la protection de l’enfance soulignent que « le personnel a pu se montrer plus disponible pour les jeunes accueillis et les liens entre accueillants et accueillis ont pu se resserrer. » Le rythme de vie généré par le confinement est aussi mis en avant par les pros. « Avec la suspension des multiples prises en charge, « on constate une baisse des troubles du comportement, des manifestations anxieuses et du stress. Les enfants ont enfin pu se poser dans leur lieu d’accueil, ça a été une véritable bulle d’air », relate un chef de service départemental.

Source : Odas
Publié le 22 décembre 2020
Mis à jour le 22 décembre 2020