Réingénierie du diplôme d'état d'éducateur de jeunes enfants : la FNEJE sur ses gardes

Tout avait bien commencé. Des travaux qui avançaient, des discussions ouvertes, une bonne écoute et des référentiels fonctions-activités et de compétences aboutis qui allaient selon la FNEJE dans le bon sens. Mais le 26 septembre lors de la réunion du comité de coordination (phase transitoire entre les groupes de travail et la décision de la CPC (Commission Professionnelle Consultative du travail social et de l’intervention social) cette relative sérénité a été troublée.

Socle commun et enseignements spécifiques
En cause, la question du ratio entre les socles communs aux cinq métiers* du travail social et les enseignements spécifiques à chaque métier. Les différentes professions avaient obtenu de haute lutte suite à la concertation engagée avec Brigitte Bourguignon, que le ratio entre les deux serait de 30% / 70%. Ce qui permettait à chaque métier de préserver ses spécificités et d’éviter une sorte de formation fourre-tout large et de courtes options par métier.
Or lors de cette réunion, mis pour part le métier d’EJE qui globalement préservait un ratio assez conforme (40% / 60%) deux des autres métiers, notamment se retrouvaient avec un ratio inversé de 70% / 30%. Non conforme aux souhaits des professionnels, à la concertation passée et donc troublants voire inquiétants pour l’avenir et la suite des travaux selon la FNEJE.
Autre sujet d’inquiétude : les travaux concernant la certification interviendront après ceux sur la formation. « L’inverse de ce qui se fait habituellement et de ce qui devrait se faire » dénonce encore la Fédération. Lors de la réunion du 5 octobre, en effet il a été annoncé qu’il était plus judicieux de procéder ainsi puisque le référentiel de formation aurait in impact sur le référentiel de certification.
En fait cela revient à dire que les épreuves d’examen seront aménagées en fonction de ce qui a aura été décidé quant à la formation alors que la logique voudrait que l’ont conçoive une formation qui corresponde aux épreuves d’examen pour l’obtention du diplôme.
Et la FNEJE de se demander si alors même que durant les groupes de travail, les professionnels bénéficiaient d’une écoute attentive, la décision finale de la CPC ne va pas s’éloigner de leurs souhaits. « La construction de référentiels de certification et formation harmonisés entre les 5 diplômes et conformes au cahier des charges de grade licence relève désormais d’arbitrages et de constructions universitaires dont nous sommes de moins en moins acteurs et décideurs » relève-t-elle.

Risque d’universitarisation
Mais la FNEJE s’inquiète aussi d’une « universitarisation » de leur formation. Cela serait cher payé le fait que le DEEJE devienne un diplôme de niveau II (licence) et puisse ouvrir sur des poursuites d’études universitaires dans la recherche notamment.
« Peut-on imaginer que dans notre future formation, les dimensions théories et pratiques ne se résument qu’à une simple alternance juxtaposée, un empilement de connaissances ou de simples travaux pratiques ? Peut-on imaginer que le conventionnement centre de formation / université conduise à terme à une universitarisation de la formation au détriment de la professionnalisation et de l’apprentissage du métier d’EJE ? » écrit-elle dans son communiqué.
La CPC va rendre son avis définitif le 15 décembre prochain. D’ici là le 24 octobre elle aura donné une validation intermédiaire. Prochaine et dernière réunion à laquelle assisteront les représentants des associations professionnelles le 9 novembre. Le timing est serré pour faire entendre leurs voix et avancer leurs propositions. Affaire à suivre donc.
 

*Educateur de jeunes enfants, assistant de service social, éducateur spécialisé, éducateur technique spécialisé, conseiller en économie sociale et famille.
Article rédigé par : C.L