Réingénierie du diplôme d’infirmière puéricultrice : pas avant 2019

L’Association Nationale des Puéricultrices Diplômées et Étudiantes (ANPDE) ne voudrait pas que l’histoire se répète ! Les travaux de réingénierie du diplôme d’infirmière-puéricultrice avaient repris au printemps dernier, après être restés en stand-by pendant 6ans. Tout aurait dû être prêt pour la rentrée 2018. Ce ne sera pas le cas.

Comme en 2011, au début de l’été les choses s’annonçaient plutôt bien. Les référentiels d’activités et de compétences étaient finalisés. Laissant préfigurer de futurs référentiels de formation et de certification conformes aux souhaits des professionnels : une spécialisation en deux ans, un diplôme de grade master et une entrée en vigueur à la rentrée 2018 conformément aux engagements du précédent gouvernement. Aujourd’hui tout est remis en question, et la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) ne s’engage pas encore formellement sur une date d’entrée en vigueur : probablement à la rentrée 2019, mais rien n’est dit officiellement et encore moins écrit.

Les référentiels finalisés vont dans le bon sens
Charles Eury, président de l’ANPDE se veut constructif et positif mais ne cache pas son inquiétude. « De façon globale, les nouveaux référentiels d’activités et de compétences ont été réajustés avec ce qui se fait sur le terrain. On a pris en compte les dimensions de management, de gestion d’équipe et de projet, plus toutes les qualifications nécessaires quand on exerce en EAJE. On a renforcé les connaissances et compétences notamment sur l’alimentation du jeune enfant. On a bien insisté sur une position plus réflexive des professionnels. Ça va dans le bon sens. Reste à savoir comment cela modifiera (ou pas) l’exercice professionnel, comment ces changements se traduiront sur le terrain. Car forcément cela nécessitera des ajustements de la réglementation sur les actes infirmiers notamment » précise-t-il.

Pas d’engagement formel pour 2019
Mais les points d’inquiétude ou d’interrogations demeurent. Le grade master n’est pas acquis bien que la spécialisation en deux ans semble l’être. Le référentiel de formation est en cours. Mais en septembre les responsables d'écoles de formation via le comité d'entente des écoles préparant aux métiers de l’enfance (Ceepame) ont tiré la sonnette d’alarme et interrogé la DGOS : comment organiser des concours d’entrée dans les écoles de formation sans que les étudiants connaissent la durée de leur formation ? Sans savoir comment ils la financeront ?
Et finalement lors de la réunion du 25 janvier, la DGOS a convenu qu’il fallait reculer l’échéance. Ce ne sera pas pour 2018, sans doute pour 2019. « Mais nous n'avons aucune certitude regrette Charles Eury. De notre côté, nous considérons qu’il faut réellement que ce soit pour 2019.  Nous avons le temps de travailler très sérieusement sur le référentiel de formation. C’est pourquoi nous voulons que cette fois il y ait engagement formel de la DGOS ».
De son côté Anne Dannenmuller confirme, prudente : « nous n’avons aucun écrit de la DGOS allant dans un sens ou dans l’autre. Nous avons juste un planning de réunions jusqu’en mai. »

En attente d’arbitrages interministériels
Interrogée sur le sujet voici la réponse sibylline de la DGOS : « En réponse à votre demande sur la réingénierie des diplômes d’IDE puéricultrices (…), je vous informe que la poursuite de ce chantier est toujours d’actualité. Cependant, les arbitrages interministériels doivent encore être rendus pour qu’il puisse aller à son terme. »
On peut penser que les « arbitrages interministériels » sont liés au rapport de la mission confiée à Stéphane Le Bouler, secrétaire général du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM) sur l’intégration au sein de l’université des formations paramédicales, par les  ministres de la Santé et de l’Enseignement Supérieur en septembre dernier. Il devait être remis aux deux ministres et rendu public fin décembre. En fait, il  est toujours attendu et guetté par les professionnels. Mais ces arbitrages pourraient aussi être d’ordre financier.
Il est donc urgent d'attendre !
Article rédigé par : C.L



L'auxiliaire de puériculture ne devrait pas dépendre que d'une infirmière. Notamment lorsqu'elle exerce en structure d'accueil du jeune enfant. Il y a aussi les EJE (educatrice de jeunes enfants) qui dirigent des crèches. Ca me semble plus logique. Il faut revoir tout ça; Ca devient illogique tout ça