Séminaire premiers pas : publication de la synthèse des 8 sessions

La synthèse des 8 sessions (de décembre 2020 à l’été 2021) du séminaire «  Premiers Pas » co-organisé par la Cnaf, le HCFEA et France Stratégie vient d’être diffusé aujourd’hui mercredi 13 octobre 2021. L’idée rappelons-le était de réfléchir- en commun- et à la lumière d’interventions d’experts sur « l’opportunité et les enjeux d’une politique publique visant le développement du jeune enfant et d’en esquisser les contours ». Chacun apportant sa vision et sa compétence.

Le diagnostic :  une intervention publique «  massive et multidimensionnelle »
Les premières séances du séminaire ont permis d’établir un diagnostic de l’action publique au regard du développement de l’enfant.
Premier constat :  en termes financiers, l’intervention publique en faveur  des enfants et des familles est importante : 28,5 milliards d’€  soit environ 13 000 € par enfant de moins de trois ans. Elle contribue notamment au développement du très jeune enfant «  grâce à des politiques qui influent sur son cadre de vie  et au travers de politiques spécifiques à cet âge. » Les modes d’accueil, le soutien à la parentalité, les congés parentaux et la PMI  faisant partie de  ces politiques spécifiques.
Deuxième constat : au regard de la finalité recherchée - le développement de l’enfant - l’action publique pourrait faire lieux et ce « d’autant plus que les effets qu’elle peut générer à cet âge  sont primordiaux pour les enfants ».

Identification de trois points d’amélioration : modes d’accueil, congé parental et soutien à la parentalité
Selon les auteurs de cette synthèse (auteurs représentants les trois co-organisateurs), trois domaines méritent d’être « revisités ».  Le recours aux modes d’accueil d’abord  qui n’est pas universel  et reste inégalitaire. On le sait et de nombreuses études l’ont mis en évidence la fréquentation d’un mode d’accueil  est rare dans les milieux modestes et pourtant elle serait particulièrement bénéfique aux enfants issus de ces milieux dits défavorisés. Le recours au congé parental ensuite  est assez faible (à peine 10% des familles pouvant y prétendre le prennent). L’une des raisons identifiées, son insuffisante indemnisation. Un point souligné dans le rapport conciliation vie perso/vie pro remis il y a quelques jours à Adrien Taquet.
Enfin,  les dispositifs de soutien  aux parents à la parentalité  sont peu utilisés alors même que les familles sont en demande.

Les pistes d’amélioration envisagées : continuité d’accueil  de qualité jusqu'à 6 ans
Les travaux du séminaire  ont donc permis de dégager  les grandes orientations d’une intervention publique qui pourrait améliorer le développement du jeune enfant.
Celle-ci devrait concerner «  tous les enfants et leurs parents et renforcer les continuités  d’accueil de qualité  jusqu'à 6 ans ». Cette politique devrait avoir l’ambition «  d’offrir avant l’entrée à l'école une expérience de socialisation progressive, ludique et stimulante  avec d’autres enfants en lien avec ses parents dans d’autres espaces que la maison. Concrètement ? Assurer une possibilité de fréquentation régulière, hebdomadaire et progressive pour atteindre au moins 4 demi-journées par semaine en groupe en structure collective ou auprès d’assistantes maternelles appuyées par un RPE  ou dans toute structure intermédiaire, (flexibles, passerelles etc.). »
Mais pour que cette offre joue son rôle en faveur du développement de l’enfant, il faut une qualité d’accueil, et des places en nombre suffisant.
Par ailleurs parmi les pistes avancées, il y a bien sur le congé parental mieux rémunéré et pouvant être partagé au moins jusqu’aux 6 mois de l’enfant, une offre d’accompagnement à la parentalité conséquente et structurée  et une promotion du dialogue social pour permettre une meilleure conciliation vie professionnelle et vie des familles.

Gouvernance et effort budgétaire
Comme d’autres avant eux, les travaux du séminaire mettent en lumière la nécessité de clarifier la gouvernance de la politique de la « première enfance ». Pour qu’elle soit efficiente, qu’il n’y ait pas de disparités territoriales, bref pour qu’elle garantisse l’égalité des chances dès le plus jeune âge.
Et comme désormais chacun s’accorde à le dire «  il faut investir dans la petite enfance », cette synthèse conclue qu’une politique ambitieuse pour la petite enfance nécessite « un effort budgétaire conséquent et donc des redéploiements au sein des dépenses publiques ». Mais les bénéfices que cela comporterait seraient considérables, et pas seulement sociaux, ils seraient aussi financiers.

Télécharger et consulter la synthèse du rapport ci-dessous



 
Article rédigé par : C.L
Publié le 13 octobre 2021
Mis à jour le 14 octobre 2021