Syndrome du bébé secoué : lancement d’une campagne de sensibilisation

Le secrétaire d’Etat en charge de l’Enfance et des Familles a lancé une campagne de sensibilisation contre le syndrome du bébé secoué qui, pour rappel, peut entraîner de graves séquelles neurologiques voire la mort de l’enfant. 

Un clip choc pour alerter 
Pour attirer l’attention de tous sur le syndrome du bébé secoué, le gouvernement lance une campagne de sensibilisation nationale, dans le cadre du dispositif des « 1000 premiers jours » de l’enfant, reposant sur la diffusion d’un film choc "secouer un bébé est une maltraitance qui peut être mortelle" mettant en scène, par l’intermédiaire du son d’un babyphone, un agresseur secouant brutalement un enfant. Ce film est diffusé en digital, sur les réseaux sociaux et des sites éditeurs dès aujourd’hui. La diffusion de ce film s’accompagne d’un kit de communication (affiche, dépliant, etc.) à destination des professionnels et des institutions de santé pour les aider « à sensibiliser leur patientèle ou les publics qu’ils reçoivent sur le syndrome du bébé secoué ».

Des séquelles graves à vie
Plusieurs centaines de bébés sont victimes chaque année en France de secouements. Le pic de maltraitance se situant entre 2 et 4 mois. Les conséquences sont terribles car pour 10% d’entre eux, les secouements sont fatals et entrainent la mort du nourrisson. Les ¾ des survivants présenteront de graves séquelles à cause des lésions cérébrales consécutives aux secouements. Cela se manifeste par des troubles neurologiques avec des manifestations intellectuelles à type de retard du développement psychomoteur ou des handicaps moteurs, des troubles cognitifs et des difficultés d’apprentissage. Des déficits visuels ou une surdité mais aussi des troubles de la parole ou de l’attention voire des crises épileptiques. Des séquelles d’autant plus graves qu’elles ont été répétées. Et c’est le cas puisque les bébés secoués l’ont été en moyenne 10 fois ! 

Des signes immédiats suite au secouement
Après les secouements, des signes chez le tout-petit peuvent alerter et doivent conduire alerter en urgence les secours et en attendant leur arrivée à placer le bébé en position latérale de sécurité s’il vomit ou convulse. Il s’agit de :

-    Un moins bon contact, une extrême irritabilité, des pleurs inhabituels
-    Une somnolence inhabituelle
-    Troubles oculaires : mouvements anormaux des yeux, pupilles de dimensions inégales, enfant qui louche ou ne suit plus du regard
-    Perte des sourires ou babillage habituels
-    Diminution de l’appétit, refus de manger ou vomissements sans raison apparente
-    Difficultés à respirer ou des pauses respiratoires

Des conseils pour prévenir cette maltraitance
Le gouvernement insiste, dans le communiqué, sur le fait que « secouer un bébé est une maltraitance volontaire et répétée » et donne quelques pistes pour éviter que les adultes en charge de l’enfant secouent un bébé qui pleure en rappelant que « les pleurs sont l’unique moyen de communication dont dispose l’enfant » et que « garder un bébé est loin d’être toujours facile. Lorsqu’on est fatigué ou peu disponible, il est tout à fait humain d’être exaspéré. » 

-    Premier conseil à mettre en application quand on se sent en difficulté et qu’on a envie de faire taire le bébé : s’éloigner de lui, le coucher sur le dos dans son lit et quitter la pièce. Puis « il faut demander de l’aide » auprès de professionnels qui doivent dans certains cas éloigner l’enfant en l’hospitalisant pour le protéger. 
-    Si l’enfant est confié à un tiers, « lui demander ce qu’il ferait en cas d’exaspération, s’assurer qu’il soit averti et connaisse le syndrome du bébé secoué et enfin lui demander instamment, s’il est en difficulté, de ne pas hésiter à le dire pour qu’on puisse l’aider. »

Des facteurs déclenchants
Certains facteurs sont pointés comme déclencheurs comme les événements rendant difficile l’attachement précoce avec le nouveau-né :  

-    Des antécédents personnels de violences subies dans l’enfance
-    Des violences conjugales
-     Des addictions
-     Un isolement social et moral 
-    Une intolérance à la frustration, une impulsivité, etc. 

Repérer les signes de maltraitance
Chacun doit :
-    S’interroger quand il décèle « des contusions, ecchymoses ou hématomes, sur un bébé non déambulant qui ne peut se blesser seul.»
-    « Porter une attention particulière au comportement et aux manifestations de l’enfant pouvant traduire une forme d’inconfort, de mal-être, de malaise, de gêne ou de souffrances psychiques en présence de certains adultes. »

Des numéros utiles pour en parler
En cas de suspicion de secouements, il faut en parler. Il existe 2 numéros verts pour entrer en contact avec des professionnels de la petite enfance : le 119 de la ligne « Allo Enfance en Danger » et le 0 800 00 34 56 le numéro d’écoute de la ligne la ligne « Allo Parents Bébé » de l’association Enfance et Partage qui a pour mission d’écouter, de soutenir et d’orienter les parents inquiets dès la grossesse et jusqu’aux trois ans de l’enfant. 

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Article rédigé par : Isabelle Hallot
Publié le 17 janvier 2022
Mis à jour le 07 mai 2022