Tensions de recrutement en petite enfance : France Urbaine alerte

Rassemblés à l’Académie du climat le 10 décembre dernier, les élus membres de la commission « Éducation, jeunesse et petite enfance » de France Urbaine ont pointé du doigt les difficultés de recrutement rencontrées par le secteur de la petite enfance.

Les problématiques de recrutement sont au cœur des débats aussi bien du côté de l’accueil individuel (population des assistantes maternelles vieillissante et fort développement du secteur de l’emploi à domicile) que de l’accueil collectif. France Urbaine, association représentant des métropoles, des communautés urbaines, des communautés d’agglomération et des grandes villes, s’est elle aussi saisie du sujet et tire la sonnette d’alarme. « Des sections voire des crèches ferment, faute de recrutement. Dans un contexte où, selon les derniers chiffres de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), 61% des parents sont obligés de garder leurs enfants, le plus souvent faute de place ou de moyens financiers, cette rupture dans la continuité du service public pèse fortement sur les trajectoires professionnelles et renforcent les inégalités sociales et de genre », peut-on lire dans le communiqué de France Urbaine. Et note que malgré les efforts faits pour pallier ces difficultés, les tensions de recrutement sont de plus en plus prégnantes et « génèrent des stratégies territoriales par défaut, parfois menées dans l'urgence : externalisation, concurrence territoriale dans les stratégies de recrutement. »

Comité de filière : de forts enjeux
Dans le cadre de sa participation au Comité de filière mis en place par Adrien Taquet - réuni pour la première fois le 30 novembre - et dont la présidente est Elisabeth Laithier, France Urbaine a mis en évidence « plusieurs principes structurants » et invite l’instance à agir dès que possible. Elle recommande en particulier de :

•    « Engager la collaboration avec Régions de France, pour augmenter les financements nécessaires visant à accueillir davantage de candidats en formation ;
•    Renforcer les démarches visant à valoriser l'expérience ;
•    Mieux communiquer sur l'attractivité du secteur vis-à-vis d'un public qui ne doit pas être exclusivement féminin, tisser des liens avec les acteurs de l'insertion et de l'emploi, repenser la carrière (salaire, reconnaissance…) et tirer parti des avantages que donne la fonction publique en matière de déroulé de carrière pour des parcours professionnels plus ouverts et évolutifs ;
•    Ne pas ignorer que les enjeux de filière pèsent également dans de nombreux autres métiers territoriaux. »


La petite enfance : vers une compétence obligatoire des communes ?
Pour l’heure, la petite enfance est une compétence facultative des communes. Mais l’idée de la rendre obligatoire semble faire petit à petit son chemin. Il en a été d'ailleurs question lors de notre Rentrée de la Petite Enfance, le 23 septembre dernier. France Urbaine conclut ainsi : « Pour les élus des grandes villes, agglomérations et métropoles, le nécessaire maintien de la liberté de choix des familles et le caractère structurant des « 1000 premiers jours », comme des modes de garde et des politiques de petite enfance dans les trajectoires sociales des familles et des individus, pourraient inviter à envisager que la petite-enfance devienne une compétence obligatoire, pour laquelle cette nécessité d’action publique soit financée par l’Etat et la CNAF et prendre en considération l’offre privée existante. »

Voir le communiqué de presse de France Urbaine
Article rédigé par : CF
Publié le 16 décembre 2021
Mis à jour le 16 décembre 2021