Une assistante maternelle sur deux à remplacer d’ici 2030

L’Observatoire des Emplois de la Famille vient de publier, dans lE cadre de son baromètre des emplois de la famille réalisé en partenariat avec l’IRCEM, un point sur le vieillissement des assistantes maternelles.  Qui rappelons-le constituent le premier mode de garde formel des enfants de moins de trois ans.  Les chiffres mis en avant inquiètent la Fepem : attention dit-elle les capacités d’accueil des assistants maternels sont menacées par une pénurie de professionnels.

L’accueil individuel toujours en repli
Depuis 2013, le mode d’accueil individuel est en repli. Moins d’assistantes maternelles en activité, et moins de parents qui y ont recours. Une réalité qui alarme la Fepem , mais qui a également interpellé la Cnaf  qui dès l’année dernière avait constitué un groupe de travail pour identifier les freins au développement de l’accueil individuel. Le HCFEA dans son dernier rapport consacré à l’accueil des jeunes enfants de moins de trois ans, notait lui aussi qu’il y avait urgence à se pencher sur le cas des assistantes maternelles, de leur baisse d’activité et de leur relative désaffection par les parents. Ouvrant au passage quelques pistes pour y remédier.

Un vieillissement continu de la profession`
Aujourd’hui donc ce mode d’accueil est confronté à un défi majeur, celui du renouvellement de la population des assistantes maternelles. D’un côté des chiffres sur le vieillissement des assistantes maternelles, de l’autre la question sous -jacente, du manque d’attrait de cette profession.  Selon les dernières données chiffrées de 2016, quatre assistantes maternelles sur 10  seulement ont moins de 50 ans.  L’âge moyen s’établissant à 48 ans et étant en continuelle augmentation depuis plus de 20 ans et à un rythme qui s’accélère depuis 2010.  A constater également que la part des plus de 50 ans parmi les assistantes maternelles est en croissance constante d’autant que l’entrée dans la profession se fait relativement tard. (34 ans). Plus tardivement en tout cas que dans d’autres métiers. Donc globalement 40% des assistantes maternelles ont plus de 50 ans, alors que dans les autres métiers les femmes de cet âge ne sont que 28,7%. Toutes les régions ne sont pas placées à la même enseigne et le vieillissement des assistantes maternelles est plus marqué en Ile de France, et dans l'Est.

Plus de départs à la retraite que d’entrées dans la profession
Outre le vieillissement des assistantes maternelles, se pose la question du manque d’attrait de la profession tant du côté des assistantes maternelles que des parents. Actuellement les départs à la retraite d’assistantes maternelles n’est pas compensé par les entrées dans la profession.
Selon les estimations de l’Observatoire, 164 000 assistantes maternelles partiront à la retraite d’ici 2030. Sur un total de 326 000 en exercice. Il faudrait donc prévoir le remplacement d’une professionnelle sur deux à l’horizon de cette date pour maintenir la capacité actuelle d’accueil individuel. Or aujourd'hui on est loin du compte puisque le taux de sortie de la profession est globalement (tous âges confondus) de 10% alors que celui d’entrée n’est que de 8% ce qui signale un solde négatif d’environ 8000 professionnelles. Et  la tendance ne fera que s’amplifier …. A noter encore des disparités régionales qui font que dans certains cas, jusqu’à 66% des effectifs seront à renouveler.

La Fepem alerte les pouvoirs publics
Selon la présidente de la Fepem, Marie Béatrice Levaux, : « Il faut prendre dès aujourd’hui ce problème à bras le corps si nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation difficile, dans un pays où le taux de fécondité et le taux d’activité de femmes avec enfants sont parmi les plus élevés d’Europe. Il y a le problème des départs à la retraite qui se pose, mais également celui du taux d’entrée dans la profession, qui ne cesse de baisser. Il faut donc travailler en premier lieu sur l’attractivité, la simplification du statut d’assistant maternel et la professionnalisation de ce métier, qui a un rôle essentiel dans l’accompagnement des parents au quotidien, et en particulier les femmes en activité ».
Alors que la prochaine COG est encore en cours de négociation, entre l’État et la Cnaf, la Fepem invite donc les pouvoir publics à faire du développement de l’accueil individuel une priorité pour 2018-2022 et à soutenir le renouvellement des effectifs.  Et pour cela elle demande de renforcer l’attractivité du métier, d’identifier les besoins en emplois d’assistants maternels territoires par territoires afin d’anticiper les risques de pénurie et enfin de simplifier le parcours des parents employeurs d’assistants maternels.

 
Article rédigé par : C.L