Une pétition pour retirer l'arrêté du 29 juillet relatif aux professionnels autorisés à exercer dans les structures d'accueil

Parue en début de semaine, une pétition en ligne visant à demander le retrait de l'arrêté du 29 juillet 2022 autorisant certaines dérogations à l'embauche de personnes non qualifiées dans les structures de la petite enfance a déjà récolté plus de 5000 signatures...


À peine publié ce 4 août, l'arrêté du 29 juillet 2022 relatif aux professionnels autorisés à exercer dans les modes d'accueil du jeune enfant est à l'origine d'une levée de boucliers de la part de certains professionnels de la petite enfance. En atteste une pétition en ligne parue mi-août à l'initiative de Sabrina Martel, directrice petite enfance à la mairie de Gennevilliers et administratrice de la CAF Seine-Saint-Denis. Sa pétition, qui a recueilli plus de 5000 signatures sur les 7500 visées en seulement trois jours, a pour ambition de demander le retrait pur et simple dudit arrêté.

Un « non-sens », une « catastrophe nationale »
Au cœur de cette mobilisation : l'article 2 du texte et les dérogations permettant l'embauche de personnes sans aucune qualification en structure d'accueil. Si le texte prévoit des garde-fous, pour la professionnelle, cette mesure est une « injonction contradictoire de la part de notre gouvernement, » écrit-elle sur le site change.org tout en rappelant que « le travail d'accompagnement des familles et des enfants ne peut être réalisé sans aucunes connaissances des jeunes enfants ». Pour l'autrice de la pétition, cet arrêté est d'ailleurs « un non sens » qui « va à l'encontre de la stratégie nationale notamment les 1000 premiers jours ».
Au regard de la crise actuelle du recrutement et de la perte de sens ressentie par de nombreux professionnels, ce nouveau texte officiel constitue, à ses yeux, « une catastrophe nationale ».

Arrêtons de prendre des décisions dans l'urgence !
Avant de revenir sur quelques pistes pour l'avenir du secteur (revalorisation des salaires, maintien des qualifications des professionnels, augmentation des places en centre de formation, etc.), la directrice petite enfance, qui « refuse d'être complice d'un nivellement par le bas de nos métiers et de notre secteur », enjoint le gouvernement à retirer l'arrêté : « Il faut arrêter de travailler dans l'urgence et de régler un problème en prenant des décisions qui viennent à l'encontre  de la cohérence de notre politique Petite Enfance nationale et des besoins de nos enfants aujourd'hui, qui seront vos électeurs de demain, » rappelle-t-elle. Le ton est donné !


Pour lire ou signer la pétitition : https://www.change.org
Article rédigé par : V.D
Publié le 17 août 2022
Mis à jour le 25 août 2022