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La bien-traitance envers l'enfant

Des racines et des ailes

Danielle Rapoport
Livre la bien-traitance envers l
Cet ouvrage est essentiel car il permet de comprendre comment et pourquoi est née notamment dans le monde de la petite enfance la notion de bien-traitance, notion qui est bien autre chose évidement que le contraire de la  maltraitance. D’où son écriture avec un trait d’union d’ailleurs. C’est donc un texte fondateur qu’a écrit là Danielle Rapoport. Et c’est tout à fait passionnant aussi parce que la psychologue y raconte en quelque sorte l’histoire contemporaine des lieux d’accueil collectif pour bébés et jeunes enfants.

Quel chemin parcouru depuis le temps où on les appelait modes de garde, où les auxiliaires de puériculture étaient des berceuses et où les puéricultrices n’étaient encore que des jardinières d’enfants ! Danielle Rapoport explique le basculement de mai 68 avec le « printemps des crèches », l’opération pouponnières lancée avec Simone Weil, alors ministre de la santé dans années 90, replace toute l’évolution de la bien-traitance dans son contexte. La bien-traitance s’étant aussi exprimée avec la Naissance sans violence, l’humanisation des services pédiatriques, l’intégration des enfants porteurs de handicaps, le respect de la continuité de l’enfant dans les séparations grandes ou petites, l’accès à ses origines quelles qu’elles soient …
On croise dans son récit  des pionnières telles la pédopsychiatre Myriam David et Janine Lévy et son Eveil du tout-petit. On mesure le chemin parcouru, mais on entrevoit aussi tout le chemin à parcourir ! Pourquoi le bel élan des années 1980-2000, semble-t-il s’être essoufflé ? Pourquoi est-ce si difficile de mettre en pratique ce que la psychologie de l’enfant et la psychanalyse nous ont appris ?

C’est un bon livre de chevet. A la fois optimiste, parce que les progrès racontés avec des exemples et beaucoup d’enthousiasme sont vraiment stimulants. Et en même temps, il incite à la réflexion et à la vigilance car dans ce domaine comme tant d’autres, rien n’est jamais acquis.
21,50
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Modifié le 29 août 2017