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Pleurs et colères des enfants et des bébés

Comprendre et répondre aux émotions de son enfant

Aletha Solter
Pleurs et colères des enfants et des bébés
C’est bien connu, les enfants et les bébés pleurent. Ils le font tous avec plus ou moins de fréquence ou d’intensité. Et ces pleurs souvent angoissent ou même énervent les parents ou leurs « substituts » qui assimilent généralement pleurs avec souffrance, mal-être, voire colère ou caprice pour les plus grands. De plus, ces larmes d’enfants évoquent chez les adultes qui s’en occupent leurs propres pleurs réprimés ou punis. Découvrir les bienfaits des pleurs et apporter aux enfants la sécurité émotionnelle qui leur permet de pleurer et gérer leur stress : voilà les principaux thèmes, intéressant tout adulte s’occupant de bébés et jeunes enfants, que présente et discute Aletha Solter dans ce livre préfacé par le docteur Thomas Gordón. Pourquoi les enfants pleurent-ils ? Que se produit-il alors dans leur organisme ? Les pleurs des tout petits ne sont dus ni à des coliques ni à des caprices mais au stress. Car ils en éprouvent dès leur plus jeune âge.

Que peuvent faire les adultes qui s’en occupent pour aider les enfants à gérer leur stress ? C’est simple : il faut rester avec l’enfant et laisser les larmes exprimer l’angoisse ressentie. D’emblée Aletha Solter l’affirme : pas question de faire taire un bébé ou un jeune enfant par tous les moyens, ni même de le laisser pleurer tout seul. Après avoir vérifié que ses besoins immédiats sont satisfaits, mieux vaut le prendre dans les bras. Mais pas n’importe comment. L’auteure explique :Il faut conserver son calme, ne pas le bercer ni le secouer, se détendre, lui parler, lui « permettre » de pleurer car c’est son seul moyen d’expression. On peut le rassurer par la présence physique, la parole et l’écoute. Et aussi le regarder et essayer de capter son regard, le caresser, rester avec lui et le tenir tendrement jusqu'à ce qu’il cesse de pleurer de lui-même. Pas question non plus, de demander à un petit enfant de ne pas pleurer, ou de le menacer alors de le punir ou l’abandonner. On ne doit pas réprimer les pleurs par des distractions comme de la musique, des rires, des jeux, la tétine ou de la nourriture.  

Cet ouvrage se garde bien de présenter des « recettes toutes faites » mais va à l’encontre des idées reçues en proposant des explications, recherches scientifiques et témoignages à l’ appui. Ainsi, par exemple, si l’angoisse de séparation est aussi forte chez les bébés d’un an, c’est en partie parce que à cet âge ils sont incapables de concevoir le futur. Au-delà de deux ans, l’angoisse s’atténue dans la mesure où ils acquièrent le langage et l’aptitude à se représenter le retour de leurs parents. Il est évident que ce livre n’est pas suffisant pour aborder tous les pleurs de tous les bébés. Il ne peut en aucun cas remplacer les éventuelles consultations auprès de médecins ou professionnels de la psychologie. Et, de l’avis même de son auteure, certaines méthodes qu’elle suggère ne sont pas appropriées en toutes circonstances ou avec des enfants souffrant de certains troubles physiques ou émotionnels.
16,50
EditeurJouvence
Article rédigé par : Christiane Puente-Lelièvre
Modifié le 30 août 2017