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L’ordonnance culturelle avant 3 ans

Prévenir les inégalités et la violence chez l’enfant

Leïla Guinoun

18€


Prescrire des livres pour lutter contre les carences culturelles comme on prescrit des vaccins pour lutter contre les maladies infectieuses lors des 1 000 premiers jours de l’enfant ? La dimension médicale de la proposition peut surprendre mais c’est pourtant bien l’idée d’une « ordonnance culturelle » que développe Leïla Guinoun dans son livre. Son souhait ? L’essaimer le plus généralement possible pour que, demain, les parents soient demandeurs, les médecins prescripteurs et les professionnels de la petite enfance accompagnateurs. La nourriture du substrat cérébral c’est la culture, c’est-à-dire la lecture, la musique, les jeux, les spectacles…

« Cet ouvrage est précieux car il est aussi un message d’espoir », prévient Daniel Marcelli, auteur de la préface. Et c’est vrai qu’il donne envie d’y croire… Forte de son expérience de plus de 30 ans dans les Hauts de France puis à Marseille auprès des familles de tous les milieux sociaux, la pédiatre franco-algérienne étaye son propos avec des observations cliniques, les apports des neurosciences et la conviction qu’il est possible de s’attaquer aux inégalités qui se creusent entre les enfants dès l’âge de 3 ans et, corrélativement, de prévenir la violence chez l’enfant. Elle affirme sans détour que la nourriture culturelle n’est pas un privilège réservé à une élite et invite ses pairs à ne pas s’autocensurer, à informer les parents sur les besoins du cerveau de leur bébé et à leur prescrire une ordonnance culturelle.

« Il est urgent de s’y atteler pour que plus personne ne reste en dehors des apports culturels qui sont aussi essentiels au développement que le boire et le manger », conclut-elle en demandant à tous les professionnels de la petite enfance de s’impliquer. L’ouvrage se termine par six ordonnances culturelles avec une posologie détaillée en guise d’exemples.

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