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Vivre en crèche

Remédier aux douces violences

Christine Schuhl
Vivre en crèche -Remedier aux douces violences
Douces violences… L’oxymore est signé Christine Schuhl, éducatrice de jeunes enfants, formatrice et rédactrice en chef des Métiers de la Petite Enfance. Elle est aussi l’auteur de ce livre, très accessible, concret et qui donne à réfléchir à tous les professionnels de la petite enfance. Que sont ces douces violences, comment les repérer, comment y remédier ? Les réponses apportées par l’auteur sont tirées de ses connaissance et de ses observations en crèche.
Les douces violences ne sont pas de la maltraitance, elles ne sont ni volontaires ni mêmes conscientes mais présentes dans bon nombre de pratiques professionnelles. « On les connait maintenant explique Christine Schuhl, elles sont rentrées dans la petite enfance. »

En théorie, on sait que les professionnels doivent adapter leur comportement aux jeunes enfants surtout quand ils sont accueillis en collectivité. La crèche est un lieu artificiel, bien pensé et organisé par l’adulte même si bien sûr l’enfant est au cœur des projets (respect des rythmes, motricité, jeu libre etc.). « Mais remarque l’auteur la pratique, dans l’anodin du quotidien est différente. On constate des pratiques déviantes : des rythmes d’adultes imposés aux enfants. Au départ l’intention était bonne, c’est pourquoi la douce violence ne peut être assimilée à de la maltraitante ». La douce violence nait quand l’efficacité , la rapidité prend le pas sur tout le reste : c’est moucher un bébé sans le prévenir, c’est parler de son week-end avec sa collègue alors qu’on est en train de changer la couche d’un enfant, c’est forcer un enfant à manger, c’est dire à un tout-petit : tu vas réfléchir, c'est appeler "affreux Jojo" un bébé qui réclame juste un peu d'attention, c’est ne proposer que du collectif à un enfant de moins trois ans qui par son comportement réclame juste un peu d’individualité ! C’est lui parler au futur croyant le rassurer alors que pour lui,  seul le présent, l’ici et maintenant, compte.

Vous voyez, il suffit de réfléchir honnêtement à sa journée pour se rendre compte que sans le vouloir, en voulant au contraire bien faire, coller au projet pédagogique, on peut être l’auteur de douces violences.
Ce livre en permettant de les identifier incite les pros à y réfléchir. Si possible en équipe. Car le travail en équipe, les échanges sur les pratiques professionnelles, les « études de cas » sont autant de moyens  pour lutter contre cet anodin du quotidien … pas si anodin !
12,70€
Chronique Sociale
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Modifié le 29 août 2017