Covid 19 : Les assistants maternels de Guyane se font entendre !

A l’heure où le Conseil d’Administration de la Cnaf a voté la fin des aides aux places fermées pour les crèches, micro-crèches et MAM au 31 juillet et où le gouvernement a annoncé que l’indemnisation exceptionnelle activité partielle ne serait pas renouvelée après juin, les 250 assistants maternels de Guyane se sentent bien seuls face à la crise. Mais l’Association Assmat 973, qui porte leurs 250 voix, bataille fermement pour défendre leur cause et celle d’un territoire trop souvent « oublié » par le pouvoir centralisé.
Si la métropole française trouve actuellement un peu de répit face à la Covid-19, il n’en est pas de même dans tous ses départements et territoires d’outre-mer. En particulier en Guyane où la situation épidémiologique est toujours très préoccupante. Depuis le 4 mars dernier, 5459 cas de personnes infectées par la Covid-19 y ont été confirmés, pour une population de 280 000 habitants. Parmi ces malades, 121 ont dû être hospitalisés, dont 30 placés en réanimation, et 22 sont malheureusement décédés. Le virus est entré sur le territoire début mai via l’Oyapock, le fleuve marquant la frontière entre le département français et le Brésil. D’abord circonscrit sur la commune de Saint-Georges-de-l'Oyapock, il a gagné progressivement du terrain et s’est emballé début juin. A tel point que la Guyane est passée au stade 3 de l’épidémie 15 jours plus tard, alors que la métropole commençait, de son côté, à reprendre souffle.

Timing décalé avec la métropole
Face à l’aggravation de l’épidémie outre-mer, une partie de la population guyanaise et des élus locaux réclament le reconfinement, tandis que la préfecture semble s’y opposer,  redoutant que la crise économique et sociale n’empire la situation. Pour autant, les autorités ont renforcé les restrictions le 25 juin dernier en mettant en place des mesures de confinement ciblé et en imposant la fermeture des restaurants et des bars. De leur côté, les trois seuls centres hospitaliers (à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent), déjà saturés, ont déclenché leurs plans blancs samedi dernier. Et tout le monde redoute un pic de l’épidémie annoncé pour la mi-juillet.

Premier protocole de déconfinement pour l’accueil du jeune enfant toujours en vigueur
Concernant les modalités d’accueil du jeune enfant, les pros guyanais s’appuient toujours sur le premier guide ministériel du déconfinement publié en mai dernier. Et les assistants maternels tentent de composer entre les parents qui préfèrent garder leurs enfants chez eux ou leur propre peur du virus. « Beaucoup d’entre eux ont été contraints de fermer par crainte de la maladie, témoigne Ronan l’Hourre, vice-président d’Assmat973. En Guyane, de nombreuses personnes souffrent de diabète, d’hypertension ou d’obésité et sont donc particulièrement vulnérables. »

Demande de reconduction des aides
Très engagée pour une meilleure reconnaissance du métier et la défense des droits, son association demande au nouveau gouvernement de reconduire pour le mois de juillet la mesure d’indemnisation exceptionnelle (activité partielle) mise en place dans le cadre de la crise sanitaire Covid-19 par le centre national PAJEMPLOI. « Il faut tenir compte de la situation spécifique de la Guyane par rapport à l’Hexagone, souligne le porte-parole. Nous avons été confinés trop tôt et déconfinés trop tôt, en suivant les dates fixées depuis Paris alors que nous n’étions pas au même stade de l’épidémie qu’en métropole. Aujourd’hui, si les aides aux parents-employeurs ne sont pas maintenues, des assistants maternels risquent de perdre leur activité ». La délégation ministérielle, attendue dimanche 12 juillet en Guyane, saura -t-elle accueillir et répondre à ces doléances ? Assmat973 l’espère. En attendant, l’association a déjà obtenu, en montant au créneau le 8 juillet, l’engagement que la CNAF réserverait un sort spécifique à la Guyane et à Mayotte en prolongeant les aides aux places d’accueil fermées en Mam (ainsi qu’en EAJE).

 
Article rédigé par : Marie-Sophie Bazin
Publié le 09 juillet 2020
Mis à jour le 29 juillet 2020