Ce que la PNL leur a apporté : 5 pros témoignent

Nous avons rencontré cinq professionnelles qui, toutes, ont expérimenté la PNL pour des raisons et dans des cadres divers. Leur point commun ? Une vraie satisfaction, et l’envie d’aller encore plus loin dans la poursuite de cette découverte.
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Equipe de la crèche Sainte Juéry
Anne Messan, directrice de la crèche de Saint-Juéry (Tarn)
« Des postures professionnelles éclaircies, des conflits désamorcés. »

Il y a deux ans, je ressentais la nécessité d’un réel accompagnement d’équipe. Nous avions besoin avec le soutien d’une intervenante extérieure de prendre de la hauteur pour mieux analyser nos pratiques et apprendre à gérer les conflits inhérents à une vie d’équipe.
Depuis, elle nous concocte un accompagnement sur mesure. Nous nous appuyons sur le contrat de relation établi avec elle. De plus, nous avons modifié notre fonctionnement d’équipe, et avons mis en place une réunion de section mensuelle, des réunions d’équipe de direction, de binômes, et de responsables de section… Grâce aux techniques de PNL, nous avons appris comment nous positionner, comment co-créer un projet éducatif, chacune à son niveau.
Cette année, un travail particulier a été mis en place auprès des responsables de section. La PNL a aidé à repérer pour chacune d’elle les freins qu’elles devaient dépasser pour encadrer leur section. Elle les a épaulées, en clarifiant leur posture et en soulignant leurs atouts. Le fait d’être plus au clair avec sa posture professionnelle permet d’oser dire ce qu’on a à dire dans le respect et la bienveillance, sans jugement. Cela a permis de désamorcer des conflits, avec à la clé, un respect et une écoute de plus grande quali
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Christine Bezès, directrice de la crèche « Les p’tits Lis’Loups, dépendant de la communauté d'agglomérations Gaillac-Graulhet (Tarn).
« Un projet d’établissement revu mot à mot, une cohésion d’équipe renforcée. »


C’est avec l’aide d’Annie Pinteaux que nous avons retravaillé notre projet pédagogique l’an passé. Nous avons analysé chaque mot toutes ensemble, pour nous rendre compte que les règles qui nous semblent les plus courantes renfermaient presque autant que réalités  que de situations. Par exemple, sur la phrase toute simple « on accepte les doudous » : doit-on le laisser à l’enfant pendant le repas, le laisser le garder au moment de la séparation d’avec les parents, etc. ? Du coup, nous sommes restées deux réunions de deux heures sur ce seul sujet, mais nous sommes arrivées à un réel consensus d’équipe, éclairé et cohérent, sur la question. La PNL permet à chacune de nos règles d’acquérir un peu plus de sens. Chaque thème (le sommeil, le repas…) est analysé de la même manière : ça prend du temps mais c’est hyper intéressant, et ça nous a beaucoup soudées. Pour l’anecdote, à son retour de congé parental, une formatrice professionnelle qui n’avait pas assisté aux formations a trouvé l’équipe complètement changée !


Elodie Julia, accueillante au LAEP et chef de service adjointe au service Petite Enfance de la communauté d’agglomérations Gaillac-Graulhet  (Tarn)
« Nous avons évolué vers une posture d’accueil et de responsabilisation des parents. »

 Nous avons commencé à travailler avec  une formatrice PNL en 2011, d’abord dans le cadre de réunions d’échanges de pratiques pour les assistantes maternelles, dans le cadre du RAM, puis dans l’accompagnement des équipes des crèches collectives.  Deux types de publics aux besoins différents : là où les assistantes maternelles sont beaucoup plus sur un échange autour des situations qu’elles vivent en individuel, afin de leur permettre de mieux accueillir enfants et parents, les professionnels d’EAJE sont avant tout axés sur la communication en équipe et avec les parents.
Dès l'ouverture du LAEP en janvier 2015, nous avons mené un gros travail sur la posture de l’accueillante, dans le cadre des supervisions. Il s’agissait de sortir du schéma « sauveteur » - « victime » dans lequel, nous les accompagnants, avons parfois tendance à nous cantonner face aux parents, en étant trop dans le conseil. A l’inverse, Annie nous a accompagnées vers une posture d’accompagnement systématique du parent à trouver ses propres réponses, à se faire confiance. Face à un parent qui nous demande un conseil, nous lui répondons désormais : « Et vous, qu’en pensez-vous ? Qu’est-ce que vous avez fait pour le moment ou que pourriez-vous faire? » On responsabilise la personne, on la resitue vraiment comme le premier éducateur de son enfant.  Objectif : conforter les compétences du parent et lui donner des réflexes pour trouver ses propres ressources.


Virginie Cagnat, directrice du multi-accueil associatif Les Babisous, à Leugny (Yonne).
« La PNL nous permet d’avancer et de grandir, vers le meilleur. »

En décembre 2017, nous avons suivi la formation PNL  intitulée : « l’estime et la confiance en soi de l’enfant ». Nous avons appris à formuler les choses de manière à valoriser directement l’enfant, par exemple lui dire « tu peux être fier de toi » au lieu de : « je suis fier de toi » Mais aussi à accompagner les enfants dans leurs émotions, en les verbalisant (« tu es triste parce que maman est partie »). Cette session a vraiment impulsé une dynamique. Stéphanie nous a proposé une immersion réelle par rapport à notre métier, faisant écho, de manière très concrète, à des situations et des interrogations du quotidien. Les semaines qui ont suivi, un membre de l’équipe a réalisé un panneau sur les émotions : une vraie richesse ensuite travaillée avec les enfants, sous forme d’horloge et avec des vignettes.
Même aide pour la communication inter équipes, travaillée à nouveau en mai 2018, sous le thème « Communiquer efficacement ». On ose davantage se dire les choses désormais. Par contre, la gestion des conflits mériterait d’être travaillée de manière plus approfondie, car ce n’est jamais acquis et on peut vite être déstabilisés. En secteur Petite Enfance, on travaille avec l’humain : cela demande vraiment de puiser dans ses ressources. La PNL est une approche qui nous permet de grandir, d’avancer, toujours dans une démarche de réflexion. Pour moi, c’est ce que je pouvais apporter de mieux à mon équipe.


Audrey Labriola, référente technique de la micro-crèche La maison des Petits de Saint-Fargeau (Yonne).
« Se recentrer sur ses ressentis propres,pour des messages qui font mouche. »

 Avec mon équipe, nous avons participé le 21 mai dernier, avec 11 structures de notre intercommunalité, à une session « Communiquer efficacement » proposée par Stéphanie Disant.
Fonctionnant en petits groupes d’âges mélangés, nous sommes en permanence ensemble sur l’ensemble de la journée. Du coup, quand nous avons des choses à dire, ça n’est pas toujours facile, faute de temps pour respirer. D’où un écart entre ce qu’on dit et ce qui est reçu, même quand ça fonctionne bien. La PNL nous a appris à toujours partir de nos ressentis propres. Par exemple, plutôt que d’accuser : « tu n’as pas sorti la poubelle », dire plutôt : « tiens, je remarque que la poubelle est là, est-ce qu’il faudrait la sortir » ? En bref, recentrer sur la chose qui n’est pas faite ou sur n’importe quelle autre information plutôt que sur la personne, et garder en mémoire qu’on a tous nos propres opinons, valeurs et limites.
Mêmes apports pour la communication avec les parents et les enfants : il est inutile et nuisible de donner des qualificatifs aux uns et aux autres. Par exemple, face à un enfant qui tape, on souhaite qu’il arrête de taper, en aucun cas on ne l’accuse d’être « méchant ». Un enfant dont on dit « il ne mange rien » ou « il ne dort pas », finalement c’est très subjectif : le curseur n’est pas placé de la même manière entre deux personnes, parents ou professionnels.
La PNL rappelle souvent des bases en matière de bonnes pratiques, mais cela fait vraiment du bien de tous entendre la même chose et d’être ainsi remis à niveau. Cela nous aide à prendre du recul et à revenir de formation regonflées à bloc
 !

Article rédigé par : Recuillis par Catherine Piraud-Rouet
Publié le 30 août 2018
Mis à jour le 02 septembre 2018