Coronavirus : Deux MAM engagées et militantes

Ces deux Maisons d’Assistants Maternels ( MAM) de Niort et Toulon ont un point commun de taille : elles sont toutes les deux ouvertes depuis le début du confinement, et les professionnelles qui les composent sont plus que jamais déterminées à assurer ! Qu’elles accueillent du personnel hospitalier ou militaire, ces assistantes maternelles travaillent sans relâche afin de soulager les parents des tout-petits accueillis et sont fières elles-aussi de contribuer à l’aide nationale.
 
Des structures spécifiques
La MAM « Bille de clown » a la spécificité d’être ouverte depuis 4 ans grâce à un partenariat avec l’hôpital de Niort. La structure se trouvant au sein-même de l’établissement hospitalier, les trois assistantes maternelles qui la composent sont tenues d’accueillir 12 enfants parmi les membres du personnel. « Notre exclusivité fait que nous nous organisons en fonction des horaires des parents, nous ouvrons donc de 6h à 21H30 » explique Christine. Cette assistante maternelle de soixante ans exerce son métier depuis près de vingt ans et n’a aucun problème à se lever aux aurores pour accueillir « les petits bouts » comme elle les surnomme affectueusement. Chez « Praline & chocolat », la MAM se situe près du centre militaire de Toulon et est également obligée d’ouvrir très tôt le matin afin d’assurer l’accueil des enfants. « Nos tout-petits sont principalement des enfants de militaires aux horaires et déplacements très conséquents. Par exemple, j’ai une maman qui me dépose chaque matin à 6H son fils avant de commencer son service à 30 km de Toulon, près de Carnoule » raconte Marie-Ange, assistante maternelle de 50 ans. Fondatrice de la MAM, Marie-Ange et sa collègue ont chacune un agrément pour 4 enfants et sont en attente d’une troisième assistante maternelle pour leur structure.

Une organisation à toute épreuve
Depuis l’annonce du confinement, les deux MAM ont dû revoir leur organisation, tributaires des mesures sanitaires actuelles. « C’était le branle-bas de combat, on a très vite eu des appels de la PMI afin de connaître nos places disponibles mais également des ressources humaines de l’hôpital qui nous ont demandé si on pouvait accueillir des enfants de soignants que nous n’avions pas habituellement. Cette semaine, nous avons ouverts avec 6 ou 7 enfants » précise Christine. Du côté de « Praline et Chocolat », la MAM accueille actuellement 5 enfants sur les 8 habituels : « On a choisi de contacter de nous-même la PMI pour savoir s’il était possible de dépasser exceptionnellement notre agrément pour accueillir d’autres enfants. On a fini par avoir l’autorisation, on peut recevoir encore deux tout-petits si besoin ! » m’explique Marie-Ange.
 
Un engagement intact voire renforcé
Christine et Marie-Ange ont un discours similaire : aucune des deux ne souhaite inquiéter outre mesure les tout-petits qui ressentent déjà les émotions de manière exacerbée. « Je suis d’une nature assez optimiste, on se soutient beaucoup avec ma collègue qui est un peu plus angoissée par la situation. On reste dans l’optique que l’on travaille avec des parents à qui on ne demande pas leur avis, qui n’ont pas le choix et qui ont besoin de nous. On évite de diffuser une mauvaise angoisse aux enfants qui le ressentent. C’est important de dédramatiser pour eux » précise Marie-Ange.
A la MAM « Bille de clown », l’équipe a conscience de prendre des risques « Nous sommes en deuxième ligne de mire après le personnel soignant. Nous prenons donc le maximum de précautions possibles. La peur est là, bien sûr, car on peut être amenées à avoir le virus, mais si on n’épaule pas le personnel soignant, comment peut-il œuvrer correctement ? » témoigne Christine.
Si les sorties sont évidemment toutes annulées et les mesures d’hygiène renforcées, les deux MAM arrivent malgré tout à conserver un quotidien agréable pour les tout-petits. D’ailleurs, chez « Praline et Chocolat », les activités sont un exutoire : baby gym, peinture et même jouer aux quilles avec des bouteilles de lait !
Publié le 31 mars 2020
Mis à jour le 31 mars 2020