Nathalie, assistante maternelle : « je trouve normal de poursuivre l’accueil »

Nathalie est assistante maternelle depuis 17 ans à Pontoise. Depuis le début du confinement, cette professionnelle est « fidèle au poste ».  Elle accueille en ce moment 3 enfants de 3 mois, 6 mois et 2 ans. Seuls ses horaires sont un peu modifiés. Elle témoigne ici de son choix et du plaisir de voir ses journées rythmées par la vie avec « ses loulous » comme elle les appelle.

 
Habituellement Nathalie accueille 4 enfants. Depuis le début du confinement elle n’en accueille que 3.

Ne pas laisser tomber les parents
En fait, Nathalie ne s’est jamais posé la question de savoir si elle allait ou non poursuivre l’accueil. « Les parents travaillent, ils ont besoin de faire garder leurs enfants. Je n’allais pas abandonner mon poste et les laisser tomber » dit-elle. Une évidence pour elle.  D’autant qu’elle a des parents gendarmes ou infirmiers qui à tout moment peuvent être réquisitionnés. Pontoise est tout près de l'Oise (ndlr un des premiers départements touchés et un des plus fortement atteints) et le CHU de Pontoise par exemple a été réquisitionné.
« Mes autres parents sont artisans, même en télétravail il leur faut être disponibles et avec un bébé de 3 ou 6 mois, ce n’est pas évident ». Et puis ajoute-t-elle « je n’allais pas faire de différence entre les parents ! ».
Même avant le coronavirus, Nathalie avait signé une convention avec le ministère des Armées, puisqu’accueillant une famille de gendarmes, et moyennant un avantage financier supplémentaire, elle s’engageait à accueillir les enfants en cas de coups durs et hors horaires classiques. « Dès lors je suis prête si nécessaire avec cette crise sanitaire, à les accueillir le week- end ou la nuit ». C’est la règle du jeu de cette convention et Nathalie l’accepte volontiers.

Des parents-employeurs géniaux et conciliants
Nathalie le dit d’emblée : « j’ai des parents employeurs géniaux et conciliants. Ils m’ont tous appelée dès l’annonce du confinement pour savoir si je souhaitais continuer à garder leurs enfants. Me disant qu’en cas de refus ,ils comprendraient. Ce sont des parents très humains ».  En ce moment Nathalie commence l’accueil une heure plus tard et le termine une heure plus tôt. Un changement d’horaires décidés d‘un commun accord avec les parents e pour qu’elle puisse souffler un peu. « Mais les parents m’ont tout de suite prévenue qu’ils maintiendraient mon salaire.  Et les parents qui ne me confient plus du tout leur enfant, aussi. » Des parents en or donc !

Des journées rythmées par les enfants
En fait Nathalie se dit heureuse de poursuivre cet accueil. Ses journées sont rythmées par les petits qu’elle accueille. Leurs horaires, leurs sourires. C’est important pour elle. « Je vois comment durant le week- end on se laisse facilement aller, on traine en pyjama, on vit un peu hors du temps. Travailler avec les enfants me permet de garder une vie plus réglée et saine ».
Nathalie vit en appartement, sans jardin. Alors cet accueil confiné ? « On fait comme en hiver où il pleut toute la journée et qu’on ne peut pas sortir. Mais les enfants habitent dans le quartier donc ils viennent à pieds et prennent un peu l’air. Donc on fait des jeux d’intérieur et des petites activités manuelles avec le plus grand. J’ai expliqué aux plus grands qu’on ne pourrait plus aller au RAM parce qu’il y a eu un méchant virus dans la rue que les docteurs ne savaient pas encore soigner. »
Une ombre au tableau : le casse-tête des repas. Pour Nathalie adepte des repas équilibrés et des produits frais, c’est difficile. « Mon mari fait les courses le vendredi, mais moi qui suis pour une alternance légumes verts et autres légumes je me rends compte qu’en ce moment c’est un peu trop souvent pâtes, blé et riz » regrette-t-elle.  

Le vinaigre blanc à la main
Évidemment Nathalie a mis en place des précautions d’hygiène supplémentaires. A son grand dam,  l’accueil des parents se fait sur le pas de la porte. Ils ne rentrent pas dans l’appartement. Et elle se lave les mains très régulièrement. « Pour les petits c’est gant de toilette savon, pour la plus grande se laver les mains devient un jeu d’eau sinon cela virerait à la psychose et pour la maison je vis avec la bouteille de vinaigre blanc à la main. De toutes façons je ne trouve plus de gel hydro alcoolique ni de gants. »
Article rédigé par : Propos recueillis par Catherine Lelièvre
Publié le 30 mars 2020
Mis à jour le 31 mars 2020
C'est un article très interéssant pour moi qui suis stagiaire dans un centre de formation pour adultes et qui prépare un CAP Accompagnant Educatif Petit Enfance terminant fin mai 2020. Cele enrichit mes connaissances tout en me permettant de savoir comment les professionnelles réagissent face à a pandémie de COVID19.