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Sophrologie en crèche : des séances pour se relaxer et prendre de la distance

Face aux exigences physiques et psychologiques que requiert le travail auprès des tout-petits, de plus en plus de responsables de structures proposent des temps de relaxation à leurs équipes. Comme Sophie Pireyre, EJE, directrice de crèche depuis plus de 15 ans, qui a choisi de se former à la sophrologie. Elle organise ainsi des séances pour les professionnels des crèches de la Fondation Léopold Bellan dont fait partie sa structure, ainsi qu’aux parents des enfants accueillis. Une approche qui apporte des bénéfices à la fois sur le plan personnel et sur la vie de la collectivité.
La conviction profonde d’une manager
L’idée de s’initier à la sophrologie est venue à Sophie il y a quelques années, elle était alors déjà directrice. « Au contact des enfants et de leurs parents, les professionnels accumulent énormément d’émotions, souligne-t-elle. C’est donc un travail qui nécessite une grande maîtrise de soi. En tant que manager, j’avais envie de proposer à mes équipes des techniques pour prendre de la distance, se ressourcer. » Sophie se lance alors dans une formation en sophrologie sur son temps libre. Elle y consacre un week-end par mois et un soir par semaine pendant deux ans, jusqu’à obtenir son certificat en décembre 2015. Son mémoire porte justement sur la manière de proposer aux professionnels des outils de gestion du stress.

La sophrologie est une méthode de relaxation fondée sur des exercices très simples axés essentiellement sur la respiration et la détente musculaire. Pour Sophie, « la particularité de cette discipline est sa dimension « philosophique ». C’est un travail sur ses pensées et ses émotions qui permet de porter un regard différent sur la vie, de voir les choses positivement au quotidien. »

Des séances qui s’adaptent aux besoins de chacun
Sophie propose des séances individuelles aux professionnels des crèches qu’elle dirige. A leur demande, que ce soit pour gérer leur stress dans l’exercice de leur métier ou dans la préparation de validation des acquis de l’expérience (VAE). La séance débute par un temps d’échange pour recueillir le ressenti de la personne « Ce n’est pas intrusif, il n’y a rien d’imposé, assure-t-elle. Ma proposition va s’adapter à son besoin en fonction des objectifs fixés en accord avec elle. » Puis la sophrologue accompagne la professionnelle dans une détente musculaire par la respiration contrôlée et guidée, un temps de méditation et un temps de visualisation. Quand la personne est très détendue, Sophie l’amène à un état de conscience modifié, dans un relâchement et un apaisement profond où l’esprit s’ouvre. « Je lui propose alors d’imaginer la scène avec une projection positive. » Un temps de partage sur le vécu de la personne clôt la séance.

Sophie propose également des séances collectives à son équipe sur la pause déjeuner ou lors des journées pédagogiques. Le principe est le même, adapté à la dynamique du groupe : un temps d’échange libre, une détente profonde guidée par la voix, des exercices de respiration, une visualisation, une suggestion d’images pour terminer sur un retour en paroles.

Pendant ces séances qui durent environ trois quarts d’heure, le but n’est pas d’aborder les difficultés en tant que telles. « Je le fais lors des séances de sophrothérapie au sein de mon cabinet, précise Sophie. Ici, elles ont un axe plus professionnel dans lequel on fait de la relaxation en prévention des troubles psycho-sociaux. »
L’idée est aussi pour les professionnels de pourvoir reproduire ces techniques avec les enfants dès 2, 3 ans pour leur propre bien-être. Ces petits exercices corporels et de respiration sont, selon elle, très intéressants pour aider les petits à se rassembler et à s'apaiser.

Des bienfaits pour les liens entre pros et avec les enfants
Lors des journées pédagogiques, qui donnent le temps d’étayer un peu plus les séances, Sophie profite de la sophrologie pour amener les adultes à faire le lien entre leurs émotions et celles des enfants. Par exemple, une professionnelle qui subit un stress, une angoisse, une souffrance. Une fois en confiance, la sophrologue peut l’amener à parler d’une situation, éventuellement revivre les émotions, afin de lui expliquer que les petits dont elle s’occupe peuvent parfois éprouver le même ressenti émotionnel.
« Le travail des professionnels est d’accompagner les enfants par une attitude contenante, rassurante. Les séances ont ce double intérêt de comprendre ce qu’ils peuvent vivre, donc d’être en empathie, explique Sophie. Et de prendre le recul nécessaire avec ses propres émotions pour être pleinement disponible pour eux. »

Elle tient à objectiver ses séances, grâce à des fiches d’évaluation. Dès le début du projet, les retours sont très positifs. « J’ai été agréablement surprise, dit-elle, je m’attendais à plus de méfiance de la part des professionnels, qui auraient pu être mal à l’aise de suivre ces séances dans le cadre du travail. Mais ils apprécient ces exercices très simples qui leur font du bien immédiatement. » Pour Sophie, ce climat de sérénité apporte un plus à la vie de la structure.
Un plus aussi dans sa relation avec l’équipe, qui la voit sous un autre angle. Sa double casquette de directrice et sophrologue ne semble pas poser problème. Il y a bien sûr une rigueur dans le travail à maintenir, mais ce qui importe à Sophie, c’est aussi de partager sa façon de voir les choses et d’être à l’écoute des émotions des professionnels. « Ce lien n’empêche pas le respect du cadre des fonctions exécutives. Il montre qu’on est humain justement ! »

Une volonté de proposer la sophrologie à tous les publics
Aujourd’hui Sophie intervient dans d’autres crèches de la Fondation Léopold Bellan. Elle propose également des séances de sophrologie aux parents des enfants accueillis ainsi qu’aux familles tous âges confondus qui viennent à la "Journée des Familles du Neuf" de la mairie du 9e arrondissement de Paris. La sophrologue souhaiterait encore étendre son activité auprès des assistantes maternelles et des enseignants en école maternelle. « Pour moi cela correspond vraiment à un besoin, dans ces professions de plus en plus orientées vers la connaissance du développement du cerveau et des émotions. »
Article rédigé par : Armelle Bérard Bergery
Publié le 07 août 2019
Mis à jour le 03 septembre 2019