Techniques d'animation pour motiver et fédérer une équipe

Intégrer une structure d’accueil de jeunes enfants, c’est entrer dans une organisation, adhérer à un projet pédagogique, et faire partie d’une équipe. Le plus compliqué dans le poste de direction d’une structure n’est pas l’accueil des enfants mais de créer une cohésion de groupe entre les professionnels. A travers des techniques d’animation utilisées en réunion et durant les temps de regroupement d’équipe (journées pédagogiques, soirées), la direction peut créer cette dynamique dans la structure. Explications d'Alexandra Lamiot, EJE, formatrice petite enfance.

 
Favoriser la prise de parole et faire émerger les idées
Il n’est pas toujours aisé pour les équipes de s’exprimer devant un groupe de personnes, même (ou encore moins) si ce sont des collègues. Cependant, il est important que chacun puisse exprimer ses idées, ses ressentis, ses besoins pour comprendre et respecter l’autre et ainsi atteindre une ambiance harmonieuse.

le brainstorming. A travers des animations telles que le brainstorming, chacun peut transmettre des idées sans jugement. En effet, ce jeu consiste à donner des mots ou des associations d’idées en lien avec le sujet. L’objectif de ce jeu est de récolter un maximum de pistes pour mener à bien un projet ou pour croiser les regards sur un sujet.
Par exemple, en fonction de notre histoire, de nos expériences et de notre éducation, nous n’avons pas le même regard sur le sujet de l’accueil, du repas, de l’accompagnement à l’endormissement…
Pour certains un repas qui se déroule bien est lorsque les enfants finissent leur assiette. Pour d’autres ce sera un moment convivial passé à échanger sur les goûts des enfants, les textures et les provenances des aliments… Il est important, en réunion, que chaque membre d’une équipe explique ses intentions envers l’enfant. En faisant fi de son éducation, la direction recentre les pratiques selon les missions de la structure pour (re)définir ensemble les objectifs de travail.

• Le jeu des post-it. Il vient en complément du brainstorming lorsque la direction souhaite que chacun s’exprime de manière individuelle. En donnant un post-it par personne, chacun note une idée en lien avec le sujet. En récoltant tous les post-it, les bases d’un projet voient le jour. L’intérêt des post-it est d’éviter les prises de parole douloureuses pour les « timides » tout en leur permettant d’exprimer leurs idées.
Ainsi, si la direction souhaite traiter du thème de l’accueil, chacun notera par exemple, sa définition, les axes de travail et/ou le point de vigilance selon lui.

• le jeu des équipes tournantes. Quand il s’agit de traiter plusieurs sujets à la fois, notamment par exemple pour la rédaction du projet pédagogique, le jeu des équipes tournantes est à privilégier.
Ce jeu consiste à coller des affiches dans le lieu de réunion avec des titres. L’équipe est divisée en trois ou quatre selon le nombre d’affiche. Chaque équipe est face à une affiche pour noter toutes leurs idées en lien avec le sujet. Au bout de 2-3 minutes (ou lorsque les équipes ont écrit au moins une ou deux idées), l’équipe sur l’affiche 1 va sur l’affiche 2, celle sur l’affiche 2 va sur la 3… En l’espace d’une demi-heure, toutes les équipes ont pu s’exprimer et donner leurs idées sur l’ensemble des sujets. Il ne reste plus qu’à trier, organiser les idées et répartir les équipes sur les thèmes à travailler pour la rédaction du projet pédagogique par exemple.

Susciter le débat et la réflexion autour des pratiques professionnelles
Lorsque les idées des uns et des autres ont pu émerger, place au débat et à la réflexion d’équipe.
Le débat est toujours plus riche à plusieurs. En entendant les points de vue de leurs collègues chacun peut remettre en question sa propre vision et argumenter ses propos.

Les questions à choix multiples (QCM). Elles permettent de réfléchir à deux pour débattre dans un premier temps en binôme, avant d’argumenter ses réponses au groupe. Le QCM est à réaliser par la direction en fonction des thématiques qu’elle souhaite traiter avec son équipe (la communication professionnelle, l’accompagnement du jeune enfant, l’accueil des familles…)
A travers le QCM, la direction peut transmettre des éléments théoriques pour enrichir les arguments et développer les connaissances de son équipe.  

• Les mises en situation. A travers les mises en situation, le professionnel donne son avis sur une posture, une pratique en lien avec une observation écrite.
Il se met en situation dans le sens où il explique la manière dont il agirait selon la situation. Ce travail à deux ou trois personnes favorise les échanges autour des pratiques en mettant en lumière différents points de vue et en s’appuyant sur les connaissances de chacun.

• Les jeux de rôles. Ils offrent la possibilité aux équipes de se mettre en scène et de pouvoir travailler leur communication, de gérer leurs émotions, et d’argumenter sur un sujet. Une situation est donnée par groupe de deux. Ces personnes réfléchissent à la manière de gérer la situation, et au choix des mots. Ensuite, elles jouent la scène face au groupe. Le groupe observe la communication verbale et non verbale et fait des propositions pour jouer la scène différemment. Ensuite, c’est au groupe suivant de jouer une autre scène. Cet exercice permet de réfléchir sur sa posture professionnelle et d’adapter son comportement en fonction des personnes et des situations. Ainsi, lorsque la situation se présentera en réel, il sera plus aisé pour le professionnel d’y faire face.

Impulser une cohésion et un travail d’équipe
Mettre les idées en commun et regarder dans une même direction pour accompagner le jeune enfant et sa famille est une première étape. Il est nécessaire ensuite d’impulser une cohésion et une motivation à travailler en équipe.
Les journées pédagogiques et les sorties sont l’occasion de fédérer un groupe en partageant des moments de plaisir, tout en révélant les forces de chacun.
• Les jeux de collaboration favorisent l’entraide et la prise en compte de chacun.

• Les Ecapes game ou Cluedo géants . En organisant de tels jeux au sein de la structure, l’équipe entière doit collaborer pour trouver des indices, des objets, des pistes, nécessaires à la résolution d’énigmes ou pour sortir d’une pièce.

• Les sorties au restaurant ou au bowling. Elles permettent à l’équipe de se découvrir en dehors du lieu de travail. Dans un autre contexte, chacun apprend à connaitre la personne au- delà du professionnel qu’il est.

• Les jeux de compétition révèlent les stratégies déployées par chacun pour communiquer ses idées et faire en sorte qu’elles soient réalisées. Ils développent la prise de parole pour argumenter ses choix.
Par exemple, la réalisation de constructions collectives en trois dimensions fédère l’équipe autour d’un projet. En réalisant un monument ou un animal avec uniquement des aliments, des équipes de 4 personnes développent des stratégies pour parvenir à un objectif commun.  Si les équipes doivent réaliser une girafe avec des tranches de pain d’épices et des bonbons, elles devront faire preuve d’imagination et trouver un accord sur la manière de la réaliser, de la faire tenir debout.
Parallèlement aux bénéfices pour l’équipe de travailler ensemble, la direction peut aussi identifier les comportements de « meneurs » et de « suiveurs », nécessaires à un travail d’équipe. Elle saura s’appuyer sur les différents membres de son équipe en fonction des missions à atteindre.

Encadrer une équipe ce n’est donc pas seulement poser un cadre de travail mais c’est aussi (et surtout) créer une dynamique de groupe. Chaque membre doit se sentir important, attendu et heureux de venir travailler au quotidien dans la structure, pour limiter l’absentéïsme.
Article rédigé par : Alexandra Lamiot
Publié le 10 février 2020
Mis à jour le 13 février 2020