Organisation

Médecin de crèche : quel est son rôle ?

Privées ou publiques, les crèches disposant d’une capacité d’accueil supérieure à 20 places ont l’obligation de recruter un médecin référent. Ce pédiatre ou généraliste expérimenté en pédiatrie travaille en collaboration avec l’équipe de l’établissement pour garantir le bon développement des enfants et veiller sur leur santé.
médecin qui ausculte un enfant
Intervenant précieux des structures d’accueil de la petite enfance, le médecin de crèche a vu ses missions renforcées par un décret de 2007. Le recrutement de ces référents médicaux, obligatoire pour les établissements publics ou privés dont la capacité d’accueil est supérieure à 20 places, incombe aux gestionnaires de crèches. Ils sollicitent soit des pédiatres, soit des généralistes qualifiés en pédiatrie.

Des missions réglementées
La règlementation ne prévoit ni durée d’engagement, ni créneaux horaires. « Il est toutefois recommandé au médecin de crèche d’être présent une demi-journée par mois dans les structures de moins de 20 places, une demi-journée par quinzaine dans les structures possédant entre 21 et 40 places, et une demi-journée par semaine dans les structures supérieures à 40 places », explique le docteur Elisabeth Jude Lafitte, membre du Syndicat national des médecins de PMI.
Complémentaire de la PMI et du travail des médecins traitants, le référent de crèche s’assure du respect des conditions d’hygiène et de sécurité au sein de l’établissement. Il veille également à la mise en place d’un accueil favorable au bien-être et à l’éveil de chaque enfant. « S’il a le sentiment par exemple qu’un enfant n’est pas pris en charge de manière optimale par la crèche ou les parents, il peut interpeler la PMI », souligne le docteur Jude Lafitte, ajoutant que « cette situation est rare ».
Le médecin de crèche réalise par ailleurs les visites d’admission des bébés de moins de 4 mois ainsi que des enfants porteurs d’un handicap ou souffrant d’une maladie chronique afin d’élaborer un Projet d’Accueil Individualisé.

Une « hotline » pour les crèches
Il définit également des protocoles d'action en cas de situation d’urgence ou d’épidémie telle que la gastro-entérite. « Je suis comme une hotline, s’amuse le docteur Renaud Solanet, médecin référent auprès de plusieurs crèches et halte-garderie du Nord. Un enfant avec de la température, une suspicion de gale : l’équipe de la crèche peut m’appeler en toute situation ! » Il la conseille alors sur les mesures à prendre. Régulièrement, il organise des actions d’éducation et de promotion de la santé pour renforcer les connaissances de ces professionnels. Une collaboration qui s’avère aussi très enrichissante pour le docteur Solanet : « Ce travail d’équipe, sur le terrain, complète mes activités de médecin. »

Un travail d’équipe pour détecter les troubles de l’enfant

« J’organise des temps d’échange avec l’équipe de l’établissement pour parler des enfants, de leur évolution, mais également discuter de thématiques comme le sommeil, l’alimentation, la vaccination… Cela permet aux professionnels de détecter plus facilement des troubles du comportement ou du développement. Cette mission de sensibilisation est essentielle. La période idéale de prise en charge d’un trouble comme l’autisme se situe entre 18 mois et 2 ans. Or, les professionnels des établissements d’accueil de la petite enfance sont les mieux placés pour les détecter. » Témoignage du docteur Renaud Solanet, médecin référent auprès de plusieurs crèches et halte-garderie du Nord.

Article rédigé par : Nelly Moussu
Modifié le 10 août 2017