Camille Orion : ses stages en 5 mots-clés

En formation Educateur de Jeunes Enfants (EJE) à l’IESTS de Nice, Camille Orion porte déjà une grande réflexion sur son futur métier. Il écrit d’ailleurs, depuis l’année dernière, des chroniques pour le site Les Pros de la Petite Enfance, où il partage son expérience en tant qu’étudiant et stagiaire. Ses clés pour apprendre au mieux de chaque stage.
L’observation
Pour Camille Orion, c'est la base du métier. « Mais c’est quelque chose de très complexe car on doit se poser pour tout observer sans vraiment avoir le temps de bien le faire ». Pour que les temps d’observation soit efficaces il faut « avoir le sens de l’aventure et aller en territoire non conquis ». En effet, il est intéressant de déployer son attention de manière organisée. S'intéresser à ce qui nous questionne avec des outils comme la feuille d'observation ou l'observation conjointe à 2, peut aider à préciser ce que l'on souhaite observer et partager des avis. Il est aussi important d'élargir ses points de vue, en se saisissant un maximum de l'environnement d'observation. Autrement dit, il faut s’intéresser à d’autres sections que la sienne. « Par exemple, si on intègre une crèche de plus cent berceaux, on ne peut pas connaître tout le monde,  mais on peut toujours essayer de découvrir d’autre sections ». 

La communication 
Tout repose sur la communication et la facilité à parler en public. « C'est aussi notre sacerdoce. Nous sommes des artisans de la relation humaine en devenir. En tant que tels, beaucoup de choses reposent sur notre capacité à communiquer ». Le stagiaire doit donc apprendre à surmonter ses peurs, ses appréhensions ou sa timidité pour devenir un « professionnel de la communication » tout en restant à sa place vis-à-vis des professionnels et des parents. 

Les erreurs
« Le droit à l'erreur est indispensable pour apprendre car l'erreur humanise notre métier ». C’est comme un maître d’apprentissage. Elle permet au stagiaire de se construire une identité professionnelle. « On a encore trop peur de l’erreur. Certains professionnels confondent même une erreur et une faute. C’est problématique car les deux termes ont un degré de gravité différent ».

Etre un homme 
On le sait les hommes sont souvent « victimes » de préjugés en petite enfance et les équipes ont parfois besoin de temps pour s’adapter. « Mais employer un homme dans une structure ne devrait pas faire de différence ». Il est là pour accueillir les enfants, pas pour résoudre des conflits au sein de la structure par exemple. Du côté des parents, il y a toujours une méfiance au début, « certains pouvaient s’interroger sur ma virilité ou ma sexualité ». Mais si le stagiaire porte un regard optimiste sur le tout-petit, et surtout s'il partage son goût du métier, la question du genre s'oublie vite.

L’adaptation 
Au regard de ses trois années déjà passées en crèche, Camille Orion considère que le plus difficile en tant que stagiaire c’est de vivre son stage de l’intérieur, notamment en apprenant à s’adapter à l’environnement et à gagner en confiance. « Il faut s’habituer à être bouleversé par le positionnement des professionnels qui ne partagent pas nécessairement nos convictions pédagogiques ou nos valeurs éducatives, notre approche du métier. Ce qui nous confronte à la réalité du monde du travail, où on ne choisit pas toujours les personnes avec qui on aimerait exercer ». Vivre son stage de l’extérieur - avec du recul - est aussi très éprouvant car ça demande un effort de réflexion intense et rigoureux, à travers des études qui restent très sérieuses.
Article rédigé par : Julia Dumoulin
Publié le 04 septembre 2018
Mis à jour le 07 septembre 2018