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Assistante maternelle, le dernier métier de Marie-Annick Duclos

L’adage « il y a plusieurs vie dans une vie, et c’est cela qui la rend attrayante » s’applique parfaitement Marie-Annick Duclos. Assistante maternelle depuis 6 ans, elle accueille trois enfants âgés de 26 à 14 mois dans  une petite maison face à la sienne à Betton. Mais auparavant, elle a enchaîné plusieurs métiers. Par tranches de 10 ans.
De la SNCF au concours d’auxiliaire de puériculture
A 20 ans, bac littéraire en poche, Annick ne sait pas trop quoi faire. Ce sera la SNCF. « J’organisais des voyages pour les comités d’entreprise. » Elle s’ennuie assez vite mais tient 10 ans. En 1990, elle décide de passer le concours d’auxiliaire de puériculture qu’elle réussit haut la main. Pourquoi ce  virage à 180°, passer des trains, du tourisme aux bébés ? « C’est une longue histoire familiale sourit-elle. Ma grand-mère était nourrice. Elle gardait chez elle  des enfants à l’année. Les parents ne venaient les voir ou les chercher que pendant les vacances. Il y avait 12 enfants chez elle. Elle chauffait les biberons dans la cheminée. Une autre époque ! Ma mère était assistante maternelle. J’ai toujours baigné dans ce milieu. Mais à 20 ans, on ne s’imagine pas devenir assistante maternelle, on ne considère pas que c’est un métier. »

Une agence immobilière à Saint Malo
A 30 ans, devenue auxiliaire de puériculture elle exerce 10 ans, en maternité puis en pouponnière à Rouen où son mari a été muté. « J’ai adoré mon travail en maternité et en pouponnière » dit-elle aujourd’hui. Mais nouvelle mutation de son conjoint. Direction Saint-Malo. La maternité ne lui propose que des remplacements durant les vacances… Ce qui n’est pas très intéressant quand on a soi-même des enfants. Changement de vie. A 40 ans, elle ouvre avec son mari une agence immobilière puisque l’immobilier, c’est son métier à lui. « J’ai appris sur le tas. Ca m’a plu. J’ai aimé le relationnel avec les clients ». Finalement les bébés ne lui manquent pas trop, elle est passée à autre chose.

Un divorce et un retour vers la petite enfance
A 50 ans, Marie-Annick change de vie une nouvelle fois. Elle divorce, rencontre un nouvel amour et part s’installer à Betton, prés de Rennes. Et revient vers les bébés et la petite enfance. « Notre maison appartenait à un artisan. Il y avait un grand jardin avec un local de 80 m2. Cela m’a donné des idées… Réaménager complétement ce local pour y accueillir des enfants ». Au départ, elle pense ouvrir une micro-crèche. Trop de contraintes, de paperasses, de gestion. « Je n’y serais pas arrivée ». Une Maison d’assistantes maternelles ? « Quand je suis arrivée je ne connaissais personne ». Non, elle sera assistante maternelle agrée  avec de super locaux .« D’ailleurs reconnaît-elle, j’avais fait quelques remplacements en crèche lorsque j’étais auxiliaire  et je n’a vais pas tellement aimé. Cela ne correspondait pas, la vie en collectivité ne me plaisait pas. Je ne trouvais pas ma place en crèche » .

Des locaux 5 étoiles pour un accueil au top
Dés lors Marie-Annick s’attelle à transformer ces 80 m2 de bureau qu’elle destine à l’accueil des enfants. Elle crée, aménage et décore trois chambres, dispose d’une cuisine, de deux salles de jeux et d’une salle de bains. Des locaux 5 étoiles où l’éveil, dans la sécurité, est privilégié. « Je suis comblée dit Marie-Annick. Pour rien au monde je ne ferais un autre choix. Je suis chez moi sans l’être, du coup mon métier n’empiète pas sur ma vie familiale. Les parents (et les enfants) sont enchantés parce qu’il y a de l’espace, un jardin  et je suis une pro . »
A 56 ans, Marie-Annick est une assistante maternelle heureuse. Sûr, ce métier elle le fera 10 ans aussi !
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Modifié le 08 septembre 2017