Damien Plunian, 37 ans, devenu assistant maternel après un AVC

Suite à un AVC en 2016, Damien Plunian, alors responsable des services techniques dans une petite ville du Morbihan, est confronté à une douloureuse réalité : il n’est plus apte à exercer son métier. Il lui faut donc se réorienter. Et c’est de façon très naturelle que ce papa de 4 enfants, très actif dans la commune où il réside, se tourne vers la petite enfance. Une nouvelle profession qui le passionne et l’épanouit tout autant. Rencontre.
Un début de carrière dans les espaces verts
Après un CAP puis un brevet professionnel en travaux paysagers, réalisés en apprentissage, Damien Plunian est embauché en tant qu’agent titulaire en espaces verts à Carnac. « J’ai monté tranquillement les échelons de la fonction publique toujours dans les espaces verts, jusqu’à devenir agent de maîtrise, puis j’ai été nommé responsable des services techniques dans une autre mairie », explique-t-il. En 2016, à l’âge de 32 ans, il est victime d’un AVC. « J’ai mis deux ans à me remettre sur pied. Il a fallu que je réapprenne à parler correctement », confie-t-il. Une épreuve pour le papa dont le 4e enfant vient de naître. A cela s’ajoute des problèmes avec son employeur. « J’étais inapte à mon poste mais on ne me proposait aucun reclassement. J’ai souhaité me réorienter, faire des formations, mais mon employeur disait non à tout. Je m’étais renseigné pour passer le concours d’Atsem, mais cela m’a été refusé. On ne m’a pas soutenu pour rester dans la fonction publique », regrette Damien Plunian. L’idée de travailler avec les enfants en tout cas est bel et bien là. Il se demande alors quel métier il peut exercer sans que le fait de ne pas être « libéré » de la fonction publique ne pose problème. Ses enfants, tout-petits, ont été accueillis par des assistantes maternelles. Certaines sont même aujourd’hui des amies. L’idée commence à germer… « Le rapport privilégié que l’on peut avoir avec les enfants lorsque l’on est assistant maternel me plaisait particulièrement », précise-t-il.

Obtention de son agrément en 2020
Déclaré officiellement en retraite de la fonction publique au 1er janvier 2020, Damien Plunian, la même année, demande un agrément. Le département du Morbihan lui délivre. Il peut accueillir deux enfants à son domicile. « Le premier jour de ma formation d’assistant maternel, tout le monde était surpris de ma présence. J’étais le seul homme. Mais je m’étais préparé à cela. Tout s’est bien passé et, dans ce groupe de 12 personnes, deux assistantes maternelles d’ailleurs sont devenues de très bonnes amies », souligne-t-il. Mais tout cela n’aurait pas été possible sans le soutien indéfectible de sa famille, qui a accepté aussi ses horaires atypiques. « Actuellement, je travaille au plus tôt à 6h40 et au plus tard à 21h, mais la première année, j’accueillais l’enfant d’une maman qui était dans l’ostréiculture à 5 heures du matin et parfois jusqu’à 22 heures. Une fois même, il est resté dormir à la maison », explique Damien.

La demande supérieure à l’offre
Le nouvellement assistant maternel trouve facilement des familles. Et il est maintenant agréé pour 3 enfants. « Je croule sous les demandes. Il faut dire que notre famille est connue dans le coin, nous sommes très actifs dans les associations qui se trouvent autour de chez nous. Et pendant 5 ans, j’ai été président de l’association des parents d’élèves de l’école de mes enfants », explique-t-il. Très actif, il l’est aussi avec les trois petits âgés de 13 à 19 mois qu’il accueille en ce moment. « Plus on est dehors, mieux c’est », affirme-t-il car cet amoureux de la nature, qui s’est équipé d’une poussette « Baby Wagon », ne manque pas une occasion de sortir avec les enfants. Une des dernières sorties en date : une excursion dans un parc animalier. « Avec des copines intervenantes, je propose aussi de l’éveil musical, des ateliers de théâtre, des jeux de mimes… », poursuit-il.  

Accueillir des enfants en situation de handicap
Damien veut prendre son temps. Il est finalement assistant maternel depuis peu, mais il a un nouveau projet : celui d’accueillir des enfants en situation de handicap. « Lorsque je travaillais dans les espaces, nous avions l’habitude d’accueillir des adolescents atteints de Trisomie 21, notamment un garçon de 16 ans, qui revenait souvent. Cela m’a conforté dans l’idée que j’aimerais travailler avec ces enfants « différents » », confie l’assistant maternel. Et poursuit : « A Lorient, il y a l’association BA2I - Boutchous Accueil Individuel Inclusion – (NDLR : elle « accompagne les familles et les assistantes maternelles dans l’accueil des enfants en situation de handicap ou atteints de maladies chroniques »). Je suis en contact aves ses membres et dès que je me sentirai prêt, je me manifesterai pour accueillir ces tout-petits ».

Une reconversion réussie
Lui qui avait du mal à se lever le matin, il reconnaît avec humour que dès que le réveil sonne, il se lève, heureux d’être en vie et de commencer une nouvelle journée avec les enfants. « Je me sens plus qu’épanoui dans ce nouveau métier », assure-t-il avant de conclure : « Les enfants comprennent, ressentent les choses et ne me jugent pas contrairement à certains adultes, par rapport à ce qui m’est arrivé ».
Article rédigé par : Caroline Feufeu
Publié le 19 juillet 2022
Mis à jour le 04 août 2022