De factrice à animatrice de RAM, le parcours éclectique de Sonia

Sonia, maman de quarante ans, a aujourd’hui la vie professionnelle dont elle rêvait. Animatrice de RAM, elle réside dans le Tarn et Garonne (82) avec son fils de 14 ans et son mari. Pourtant la stabilité professionnelle n’a pas toujours été au rendez-vous dans son parcours … Une licence de psychologie, un travail de factrice, rien ne la prédestinait vraiment à la petite enfance. 
Plusieurs années en dents de scie
Après avoir tenté à deux reprises une première année de médecine, Sonia décide de se tourner vers la psychologie qui l’a toujours attirée. Elle entre en licence de psycho et s’arrêtera à la maîtrise, alors qu’elle est enceinte. 
« Durant mes études, j’ai travaillé chaque vacance scolaire comme factrice dans le Lot (47). Quand j’ai arrêté la fac, j’ai décidé de travailler à la poste mais cette fois-ci à temps plein. J’ai tenu le coup deux ans, car il fallait bien manger ! » se souvient Sonia. 
Deux ans, c’est long, surtout pour un travail alimentaire qui ne passionne pas Sonia : « j’en avais marre de me lever aux aurores et de travailler 6 jours sur 7, j’aspirais à autre chose ». 

La petite enfance en toile de fond
Difficile pour Sonia de savoir exactement ce qu’elle veut faire, mais il y a bien une chose dont elle est certaine : elle aime la petite enfance. « A la fac de psycho je prenais toutes les options en lien avec l’enfance, et au contraire je détestais la psychologie du travail par exemple. Je préférais faire mes recherches sur le développement de l’enfant » raconte Sonia.  
Pourtant elle hésite : tout d’abord tentée par le métier d’assistante maternelle, Sonia se dit finalement qu’elle ne s’épanouirait pas en travaillant à son domicile. 
En parallèle de son temps de factrice, elle tente alors les concours d’EJE : « C’est un métier qui m’a toujours paru très riche et qui ouvrait la porte à plusieurs types de structures. J’ai toujours trouvé passionnant la diversité des missions d’un éducateur alors je me suis dit, pourquoi ne pas essayer ? » 
La surprise est de taille : le jour-même où la Poste lui propose un CDI, Sonia reçoit les résultats des concours qui lui confirment qu’elle est reçue. « J’étais face à un dilemme : soit je choisissais la sécurité, soit je reprenais mes études à 28 ans. Le choix était dur mais je sentais que je devais aller vers la petite enfance. » 

Prendre les études à bras le corps 
Après avoir arrêté ses études depuis deux ans, il est toujours compliqué de s’y replonger, surtout avec un enfant de deux ans. Mais Sonia ne se décourage pas et se lance dans ses trois années de formation. Elle fait même le choix de refuser l’allégement de cours qu’elle pouvait obtenir grâce à sa licence de psychologie. « C’était difficile financièrement car je n’avais aucune aide, mais je ne regrette pas car j’ai eu après la plus belle des richesses : faire ce que j’aime ! » s’exclame Sonia. 
En 2010, Sonia obtient son diplôme et est embauchée directement comme adjointe dans une crèche. Au bout de 6 mois, la structure dans laquelle elle avait fait son stage d’école lui propose un CDI. 
Aujourd’hui, Sonia est aux anges. Elle exerce comme animatrice dans un RAM près de chez elle. « Moi qui au début hésitais à devenir assistante maternelle, je peux aujourd’hui travailler avec elles ! Je me trouve bien plus libre en RAM qu’en crèche, et je suis multi-casquettes : je gère l’aspect juridique mais également éducatif. On peut organiser énormément de choses comme des sorties, des spectacles, je m’éclate ! »
Et on souhaite d’ailleurs un bel anniversaire d’EJE à Sonia qui fête ses dix ans d’éducatrice cette année !
Article rédigé par : Nora Bussigny
Publié le 13 mars 2020
Mis à jour le 13 mars 2020