Parcours professionnels

Emilie et Fabrice, un couple d’assistants maternels très investis

Emilie et Fabrice, éducateurs spécialisés pendant 10 ans, ont choisi de devenir assistants maternels. Ils consacrent 80m2 de leur maison à leur activité professionnelle commune. Le couple accueille volontiers des enfants en situation de handicap. Une façon de faire le pont entre leur ancien et leur nouveau métier. Une reconversion professionnelle qui a donné naissance à ce lieu d'accueil qu'Emilie a joliment baptisé « Les mots magiques ».
Les- mots- magiques
L’histoire d’Emilie et Fabrice s’est écrite comme une évidence. Il y a quelques années, ils se sont rencontrés sur leur lieu de travail, un établissement d’accueil spécialisé pour les personnes porteuses de handicap. Sont tombés amoureux, ont mis un bébé en route et on nourri un projet professionnel commun : devenir assistants maternels et exercer ensemble. « Nous avions envie de continuer à travailler ensemble, de créer quelque chose ensemble, » explique Emilie.

Leur ambition : accueillir des enfants porteurs de handicaps
Les futurs parents avaient la même ambition : « nous voulions proposer un accueil mixte, c’est à dire accueillir des enfants sans difficultés comme des enfants porteurs de handicaps. Il nous tenait à cœur de lier deux univers, ceux de la petite enfance et du handicap. » Un projet cohérent avec leur expérience professionnelle d’une dizaine d’années en tant qu’éducateurs. Leur objectif ? Permettre aux parents de ces enfants « extraordinaires » de pouvoir reprendre une activité professionnelle et de confier leur enfant à des personnes qualifiées. Toujours dans cette optique de bienveillance et de générosité, le couple n’a pas souhaité prendre en charge uniquement des enfants porteurs de handicap pour établir une mixité, et faire profiter de la richesse qu’elle apporte aux tout-petits. Leur expérience était un atout, et leur permettait de rassurer les parents : « Nous savions exactement ce qu’ils pouvaient attendre de nous. » La concrétisation de leur projet s’est faite au bout d’une année de réflexion.

Ensemble dans un même lieu 24h sur 24
Malgré leur expérience professionnelle, la première étape a été, comme pour tout futur assistant maternel, celle de la demande d’agréments. Ils ont eu la visite à leur domicile d’une puéricultrice, puis passé un entretien avec la PMI (Protection Maternelle Infantile). Trois mois plus tard, leur projet prenait vie : « On a eu un retour du conseil départemental de la Somme qui nous a informés que nous avions obtenu l’agrément pour 4 enfants chacun. Puis nous avons suivi tous les deux la formation obligatoire de 120 heures, afin que nous puissions commencer à exercer en tant qu’assistants maternels en même temps » se souvient le couple. Leur maison est donc devenue la fois leur domicile et leur lieu de travail. Le couple est solide mais mettre en place ce grand projet et se faire à cette nouvelle vie a été difficile. Malgré leur formation d’éducateur, ils s’étaient jetés dans l’aventure sans vraiment connaître le monde de la petite enfance. Et gérer l’administratif  n’est pas non plus toujours aisé ! Emilie analyse : « Il faut bien mûrir son projet en amont. Mais une fois que l’aménagement de la maison est fait, tout s’enchaîne. Et si on choisi de travailler en couple, c’est important d’être transparent. Nous, on se dit tout. »  

Leur pédagogie : autonomie et respect des rythmes de chacun
Après avoir rencontré ce couple, on comprend que devenir assistants maternels, pour eux, c’est le « projet d’une vie ». Chez eux, tout est conçu pour les enfants qu’ils accueillent. Les lave-mains sont à la hauteur des petits, et, un peu malgré les recommandations de la PMI, les parcs sécurisés sont délaissés. Ici, on est davantage pour la motricité libre. Les enfants disposent de 80m2, qui leur sont totalement réservés. Ils sont libres de leurs mouvements, de leurs activités, et ne sont en aucun cas bridés par des consignes strictes. Il s’agit de laisser les enfants découvrir leur environnement et faire leurs propres expériences. Chez Emilie et Fabrice, chacun s’épanouit à son rythme.
Aujourd’hui, ils accueillent cinq enfants, âgés de 9 mois à 5 ans. Rien n’est laissé au hasard. L’organisation est précise et toujours dans l’intérêt des petits : « on a choisi de ne pas garder d’enfants en périscolaire pour suivre le rythme et le développement de chacun, ce qui est difficile si l’on a des trajets à effectuer entre les écoles de chaque enfant, et à des horaires différents » précisent-ils. Au-delà de trois ans, le couple ne garde donc que des enfants porteurs de handicap. C’est ainsi qu’ils ont pris en charge un petit garçon autiste de cinq ans, pour qui les relations avec les autres enfants n’ont pas été aisées : « malheureusement, le contrat va bientôt s’arrêter. Il a beaucoup de mal  à vivre en collectivité, donc cela devient difficile pour lui et pour les autres enfants, » regrettent Emilie et Fabrice qui ne se découragent pas pour autant. Ils recherchent d’ores et déjà à accueillir un autre entant porteur de handicap, mais ils confient qu’ils ne prendront pas en charge plus de deux enfants dans ce cas : « nous devons rester professionnels et garder une homogénéité dans le groupe, et un bien-être général. » S’ils tiennent à leur accueil mixte, leur priorité reste l’épanouissement de chaque enfant.
Article rédigé par : Marie Pays
Modifié le 11 août 2017