Emmanuel Pierre, aujourd’hui assistant maternel, après 32 années dans la restauration

Une reconversion professionnelle, c’est possible à tout âge ! La preuve avec Emmanuel Pierre, 53 ans, assistant maternel depuis 3 ans à Pornichet (Loire-Atlantique). Cet ancien de la restauration a en effet quitté l’établissement dont il était directeur et dans lequel il a travaillé 22 ans pour se consacrer à la petite enfance. Un secteur qui ne lui était pas totalement étranger puisque sa femme est elle-même assistante maternelle. 
Un problème de santé à l’origine de sa reconversion 
La restauration, c’était toute sa vie. Il y est resté 32 ans. Mais la pression de plus en plus lourde et de plus en plus difficile à supporter contraint Emmanuel à quitter la profession en 2018. Pendant un an et demi, il est en arrêt maladie. Durant cette période, il décide d’effectuer un bilan de compétences. « Il n’y a pas beaucoup de métiers dans lesquels je me projetais, confie Emmanuel. Je savais ce que je ne voulais plus, notamment un supérieur hiérarchique ». La petite enfance vient naturellement à lui. « A cette époque, ma femme, assistante maternelle, était en train de créer une Mam. Elle m’a encouragé à essayer, à devenir assistant maternel à domicile. Et comme, j’ai toujours été entouré d’enfants (ndlr : de plus grands notamment puisqu’il a été entraîneur de football pendant 5 ans auprès d’adolescents de 15 ans), je me suis dit que c’était effectivement un métier qui pouvait me convenir », explique Emmanuel. Mais avant de se lancer, il se rend à une réunion d’information sur le métier au RPE. « C’était très intéressant, ils insistaient d’ailleurs sur les points négatifs pour que les personnes soient sûres d’elles avant de s’y engager. Pour ma part, cela m’a conforté dans mon choix : je n’avais plus de manager, je pouvais choisir mes propres horaires et donc aussi mon salaire », souligne le papa de deux enfants.

Un agrément pour deux, puis trois, puis quatre enfants
Après avoir obtenu son agrément pour deux enfants, en avril 2019, Emmanuel suit la formation initiale de 120 heures (80 heures puis 40 heures). A l’issue de la formation, il passe les modules 1 et 3 du CAP AEPE. Et commence à accueillir des enfants dès septembre 2019. Pendant la crise sanitaire, Emmanuel accepte d’avoir plus de tout-petits. La Mam de son épouse étant fermée, il accueille ainsi les jumeaux dont elle-même s’occupait. Il demande en parallèle un agrément pour 3 enfants que lui délivre le président du conseil départemental. « Je viens de demander un agrément pour 4 enfants qui a été accepté, mais je l’ai pris pour dépanner », indique Emmanuel. Notamment ses collègues qui partent en formation. Et en janvier, il commencera un contrat de 20h avec une 4e famille. « Lorsque l’on débute, il faut des contrats avec un nombre d’heures important pour avoir un minimum de salaire. Aujourd’hui, cette 4e place, c’est vraiment pour des contrats ponctuels ou avec peu d’heures afin de soulager les parents. Et cela me permet aussi de ne pas avoir toujours 4 enfants en même temps », précise Emmanuel. 

Un assistant maternel dynamique et impliqué
Si le fait d’avoir quitté la restauration a été compliqué, Emmanuel est aujourd’hui satisfait et épanoui dans son nouveau métier. « Ce n’est pas un travail comme un autre, nous avons une vraie responsabilité car les parents nous confient leurs enfants », souligne Emmanuel. Et poursuit : « Je partage beaucoup de choses avec eux, je les vois évoluer, c’est super enrichissant. » Et s’il apprécie de travailler chez lui, il ne manque pas de se rendre au RPE et de participer aux sorties organisées. « La Mam de ma femme a fondé une association « Le jardin des nounous ». Trois lundis par mois nous faisons une activité avec les enfants dans une salle prêtée par la mairie. C’est vraiment important de ne pas rester seul tout le temps chez soi, c’est bien de pouvoir échanger avec d’autres assistantes maternelles, de parler du métier », affirme Emmanuel. Dernièrement, il a même participé en tant qu’intervenant à une réunion d’information consacrée à la profession d’assistante maternelle organisée par la ville de Pornichet. A cette occasion, il a pu relayer son parcours, qu’il qualifie lui-même « d’un peu atypique ». Peut-être aura-t-il fait naître des vocations ou des envies de reconversion…
Article rédigé par : Caroline Feufeu
Publié le 18 octobre 2022
Mis à jour le 18 octobre 2022