Parcours professionnels

Florence : cette ancienne "mauvaise élève" a gravi tous les échelons de la filière Petite Enfance !

Sa vie professionnelle est exemplaire. Au sens propre du terme. Son parcours peut redonner le moral à tous les recalés du système scolaire ! De petites victoires en plus grandes victoires, cette ex-rebelle comme elle se définit, a mené joliment sa carrière professionnelle. Mieux, elle lui a donné un sens. Car jamais Florence Bouillet,  aujourd’hui responsable Petite Enfance chez Maplaceencrèche, ne s’est reposée sur ses lauriers. La routine, très peu pour elle !
Florence-Bouillet-Petite Enfance
Est-elle idéaliste ou fait-elle juste partie de ces gens qui ont besoin de se sentir utiles et de donner du sens à leur vie ? Un peu des deux sans doute. Ce qui est sûr, c’est que Florence Bouillet,43 ans, est courageuse et qu’elle a de la suite dans les idées. Tout commence sur un échec. A  la fin de sa première ES (quelques semaines avant de passer le bac français), elle plaque tout. Ses parents ne s’effraient pas. En revanche, ce qu’ils veulent c’est qu’elle ne reste pas inactive.  « Dans ma famille, on a la culture du travail » explique- t-elle fièrement. Quitter le lycée en première ? « J’étais un peu rebelle. Je voulais refaire le monde. Le système scolaire ne me correspondait pas. Trop d’injustices. Je n’avais pas envie, j’ai baissé les bras. »

Le CAP Petite Enfance, une première marche qui change tout
Florence va faire les cantines, les sorties d’école et les centres aérés de l’école de sa commune d’ Eure et Loir  (Tréon). A l’époque elle bénéficie de ce que l’on appelle un CES, un contrat emploi solidarité. On ne travaillait pas  à temps plein pour parallèlement pouvoir se former. Sur les conseils du directeur de l’école, elle prépare en candidat libre le CAP Petite Enfance. « C’était la première année de ce  CAP et à l’époque on nous le présentait comme destiné à qualifier les agents d’entretien en crèche. On  me l’avait vendu comme un diplôme d’avenir, le point d’entrée dans les crèches ». Le monde de l’enfance l’intéresse (elle a une petite sœur de 14 ans sa cadette), elle se dit pourquoi pas. Elle a 21 ans, quand elle obtient son CAP, son premier diplôme ! Pour cette  ancienne mauvaise élève, qui a redoublé deux fois, c’est une révélation. « Je me dis, hourra, j’ai réussi. Moi qui étais en échec scolaire, j’ai le CAP Petite Enfance haut la main avec 19 en allemand que j’avais pris en option. » Elle n’en revient pas … et compte bien ne pas s’arrêter là. Ce « petit » diplôme représente une grande victoire pour Florence. A partir de là, tout change, car elle reprend confiance en elle, découvre le plaisir d’apprendre, se sent valorisée par sa réussite et se dit pourquoi ne pas continuer...

Beaucoup de volonté, de travail et de professionnalisme
« Prudente, je regarde le diplôme juste au-dessus dans la filière. C’est auxiliaire de puériculture, je décide de préparer le concours d’entrée à l’école tout en gardant des enfants. J’ai choisi celle de Boulogne, la plus proche (enfin la moins loin) de Tréon. C’est à Jules Marey, une nouvelle filière, il n’ y a que 16 places. » Elle détestait l’école mais va prendre goût aux  concours et challenges !  Elle réussit l’examen. Mais  et dit-elle « c’est souvent revenu dans ma vie professionnelle, le directeur de l’école ne veut pas de moi. Motif : j'habite trop loin. Il y a une chose que les gens ne savent pas, c’est que quand on habite loin, les transports  et les longs trajets on a l’habitude, ca ne nous fait pas peur.»  Elle se fait persuasive, le directeur cède. Elle suit sa formation à Boulogne et remporte sa deuxième victoire car la sélection avait été sévère. Son diplôme en poche, Florence cherche du travail. Elle est embauchée dans une crèche municipale de Versailles qu’elle doit quitter assez vite pour pouvoir être titularisée. Elle part donc exercer dans une crèche municipale d’Orsay. Temps calme. Florence se pose et progresse via la formation continue. « Au bout d’un moment explique-t-elle je me rends compte qu’ayant acquis plus  de compétences, j’empiète sur le travail des autres. Je ne me sens plus à ma place. ». Il est temps de changer.

 A 28 ans, elle retourne à l’école et devient EJE
Pas une seconde Florence n’envisage de passer par la VAE pour devenir Educatrice de jeunes enfants (EJE). « J’avais envie de retourner à l’école dit - elle. J’avais soif d’apprendre. Depuis que j’avais compris que quand les choses m’intéressaient je pouvais réussir, j’y avais pris goût ! » Troisième victoire et pas des moindres : la voilà à 30 ans, titulaire d’un diplôme d’EJE. Elle enchaîne, en 2003, sur un poste dans un multi-accueil d’Orsay. « L’un des premiers multi-accueil à se créer .Je ne me retrouve pas dans ce mixte crèche-halte garderie. Je cherche autre chose. »
Retour en Eure et Loir (fini les transports !) pour une expérience très forte  dans un centre maternel. Elle est la seule EJE, y reste 4 ans, apprend tout de l’accompagnement à la parentalité grâce à une cheffe de service formidable, créative qui faisait tout maintenir le lien mère/ enfant.   « C’était super, mais éprouvant. Et je me suis dit qu’il fallait que je commence à chercher autre chose avant de craquer. » Florence met son CV en ligne  et commence une autre tranche de vie professionnelle avec Babilou. Elle postule pour un poste de directrice adjointe, est recrutée pour un poste de directrice et a du (mais c’est une habitude) batailler pour faire comprendre que 5h de trajet quotidien , elle savait gérer ! Car effectivement Tréon – Rueil Malmaison …  ce n’est pas franchement à côté ! C’est à cette époque qu’elle rencontre son patron actuel, qui, alors coordinateur de crèches chez Babilou, lui « apprend le métier de directrice, le management, l’administratif. » explique-t-elle.

Deux ans à la tête de « sa crèche » : le bonheur !
Sa direction lui propose d’ouvrir une crèche. Première bonne nouvelle : fini les 5h de transports. Deuxième bonne nouvelle : elle est aux commandes de A à Z. C’est son projet. Elle choisit tout : l’équipe, le matériel, le positionnement éducatif … « Le rêve de ma vie ! s’exclame-t-elle. Ouvrir une crèche, ma crèche. Dans ma crèche, j’avais décidé qu’on ferait tout ce qui ne c’était jamais fait » poursuit-elle  un brin provocatrice. En fait, dans sa crèche, on donne une vraie place aux parents. Ce n’est pas à eux de s’adapter à l’équipe mais l’inverse. Ils sont acteurs de la crèche. « On ne se substitue pas eux précise –t-elle .On respecte leurs choix. J’ai adoré cet accompagnement  des parents »
Au bout de deux ans, deux ans et demi, elle sent qu’elle s’épuise, qu’elle na plus le punch nécessaire : trop de turn over dans le personnel, trop de congés pas remplacés ou d’intérimaires pas assez qualifiés. La jeune femme prévient sa direction que ça ne va pas. On essaie de l’épauler … « Mais explique-t-elle, je ne sature pas de mon travail que j’aime. En revanche je ne supporte pas d’être responsable de choses que je subis, que je n’ai pas choisies. Je me sens prise au piège du système. »
Babilou lui propose alors de travailler au siège à Courbevoie où elle est chargée de l’animation des crèches partenaires. Puis gros changement dans sa vie : elle devient maman d’un petit Abel. Et au moment de reprendre le travail, pour la première  fois, le temps de transport devient un problème vu l’amplitude horaire qui lui est imposée.  Faute de trouver un accord, elle décide de partir.

Un poste sur mesure qui lui va comme un gant  
Pas question de ne pas reprendre une activité professionnelle. « j’ai toujours envie d’être utile à la société . Je veux assumer ma responsabilité dans le monde d’aujourd’hui, plus que jamais depuis que j’ai un enfant ». C’est Tanguy Desandre, le fondateur de Maplaceencrèche *, qui lui offre cette opportunité. Celui-là même qu’elle avait croisé dans ses années Babilou. Ensemble ils imaginent un poste sur mesure : elle sera la Madame Petite Enfance de la société. Cela lui va comme un gant : «  C’est une fonction transverse. Je dois  donner une vraie culture Petite Enfance  à tous les salariés de la société qu’ils soient commerciaux  ou à la communication. C’est un poste en construction. Passionnant. » Et cerise sur le gâteau : elle n’a que 45 minutes de transport, arrive tôt mais part tous les jours à 16H pour pouvoir aller chercher son petit garçon à la crèche.  
Florence Bouillet se sent bien dans son nouveau job. A sa place. Utile. En accord avec ses valeurs. Mais espiègle, elle ajoute : « Si un jour on me proposait une direction de crèche en me promettant que je ne manquerais jamais d’effectifs…Je replongerais tout de suite ! »

* une société de services qui aide les parents à trouver une place pour leur enfant dans une structure d’accueil collectif en jouant les intermédiaires entre  entreprises, petites ou grandes  et gestionnaires de crèches privés, associatifs ou publics.

 
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Modifié le 23 août 2017

2 commentaires sur cet article

Une promo déguisée pour Babilou...
Le manque chronique d'effectif en crèche et les Arrêts Maladie et Accidents de Travail ne se résoudra que si les entreprises de crèche (Babilou et les autres) décident de vraiment prendre soin de la Qualité de Vie au Travail (#QVT) de leurs agents avec des formations à la prévention des lombalgies et des tms de qualité (pas de formation au rabais comme c'est le cas actuellement) et des crèches qui prennent en compte le corps de l'adulte afin de soulager la pénibilité du métier. Il faut également investir dans du matériel ergonomique et ouvrir des structures ou l'architecture permette d'appliquer une ergonomie fonctionnelle au quotidien (dortoirs permettant le couchage au sol dans les trois sections, plan de change de hauteur différentes avec escaliers pour les plus grands, véritable pièce de repos, ect....) Dans l'avenir, les structures qui auront un Label Qualité auront plus de facilités a recruter et à fidéliser leurs personnel diplômé. http://www.dosetpetitenfance.fr/le-label-qualite.html A part cela, les parcours atypiques font des professionnel compétents et passionnés.