Laetitia : de la communication à la petite enfance

A 39 ans, Laetitia Guérinet démarre une nouvelle carrière à l’opposé de son ancien secteur d’activité. Bye bye la com’ et ses affres. Place à la petite enfance. Parcours.
Deux burn-out en 3 ans
Elle était chargée de com’. Une voie choisie jeune, un peu au hasard, à la sortie du BAC. Mais visiblement cet univers n’était pas fait pour Laëtitia qui fait un premier burn-out en 2012. Elle ne se sent vraiment pas bien dans son environnement de travail et elle implose. Elle reprend des études pour compléter sa formation. A elle le digital ! Elle apprend l’infographie, le community management et s’enrichit de nouvelles connaissances. Prête à relever de nouveaux défis. Elle devient maman et accouche d’une petite fille. Puis, elle reprend un poste en 2015 dans la communication dans l’univers de la grande distribution. Mais à la fin de sa période d’essai, c’est la douche froide : elle fait un deuxième burn-out. « Sur le papier, le poste était vraiment idéal. Mais dans les faits, je travaillais dans un open space majoritairement composé de filles, pas toujours bienveillantes… J’allais tous les jours travailler à reculons, avec la boule au ventre. », raconte Laetitia. Elle enchaine alors les CDD. Pour se protéger. Ne pas s’ancrer dans une équipe. Ne pas être exposée à la méchanceté.
Puis, son mari est muté dans le Nord de la France en 2016. Laetitia se met alors à chercher du travail. Toujours dans la communication. « Je n’y arrivais pas. Je n’ai même pas réussi à décrocher un entretien. Inconsciemment, je crois que ça m’arrangeait bien », avoue t-elle. Laetitia se résout alors à faire un bilan de compétences.

Un déclic en amenant sa fille à la crèche
« Quand j’ai fini mon bilan de compétences, la personne qui m’accompagnait m’a dit que le secteur de la communication n’était vraiment pas fait pour moi », se souvient Laetitia. Loin d’être un choc, c’est plutôt une phrase qui la rassure. Elle comprend enfin pourquoi ses expériences passées se sont mal déroulées. « J’ai compris que c’était la raison pour laquelle j’étais mal dans mon travail », explique- t-elle.
La com’, ce n’était pas pour elle. Mais pourquoi est-elle faite alors ? Le bilan de compétences met alors en évidence son attrait pour le social, le conseil, l’enfance… « Je n’avais aucune personne de mon entourage avec des enfants. Je ne pouvais donc pas me rendre compte que ce secteur me plaisait. C’est lorsque j’ai eu ma fille et que je l’ai accompagnée à la crèche chaque matin que j’ai eu un petit déclic », poursuit-elle.
En déposant sa fille chaque jour, Laetitia prend son temps. Elle papote avec l’équipe, fait trainer les transmissions. La raison ? Elle se sent bien dans cet environnement. « Je trouvais l’ambiance agréable. C’était comme une petite maison, un petit cocon », témoigne- t-elle. Un début de carrière se dessinait…

« C’est plus facile de gérer les crises de nerfs d’un enfant que d’un adulte »
Pôle Emploi lui conseille alors de faire un stage d’observation. Elle se met en action rapidement et demande à la crèche de sa fille si elle peut effectuer son stage chez eux. Affirmatif ! A l’issue de ce stage, elle en est convaincue : c’est un secteur qu’elle aime ! Prendre soin des enfants, jouer avec eux, être à l’écoute des familles, donner des conseils aux parents : elle est enfin dans son élément. Nous sommes en 2017 et Laetitia s’inscrit alors au CAP petite enfance, en candidat libre. Elle l’obtient haut la main, avec 17 de moyenne !
Pendant son CAP, elle effectue un stage dans la crèche Les Petites Chouettes du groupe Tambourins et Castagnettes, qui lui propose un CDD avant même d’obtenir son CAP !
Sa nouvelle voie est lancée ! Elle s’occupe des enfants : les éveiller, les changer, préparer les repas, jouer, ranger, faire le ménage. C’est qu’il faut être polyvalente dans une micro-crèche ! Les « crises de nerfs » ? Même pas peur ! « Et elles sont bien plus faciles à gérer chez les enfant que chez les adultes » s’amuse-t-elle. Ce qu’elle préfère ? Leur proposer des activités manuelles ou des parcours de motricité. « J’aime créer des choses avec eux. C’est la partie de mon ancien métier qui ressort de cette manière ici. J’avais l’habitude de travailler avec des graphistes et j’ai un côté créatif. Je suis contente de le mettre en lumière avec les enfants », analyse-t-elle. Mais ce qu’elle adore par dessus tout, c’est les voir heureux à ses côtés. « Chaque jour, ils m’apportent beaucoup de joie ! Les voir s’épanouir lors d’une activité que je peux leur proposer me remplit vraiment de bonheur », s’émeut-elle.

Un changement heureux mais quelques concessions
Quand on lui demande si des éléments lui manquent de son ancienne vie, la réponse fuse : « non ! ». Puis après un temps d’arrêt, elle ajoute tout de même qu’elle a dû faire une belle concession sur son salaire. L’occasion d’ailleurs de pousser « un petit coup de gueule » quant à ce métier « difficile et pas reconnu à sa juste valeur » selon elle. Autre point de tension : l’absence de nom pour sa fonction. Elle a eu son CAP. Mais elle n’est pas auxiliaire, ni éducatrice, ni quoi que ce soit d’autre d’ailleurs. Elle est « C. A. P ». « Pourquoi n’y a- t-il pas de titre de fonction pour les personnes disposant de ce diplôme », s’insurge -t-elle ? Elle compte d’ailleurs bien changer de « titre » en faisant une VAE (validation des acquis de l’expérience) pour devenir auxiliaire de puériculture. Une fonction qui lui permettrait de prendre des responsabilités. Mais pour cela, elle a encore besoin de quelques heures de vol !

Aujourd’hui, Laëtitia va au travail le sourire aux lèvres, elle retrouve des collègues bienveillantes et a l’impression « de retrouver des copines ». La boule au ventre est loin derrière ! Et c’est tant mieux ! L’avenir ? Elle le voit rose, avec,  pourquoi pas, l’ouverture de sa propre structure un jour. On le lui souhaite.

 
Article rédigé par : Laure Marchal
Publié le 22 avril 2019
Mis à jour le 23 avril 2019