Parcours professionnels

Laetitia : tous les métiers mènent à la …crèche !

Avec de grands yeux bleus et un large sourire qui ne la quitte jamais, Laëtitia, 32 ans, est un véritable rayon de soleil. Cette femme au tempérament incroyable a déjà vécu plusieurs vies à travers plusieurs métiers .Qu’elle a, tous, aimés. Mais celui qu’elle préfère est dans le domaine de la petite enfance. Zoom sur ce parcours original.
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Laetitia est une passionnée. Quand elle fait quelque chose, elle s’y donne à 200%. Amoureuse des langues, c’est tout naturellement qu’elle se dirige vers un DEUG de portugais et littérature étrangère. Mais pour payer ses études, elle doit travailler. La voilà embarquée dans la photographie chez Photoservice. Elle accueille les clients, développe les photos et adore ce métier. Elle poursuit ses études jusqu’en licence et demande une entrée à l’inspection académique pour devenir suppléante (institutrice remplaçante dans le privé).

Enseignante suppléante
Elle découvre alors le métier et la joie de travailler avec des enfants. « Mes plus belles années sont celles où j’exerçais en tant qu’enseignante avec les toutes petites sections. Je vivais ma classe ! », se souvient-elle. « Et c’est important de vivre son métier », ajoute t-elle.Mais comme elle se plait à le dire : « j’ai un petit défaut : j’en veux toujours plus ». Ce statut de suppléante ne lui convient plus, elle veut être titulaire du diplôme de Professeur des Écoles. Elle passe le concours et échoue… Mais sa motivation reste intacte ! Qu’à cela ne tienne, elle le repassera l’année suivante. Cependant les règles changent et il faut désormais posséder un Master pour participer au concours. Impossible pour elle de reprendre ses études alors qu’elle est déjà maman d’un petit garçon et que son conjoint vient de perdre son travail. Cette année là, elle vit aussi un heureux événement : l’arrivée d’une petite fille. La prise de conscience est totale : « je me suis dit qu’il fallait absolument que je travaille, que je n’avais pas d’autre choix. Mon conjoint s’occuperait donc des enfants et moi je partirais travailler », dit-elle dans un éclat de rire.

Un passage par la poissonnerie
Laëtitia va régulièrement au marché et elle tombe par hasard sur une offre d’emploi placardée chez le poissonnier. Enthousiaste à l’idée de retrouver un travail pour subvenir aux besoins de sa famille, elle postule et démarre sa nouvelle vie de poissonnière.
« J’ai adoré ce métier que j’ai exercé pendant quelques années ! J’étais bien payée mais les horaires sont difficilement compatibles avec une vie de famille… Je commençais à 3h du matin », se souvient-elle. Laëtitia a le sentiment de rater des moments de la vie de ses enfants. Elle se remet alors en question du haut de ses 27 ans pour trouver une alternative. Elle a tellement aimé travailler auprès des petits que l’idée d’être assistante maternelle lui vient naturellement. « Une bonne façon de vivre mon métier et d’avoir du temps pour ma famille » explique Laëtitia. Elle demande alors son agrément et l’obtient pour deux enfants (sa fille et un bébé).

Une assistante maternelle atypique
Laëtitia ne fait rien comme personne et elle s’en amuse. Elle compte bien faire de son atypisme une force. Lorsqu’elle publie sa première annonce en tant qu’assistante maternelle, elle précise « horaires atypiques acceptées ». « Le premier enfant que j’ai accueilli était un petit garçon de 3 mois issu d’un couple homoparental qui travaillait en horaires décalés. Il arrivait à la maison à 3h du matin la semaine A, et restait jusqu’à 22h la semaine B» s’amuse t-elle. Entre temps, elle décide de passer son CAP petite enfance. Mais elle ne fait rien comme tout le monde, elle le prépare en candidat libre ! Quand elle ne s’occupe pas des petits, elle potasse donc ses cours du CNED et obtient fièrement son diplôme. Pour accueillir plus d’enfants, Laëtitia décide de déménager dans une plus grande maison et change de ville. Elle se retrouve alors dans un endroit où rien n’est fait pour les assistantes maternelles. Elle qui était habituée au RAM, à échanger avec des collègues, à participer à des ateliers est complètement déçue. Rien n’existe de tel dans sa nouvelle ville. Elle se sent isolée et regrette de ne plus pouvoir parler avec d’autres professionnels de la petite enfance. Mais ce n’est pas cette déconvenue qui va l’abattre. Laëtitia décide alors de lancer son blog pour rompre son isolement. Et la voilà auteure de manounouamoi.fr ! Elle chemine et a envie de travailler avec des collègues, des animatrices, des EJE, des auxiliaires « pour découvrir davantage de choses » explique t-elle.

Sur la voie pour devenir EJE
Depuis plus d’un an maintenant, Laëtitia travaille en structure en tant qu’animatrice. Elle débute dans une micro-crèche. « C’était très bien pour commencer ! C’est comme une petite MAM. J’ai donc pu prendre mes marques, m’apercevoir que j’étais capable de travailler avec d’autres collègues, de mener des projets à bien… ».  Et quand on lui demande si elle a rencontré des difficultés dans ses nouvelles fonctions, sa réponse ne se fait pas attendre : « non, aucune », dit-elle presque un peu gênée… Depuis, elle a intégré une structure multi-accueil et exerce au « Jardin des Orchidées » à Tourcoing. Et elle aime toujours autant : « Comme je le dis à tout le monde, je ne vais pas travailler chaque jour, je vais m’amuser ! ». Entre temps, Laëtitia, qui en veut toujours plus, a passé le concours pour devenir EJE. Elle a eu ses écrits et attend les résultats de ses oraux. Quand on lui demande où elle sera dans 10 ans, elle répond avec un large sourire : « directrice de crèche » ! Et on n’en doute pas une minute !



 
Article rédigé par : Laure Marchal
Modifié le 15 juillet 2016