Loïc Thiriat : de boulanger à assistant maternel

C’est à Fellering, un petit village situé en Alsace, que Loïc Thiriat, la trentaine, exerce depuis un peu plus d’un an la profession d’assistant maternel. Un vrai challenge certes pour ce boulanger-pâtissier de formation, mais un pari gagnant qui lui permet aujourd’hui de mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle. 
Seize années passées en boulangerie
Ce n’est pas rien ! Loïc a travaillé 16 ans en tant que boulanger-pâtissier. « J’ai choisi cette profession par défaut car j’étais en échec scolaire. J’ai obtenu mon CAP boulanger puis pâtissier et mon BEP boulanger. Et finalement, ce métier est devenu une vraie passion. Je l’ai exercé jusqu’à mes 32 ans », confie Loïc. Pourtant, le rythme de travail, les week-ends et les jours fériés à pétrir la pâte ont finalement eu raison de son amour pour son métier, difficilement compatible avec sa vie de famille.

Une rencontre déterminante
Loïc devient papa d’une première petite fille. Il la confie à une assistante maternelle mais la retire assez vite car ça ne se passe pas très bien. Il trouve une autre assistante maternelle et c’est la révélation. « Elle était super, elle faisait un tas d’activités avec les enfants qu’elle accueillait. Et je me suis dit que si je devais dans le futur changer de métier, ce serait pour travailler avec des enfants. J’avais 27 ans à l’époque et je n’imaginais pas encore que je serais moi aussi un jour assistant maternel », explique Loïc. Puis, il devient papa pour la deuxième fois. Et se rend compte que continuer à être boulanger allait être compliqué. « Je ne voulais pas rater des moments en famille », précise-t-il. Mais Loïc se sépare de sa compagne rendant impossible son envie de se lancer dans une nouvelle profession auprès d’enfants. Il garde toutefois son idée en tête. 

Assistant familial ou assistant maternel ?
Il y a 3 ans, Loïc rencontre une jeune femme avec laquelle il se met en couple. Elle l’incite à changer de métier, « à foncer », souligne-t-il. Mais ce n’est pas vers la profession d’assistant maternel que penche son cœur. Il est attiré par celle d’assistant familial. « Toute ma belle-famille travaille dans le social (assistante sociale, éducateur spécialisé…), ma belle-mère est dans la protection de l’enfance… bref, à force d’en parler, je me suis dit pourquoi pas devenir assistant familial », indique Loïc. Renseignements pris, il se dit qu’être famille d’accueil serait peut-être trop lourd à gérer. Et se tourne donc naturellement vers le métier d’assistant maternel.

Un agrément pour 3 enfants
Loïc saute donc le pas. Il demande son agrément et commence très rapidement à travailler. « J’ai facilement trouvé mes deux premiers contrats, il s’agissait de deux frères. Mais la famille a déménagé et ensuite, j’ai mis du temps avant de retrouver de nouvelles familles, il fallait que je me fasse connaître. De fin février au 1er septembre, j’ai dû faire de l’intérim », explique-t-il. Aujourd’hui, il accueille des enfants de 3 mois à 8 ans, deux le matin et trois l’après-midi.

Un métier gratifiant avec son lot de difficultés
Loïc ne regrette en aucun cas son choix. Il est épanoui dans son nouveau métier. « Je trouve cela génial de pouvoir être aux côtés des enfants dans leur développement, leur éveil, de faire cette coéducation avec les parents. Suivre un enfant sur le long terme, faire partie de ses premières années, c’est intéressant et gratifiant », souligne-t-il enthousiaste. Et comme la boulangerie reste une passion, il ne manque pas de la faire partager aux enfants qu’il accueille. Le plus compliqué, selon lui, dans la profession d’assistant maternel ? Le relationnel avec les parents. « On n’a pas tous la même façon de faire, il faut s’adapter à chaque parent, et ce n’est pas toujours simple », confie-t-il ainsi. Mais aussi, le fait de s’occuper en même temps de plusieurs enfants d’âge différent. « Cela va mieux maintenant, j’ai pris mes marques et les enfants aussi ! », indique-t-il.

Le CAP AEPE, l’objectif de Loïc
« Mon but, c’est d’avoir le CAP AEPE et de faire des formations avec le RPE. J’aimerais vraiment me professionnaliser », explique le jeune assistant maternel qui estime la formation initiale trop légère. « On ne nous parle pas assez de la solitude qui est très présente dans ce métier, on ne nous donne pas de clés, on n’a pas assez de mises en situation. Par exemple, lorsque j’ai commencé à travailler, les deux enfants que j’accueillais étaient malades. Je me suis trouvé démuni. 80 heures, ce n’est vraiment pas suffisant », fait-il ainsi remarquer. A bon entendeur…
Article rédigé par : Caroline Feufeu
Publié le 03 janvier 2023
Mis à jour le 03 janvier 2023