Mathieu Devineau, EJE, 28 ans et bientôt à la tête de sa micro-crèche

Cela faisait des années que Mathieu Devineau, EJE, aujourd’hui âgée de 28 ans, avait dans l’idée de monter sa structure. Dans quelques mois, ce sera chose faite. Sa micro-crèche située à Sainte-Luce-sur-Loire (44) devrait ouvrir ses portes en mai. Un beau projet qui lui a demandé patience et persévérance.
A la découverte des métiers de la petite enfance lors d’un salon
Si Mathieu Devineau confie : « lorsque j’allais chercher ma petite sœur à la crèche, les professionnelles me faisaient remarquer que j’avais un bon contact avec les enfants », c’est vraiment lors d’un salon des métiers qu’il a pu découvrir la « petite enfance » grâce à une auxiliaire de puériculture présente sur place. « En 6e, je me suis rendu à un salon des métiers. Il y avait une auxiliaire de puériculture qui ma présenté différents métiers de la petite enfance dont celui d’EJE. Nous avons beaucoup échangé ensemble et elle m’a dit qu’elle pensait que je pourrais travailler dans ce secteur », explique Mathieu. Renseignements pris, le jeune homme comprend que sa voie est toute trouvée : il sera EJE. Après un Bac ES, un concours, il intègre une école pour le préparer au métier d’EJE.

Être un pro de terrain avant de créer sa structure
« Dès ma première année de formation, j’ai su que je voulais avoir ma propre structure. En me renseignant, j’ai compris que monter une crèche, ce ne serait pas forcément possible en tant que personne privée lambda mais qu’une micro-crèche, ce serait plus accessible », souligne Mathieu. Pour autant, hors de question de brûler les étapes. « Avant de me lancer, il fallait vraiment que je sois un professionnel de la petite enfance, que j’aille sur le terrain », précise-t-il. En 2016, il obtient son diplôme d’EJE et fait ses premières armes dans une crèche privée d’un grand groupe. 

Une envie d’évoluer rapidement
Cette première expérience se passe bien, selon le jeune diplômé. La structure était récente, « il y avait une montée en puissance ». Et poursuit : « Lorsque l’on est EJE en structure, on est appelé responsable d’unité. Pour moi, cela s’apparente à un poste d’adjoint. » Lors de l’entretien annuel, avec le directeur de la structure, Mathieu lui fait part de son envie de participer à un programme de formation interne pour évoluer vers un poste d’adjoint. Son directeur trouve qu’il est trop jeune pour cela. Mais Mathieu n’en démord pas, il veut être adjoint. Ce sera dans une crèche de 65 berceaux à Paris. Une expérience très formatrice, d’autant plus qu’au bout d’une semaine, la directrice quitte la structure et qu’elle ne sera remplacée que 3 mois après. « J’ai occupé les deux postes pendant quelques mois, accompagné par une coordinatrice. C’était une super expérience, l’équipe était très compétente. J’ai commis des erreurs mais c’était formateur et bénéfique », indique Mathieu. Et lorsque la remplaçante arrive, c’est Mathieu qui l’accompagne à sa prise de poste. Elle ne reste que peu de temps. Une autre directrice prend sa place. « Elle connaissait et maîtrisait son poste de A à Z. J’ai pu reprendre ma place d’adjoint. Elle m’a bien formé ! », affirme-t-il.

Des postes de direction
Avec toujours l’idée de monter son propre établissement, Mathieu accepte par la suite un poste de directeur de deux multi-accueil puis quitte cet emploi pour travailler sur l’ouverture d’une crèche en DSP pour la ville de Paris, située dans le 12e arrondissement sur le site de l’hôpital Trousseau. « C’était très intéressant de recevoir les candidats, les parents, de créer le projet pédagogique. Le poste de direction que j’ai occupé pendant un an et demi était très enrichissant mais, souligne-t-il, je l’ai quitté pour suivre ma compagne, aussi EJE, qui avait une opportunité professionnelle sur Nantes. »

6 ans après être diplômé, le rêve va devenir réalité
Mathieu commence par chercher un poste dans un EAJE mais le marché du travail est tendu. C’est le moment donc selon lui pour réaliser son rêve : avoir sa propre micro-crèche. Mais ce n’est pas si facile que cela. Par quoi commencer ? « J’ai pris contact avec des personnes qui avaient créé leur propre micro-crèche. J’ai reçu des propositions d’accompagnement mais cela faisait trop consulting à l’américaine. J’ai fini par tomber sur « Poupischool », une formation pour créer sa micro-crèche », explique Mathieu. S’il se demande au début si cela vaut vraiment le coup de payer une formation, il saute le pas et n’est pas déçu ! Cocahing, vidéos, entraide entre les participants… grâce à cette formation, Mathieu finalise son projet. Le local est trouvé, c’est une maison, située à Sainte-Luce-sur-Loire et les travaux vont bientôt commencer pour une ouverture si possible mi-mai ou au plus tard en septembre prochain. Et, lorsqu’on lui demande, si être un homme en petite enfance, c’est plutôt un atout ou inconvénient, il répond : « A part quelques petites anecdotes, lors d’un de mes stages par exemple, on m’avait demandé de ne pas être seul avec un enfant en salle de change, au quotidien, je n’ai vu aucune différence d’être un homme ou une femme. »
 
Article rédigé par : Caroline Feufeu
Publié le 24 janvier 2022
Mis à jour le 24 janvier 2022