Parcours professionnels

Raphaëlle : de l’édition à la micro-crèche

Entre l’édition d’ouvrages scientifiques et scolaires et la micro-crèche, il y a un sacré univers. Et pourtant, Raphaëlle et Sandrine ont osé se lancer dans cette nouvelle aventure humaine. Non pas sans encombres. Mais pour leur plus grand bonheur.
Raphaelle, gestionnaire de micro-crèche
Changer de métier, sa seule certitude
Raphaëlle a une âme d’entrepreneure. Mais elle ne s’en était pas rendue compte. Pourtant dès le début de sa vie professionnelle, alors même qu’elle est en poste, elle crée en parallèle sa propre petite maison d’édition. Les livres, c'est son truc. Le projet s'arrête au bout de deux livres, par manque de temps et d'expérience. Mais une dizaine d’années plus tard, elle s’aperçoit qu'elle tourne en rond et se met à rêver d’une autre vie professionnelle. Ce qu’elle veut désormais c’est être à son compte. Mais que faire ? Elle ne sait pas vraiment. Elle pense évidemment à une librairie mais se rend vite compte qu’il sera difficile d’en vivre. Alors qu’elle est toujours employée comme éditrice, Raphaëlle accouche de son premier enfant et se heurte à une nouvelle réalité : la garde de son fils. Elle ne trouve pas de crèche pour l’accueillir et commence peu à peu à s’intéresser à cet univers. « J’avais une idée très idyllique du secteur. C’était le grand boom des cafés kids-friendly ! J’imaginais alors ouvrir un espace de garde, avec café, boutique… » se souvient Raphaëlle. En faisant des recherches sur les structures d’accueil, elle découvre la micro-crèche. « J’ai vite compris qu’ouvrir un multi-accueil n’était pas possible du fait des prix du foncier. En revanche, lancer une micro-crèche qui nécessite moins de mètres carrés était jouable », poursuit-elle. Et voilà comment l’idée germe dans sa tête.

Deux jobs pendant un an
En creusant davantage le sujet, Raphaëlle s’aperçoit vite que le concept boutique-crèche-café ne sera pas possible, trop compliqué par rapport à la réglementation du secteur d'accueil de la Petite Enfance. Mais il en faudrait plus pour l’arrêter ! Raphaëlle sait qu’elle peut au moins ouvrir une micro-crèche et va tout faire pour la réaliser. Elle cumule alors deux jobs pendant un an : éditrice, le jour, entrepreneur le soir et le week-end. Et accouche de son deuxième enfant. Elle quitte son poste et  se met en quête d’un local qu’elle trouve fin 2011, soit un an après avoir eu l’idée de créer sa micro-crèche.
Entre temps, Raphaëlle a réussi à convaincre une collègue et amie de tenter l’aventure avec elle. « Même si l’idée était personnelle, j’ai toujours su que je ne voulais pas me lancer seule. Je considère que deux cerveaux valent mieux qu’un », assure t-elle. Et voilà comment Sandrine, ex-éditrice également, rejoint l’aventure.

Des galères et des erreurs de débutantes
Le local et l’associée trouvés, Raphaëlle prépare son business plan qu’elle présente aux banques pour une demande de prêt. « Et là, ô miracle, on me dit « oui » », rit-elle. Tout se passe bien… Mais les galères commencent. Elles déposent leur demande d’agrément à la PMI et commettent des erreurs de débutantes. « On a commencé les travaux dans le local trop tôt par rapport à la procédure de la PMI », précise t-elle. Il a donc fallu tout mettre en stand-by, revoir les plans etc.  Avec du recul, elle se dit : « si j’avais su toutes les galères que j’allais devoir affronter, je ne suis pas sûre que je me serais lancée. Il faut une certaine dose d’innocence, de naïveté, d’inconscience pour oser. C’est très important sinon on ne le fait pas. Et j’aurais eu bien tort ! ».
Neuf mois plus tard, la crèche La Marmotière ouvre ses portes à Paris dans le 9ème arrondissement. Nous sommes en septembre 2012. Elle est immédiatement remplie ! « Nous avions mis des panneaux d’affichage pendant les travaux et ça a suffit à faire notre publicité », se remémore t-elle. Ca a été la première bonne surprise ! La deuxième, c’était le recrutement, qui s’est révélé facile. « Nous avons très vite trouvé et inclus dans notre projet la directrice, éducatrice de jeunes enfants. Comme nous n’étions pas de ce milieu, nous voulions absolument avoir quelqu’un sur qui nous appuyer ». Une bonne façon de procéder puisque la professionnelle de la petite enfance les aide non seulement pour le recrutement des équipes mais aussi pour la mise en place du projet pédagogique qui doit être joint dans la demande d’agrément.

Un nouveau projet en tête : un livre adapté aux 0-3 ans
Mais un défi n’était pas suffisant pour cette serial entrepreneure puisqu’en trois ans, elle ouvre 2 crèches supplémentaires toujours dans le 9e arrondissement. Un moyen de mutualiser certains coûts et de créer des synergies d’équipes.
Et un projet en appelant un autre, Raphaëlle renoue avec ses premières amours en lançant un livre parfaitement adapté aux enfants accueillis en structure. « Je me suis rendue compte en observant les professionnels de la petite enfance que les éditeurs passaient complètement à côté de leur cible. J’avais plusieurs idées de livre en tête et un jour, j’ai regardé comment une pro proposait les comptines aux enfants. Elle inscrivait le  texte sur une fiche cartonnée au recto et découpait dans un catalogue une image en lien avec la comptine qu’elle collait au verso. Et plastifiait le tout. Même les petits de 6 mois pouvaient alors choisir la comptine qu’ils voulaient en pointant du doigt l’image. J’ai trouvé ça absolument génial ! » s’exclame t-elle.  Voilà comment le dernier bébé de Raphaëlle est né. Elle a alors lancé une campagne sur Ulule pour soutenir son livre. Un joli projet qui fait le pont entre ses deux vies professionnelles.
Article rédigé par : Laure Marchal
Modifié le 05 mai 2017