Stéphane Beaujeault, gestionnaire de micro-crèches : les valeurs humaines avant tout !

Cela fait trois ans que Stéphane Beaujeault, 45 ans, a rejoint le secteur de la petite enfance. Animé par l’envie de vivre quelque chose de sain, une belle aventure humaine, il a monté une première micro-crèche, puis une deuxième dans les Hauts-de-Seine. Un pari qui s’est révélé gagnant pour le quarantenaire qui exerçait auparavant dans l’ingénierie informatique. 
Du développement de systèmes informatiques à la petite enfance
Après avoir travaillé une vingtaine d’années dans des entreprises telles que Canal + et Universal où il a entre autres développé des applications et dait de la gestion de projets, Stéphane Beaujeault a souhaité changé de vie professionnelle. « J’avais envie d’être plus dans l’humain. Et l’occasion m’en a été donné quand l’entreprise pour laquelle je travaillais a cessé toute activité. On nous a proposé une rupture conventionnelle collective. C’était l’opportunité pour moi de trouver ce que j’avais envie de faire », indique-t-il. Et poursuit : « Dans ce plan de départ, il y avait un accompagnement pour les créateurs d’entreprise et un accompagnement aussi pendant 4 mois par un cabinet qui nous aidait à trouver notre orientation professionnelle. Très vite l'entreprenariat et le secteur social se sont imposés à moi. » Stéphane creuse dans cette voie et finalement échange avec le père d’un ami qui a plusieurs structures d’accueil du jeune enfant. Le projet le séduit d’autant plus qu’il a une petite fille de 3 ans et qu’il a lui-même rencontré des difficultés pour obtenir une place en crèche. Toutefois, Stéphane ne s’emballe pas et veut s’assurer que le projet est viable.

Le besoin d’être accompagné
Avant de se lancer, Stéphane commence par une formation « Comment créer sa structure en 6 mois ». Si les quelques jours que dure la formation l’aident à comprendre les interactions avec la mairie, la PMI, les parents et les professionnels, il se rend vite compte que, n’étant pas du milieu, et seul, il ne pourra pas monter en 6 mois son projet. « Si créer sa structure en si peu de temps me paraissait impossible, je ne pouvais pas non plus attendre deux ans avant de voir le projet aboutir. Financièrement, ce n’était pas possible », confie-t-il. Stéphane cherche une solution. Elle vient d’une personne qu’il rencontre lors de la formation création d’entreprise qu’il effectue. « Cette personne m’a mise en relation avec Jimmy Dacquin, le fondateur du réseau de micro-crèches en franchise Ô P’tit Môme. Avec Jimmy Dacquin, nous avons échangé au téléphone, et j’ai tout de suite vu que nous avions les mêmes valeurs. J’ai signé avec lui en 2019. J’ai trouvé un local en septembre 2019 et nous avons ouvert à Clamart en mai 2020, au lieu de mars en raison du confinement. Et en septembre 2021, j’ai ouvert ma seconde micro-crèche, à Châtillon, cette fois », explique Stéphane. Il ajoute : « ce qui m’a convaincu dans cette franchise, c’est la grande liberté qu’on nous laisse. J’ai pu par exemple choisir le nom de mes structures : Ô 3 P'tits Chats. »

Les valeurs humaines avant tout
« On n’est pas dans la rentabilité à tout prix. Dans certaines structures, lorsqu’un contrat entreprise est signé des parents peuvent perdre leur place et ont seulement un mois pour trouver un autre mode d’accueil. Nous, on ne fait pas ça, ce n’est pas notre vision des choses. Quand on a commencé à accueillir des enfants, on continue jusqu’au bout. Ces familles deviennent ainsi prioritaires aux contrats d’entreprise », insiste Stéphane Beaujeault. Il admet aussi que s’il partage son temps entre les deux structures et qu’il télétravaille également, sa « plus grande récompense est de voir les enfants avec le sourire le matin. »

Le plus gros challenge : le recrutement et le management de l’équipe
A Clamart, la micro-crèche compte une AP et 3 CAP-AEPE et à Châtillon, 2 AP et 2 CAP-AEPE. Toutes sont à temps plein. Et une référente technique EJE chapeaute les deux structures. « Il est essentiel que l’équipe se sente bien. Pour cela, j’ai mis entre autres en place un système de planning attrayant afin qu’elles aient un maximum de flexibilité et de temps pour elles en dehors de la crèche. Et puis, j’ai un management communicatif, bienveillant », précise-t-il. Cette belle équipe, Stéphane en est fier. Pour autant, il reconnaît que le recrutement n’est pas chose aisée (il faut trouver des personnes qui partagent les mêmes valeurs) même s’il a été aidé lors des premiers entretiens, de même que la gestion du personnel. Il a connu du turn over. Aujourd’hui, son équipe est stable et de fait sa structure fonctionne bien. « En tant que micro-crèche, on a une carte à jouer. Les grosses structures sont souvent assimilées à l’usine. Il y a souvent des problèmes d’effectifs, nous ce n’est pas vraiment le cas », ajoute-t-il. 

Une reconversion professionnelle réussie
Pour Stéphane Beaujeault, cette reconversion professionnelle a changé sa vie. « Cela a été une vraie chance de réussir à bifurquer, de rentrer dans le milieu de la petite enfance », affirme Stéphane Beaujeault. Et pour le futur ? « Je veux que mon projet reste à taille humaine. Peut-être que je monterai une troisième structure mais pas plus. J’aime connaître le nom de chaque enfant et le jour où je ne les connaîtrai plus, je me poserai des questions », conclut-il. 
Article rédigé par : Caroline Feufeu
Publié le 26 avril 2022
Mis à jour le 27 avril 2022