Ohé les féministes. Par Arnaud Deroo

Consultant en éducation, thérapeute et psychanalyste, auteur

enfant casse-cou
Ohé les féministes,
Venez voir du côté de la petite enfance, il y a du travail à faire ! Même si majoritairement ce sont des femmes qui accueillent, rien n'est gagné.
J’en suis dépité.
Dernièrement, en situation d'observation en crèche dans une région ensoleillée (sans jardin, hélas) voilà ce que je vois et entends  :
Théo a grimpé sur un bloc moteur, il semble ennuyé pour redescendre et Isabelle, auxiliaire de puériculture qui se trouve près de lui, lui lance : « Enfin Théo, Sophie, ELLE,  est descendue, tu vas quand même pas NE PAS DESCENDRE»
Voilà Théo, très cher Théo, entends que tu es moins intelligent que Sophie pour un garçon !

Et si on en était resté là… Que nenni que nenni !
Dans la matinée, Théo a un chagrin et comme la première humiliation ne suffisait pas, Corinne lui lance :
« Enfin Théo, t'es grand, t'es un garçon, tu vas pas pleurer »
Et toc deuxième bleu au cœur pour Théo.
Et oui chers artistes ça existe encore. PATHETIQUE. Il y a urgence à travailler sur les attitudes des professionnels petite enfance (le texte- cadre précise d'ailleurs que punition, humiliation ne sont pas à utiliser dans les structures petite enfance).
Ma matinée d'observations s'est poursuivie, je pense que j'ai été gâté ou alors elles s'étaient donné le mot !
« Tu dois prêter, Jules »
« Arrête de l'embêter, t'es une tête de mule »
Un enfant mis « hors-jeu » c'est comme ça qu'on appelle cela dans cette crèche, la mise sur une chaise pour qu'il réfléchisse. Une attitude défendue ardemment par l’EJE !
Et bien-sûr des activités à la chaîne, à la chaîne, à la chaîne.
Que se passe-t-il dans nos crèches ?
Il en va de l'intégrité des enfants, de leur estime de soi, s’il vous plaît chers artistes, amenez vos collègues à réfléchir sur tout cela.
Article rédigé par : Arnaud Deroo
Publié le 06 avril 2017
Mis à jour le 06 avril 2017