Les chroniques de Camille

Et ron et ron, petit patapon… Par Camille

Etudiant EJE

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Enfant pas content
Je suis parfois constipé lorsque viennent les jours radieux de retour à l’École. Et ce, malgré mon enthousiasme de D'Artagnan en herbe. Mousquetaire ou moustique, avec l’épée ou le dard, je pique ! Ça, c’est sûr ! « Les mouches ont changé d’âne ! »,  « Pffffff… intenable celui-là ! » diront-ils. Qu’on amène les ceintures de contention ! LOL après mûres réflexions, j’aurais dû faire Chippendales pour animer les foules. Quoique. Bac +3 en haute voltige, synchronisée entre coloriages, macramés et colliers de nouilles, ça peut lancer une carrière de bête de foire (surtout pour un homme en crèche…). Pourtant, n’est-ce pas ainsi que l’on nous voit dans le métier ? L’EJE, espèce en voie d’extinction (gros bisous Mme Schiappa), objet non-identifié, intermittent du spectacle ou décorateur d’intérieur pour certains, éleveur d’huitres ou éducateur canin pour d’autres, mais surtout empêcheur de tourner en rond… et ron, petit patapon… Et ça, je prends !

Retour devant l’encrier du pupitre. La joie des normes d’écriture. 15 pages ! Non, ce n’est pas le nombre de lignes que j’ai dû copier - privé de récréation - près de Maîtresse : « Je ne sortirai pas du cadre de la formation, je resterai bien mignon en classe ». Non, non ! Il s’agit d’une consigne d’un des écrits de la certification au DEEJE. Révérence académique ou pédagogie de la carotte et du bâton ? 15 pages mijotées avec son Pot-au-feu de règles de présentation : « Texte dactylographié ». « Police de caractères : Times New Roman ». « Taille : 12 ». « Alignement du corps de texte : Justifié ». « Interligne de 1,5 sans espacement ». « Au format 21 x 29,7 ». « Pagination avec marges à 2,5 centimètres ». Tout un plat. Aussi digeste que le tord-boyaux flambé à l’eau de Cologne de Papy. J’ai l’impression de suivre la notice de montage d’un meuble IKEA©. Reste-t-il encore de la place à soi pour oser écrire ? Se construire sa soi-disant future « identité professionnelle » ? Ou accorderait-on davantage crédit à la forme qu’au fond des productions scolaires ? Tels de braves petits Stakhanovistes, doit-on s’incliner devant la pensée commune et ne pas tergiverser devant le labeur à accomplir ? Par tradition ou snobisme scolaire on nous dira « C’est comme ça ! ». C’est bien connu, qui dit « élève » dit « ne sait pas ». Et il faut ramener dans l’enclos du pâturage les brebis galeuses… et ron et ron, petit patapon…

Alors que nous évoluons dans des études où la poussée critique est encouragée, sommes-nous tous les mêmes pour devoir ainsi écrire tous pareil ? Bientôt nouvelle réforme de la formation en IRTS… Proposera-t-on aux élèves le port de l’uniforme ? Des travaux dirigés de marche collective au son du clairon ? Jouera-t-on à « 1, 2, 3… diplôme » : tu mouftes, tu perds ! Alors que certaines écoles défendent l’autonomie de l’étudiant, l’encourageant à être « acteur de sa formation », pourquoi la relation à l’autorité professorale reste imprimée par un discours infantilisant dans la transmission de savoirs ? Étudiants de toutes les régions unissez-vous, ne soyez pas troublés par vos maîtres ! Ayez du style et désintéressez-vous du Catéchisme scolaire. Devenez vous-mêmes !

Afin d’éviter toutes retombées médiatiques et de popularité, je préfère signer « Élève x » pour cette chronique. Sagesse récompensée, Noël approchant bientôt (vite le Calendrier de l’Avent Kinder !), je ne souhaite porter ni le bonnet d’Âne, ni recevoir du charbon au fond des bottes. LOL

Il était une bergère
Et ron et ron, petit patapon
Il était une bergère
Qui gardait ses moutons…
Article rédigé par : Camille
Modifié le 30 octobre 2017