J’ai la mémoire qui flanche. Par Camille

Etudiant EJE

etudiant au travail
Improbable rencontre que celle de la maïeutique et de l’écriture. Et, pourtant, connaissez-vous le point commun entre un mémoire à dimension professionnelle et la gestation ? Le travail.

Car après-tout, le mémoire, c’est un peu notre « bébé ». Chéri, porté pendant 27 à 32 semaines, sur un stage dit long, le mémoire c’est un peu une petite grossesse. Sous son état embryonnaire, la rencontre entre la clinique du lieu de professionnalisation et la théorie, lui donne l’aspect d’un amas d’idées bouillonnantes, qui, au commencement, s’entremêlent de manière anarchique : début d’un travail vers une question professionnelle qui pose déjà, les fondations d’un paradoxe. Bien évidemment, ce paradoxe ne s’interroge pas selon l’histoire naturelle et sociale des Rougon-Macquart de Zola, mais sous le prisme du travail social et de la psychopédagogie. Exit donc la romance et la lyrique.

 En tergiversation dans l’esprit du futur EJE, ce « fœtus d’idées », prendra forme et montrera toutes ses promesses lors d’ateliers mémoire – 3, précisément – identifiables à des examens prénatals. La viabilité du mémoire à naître est vérifiée, sa bonne croissance est mesurée et orientée vers une conduite favorisant le bien-être de l’étudiant EJE enceint de son mémoire : SE FAIRE PLAISIR ! Parallèle avec le style alimentaire des futures mamans assez bien trouvé, non ? L’ordonnance mentionnera aussi : lire, rire, boire du café, beaucoup de café (et manger des cochonnailles aussi !)
 
Un mémoire qui ramène à éprouver 3 sensations qui font écho à l’expérience de la maternité : la douleur, le temps et le risque
. Car si écrire c’est « donner vie à… », l’exercice déshabille tout aussi bien qu’il engage. Écrire reste donc une prise de risque, demande du temps, et peu faire mal. Rassurez-vous, l’antalgie des piqûres de rappel de votre guidant de mémoire, l’anesthésiste, tranquillisera vos maux. Dont, l’un peut s’appeler « nombre de pages », car pondre 50 pages, ça ne se livre pas par DELIVEROO ! C’est du boulot et ça se prépare, n’en déplaise aux retardataires chroniques : les procrastinateurs. Dont un autre peut être « le doute », car en réflexion entre 2 incertitudes, au jeu du funambule qui traverse le fil tendu de la connaissance, difficile de prendre appui pour un doute plutôt qu’un autre. Pas question de se faire une encéphalite non plus !

Quant à l’instant magique de passer sur la table obstétricale, que je nommerai ici « passer devant le jury au DE », l’examen blanc, s’appréciera davantage comme une préparation à l’accouchement plus qu’une épisiotomie de sauvetage, pour que « ça passe ».
 Alors, prêt ?

Si le mémoire perfuse l’étudiant d’un récit de stage dans lequel celui-ci est branché sur une péripétie questionnée, son élaboration tient pour finalité la compréhension de son identité professionnelle : « Quel EJE suis-je devenu ? ». Souvent défini en terminus du chemin de la formation, le mémoire donne à savoir si le futur EJE est au clair avec sa pédagogie et son positionnement professionnel. 2 clés qui, ouvrent la porte du métier, et représentent bien la nomenclature de l’EJE dans le monde du travail : je vous laisse deviner laquelle ! (Non, l’EJE n’est pas un bovidé, même s’il rumine souvent).

    De mon côté, je retourne en pâturage, et vous parlerai la prochaine fois, de l’affectivité et de la distance professionnelle en Protection de l’Enfance, sujet nourri par mes péripéties en pouponnière : mon actuel lieu de stage pour le mémoire. Arrivederci !
Article rédigé par : Camille
Publié le 08 novembre 2018
Mis à jour le 08 novembre 2018