La plastifieuse est devenue par ma meilleure amie. Par Julie Marty-Pichon

EJE, professeur des écoles

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petite fille fait du découpage en classe maternelle
7 semaines que j’exerce mon nouveau métier de professeure des écoles. Le stress des premières semaines a laissé place petit à petit au plaisir d’être en classe.

Tout ce que j’avais prévu ne se fera pas, on m’avait prévenue ! Mais quel bonheur de voir les progrès des enfants, de voir se concrétiser mon projet sur la compréhension des émotions et surtout de me sentir pleinement à ma place.
Les vacances scolaires d’automne arrivent à grand pas. Et en toute sincérité, vivement !
Pas que je sois sur les rotules mais simplement que mon cerveau a besoin de repos pour envisager toute la préparation de la deuxième période (du retour des vacances d’automne à Noël).
Il ne s’agit pas en effet de partir au bord de la mer siroter des cocktails. Pas du tout ! Un professeur des écoles est certes 24h en présence avec ses élèves dans la semaine mais à cela il faut ajouter les heures d’APC (Aide pédagogique complémentaire), les réunions d’équipe mais surtout la PREPARATION.

Parlons-en ! La plastifieuse est devenue ma meilleure amie. Si en maternelle, il n’y a pas tout le travail de correction comme en élémentaire, il y a beaucoup de préparation de matériel : recherche, impression, récupération, découpage, plastification …
Arriver avant la classe, partir bien après la fin de la classe, revenir le dimanche après-midi à l’école pour être au calme parce qu’à la maison je n’ai pas de vrai bureau ni toutes les affaires de classe à ma disposition.
Il n’est pas question ici de me plaindre mais bien de constater que les enseignants font bien leur 35h par semaine et souvent plus, je n’en doutais pas à vrai dire. Les vacances scolaires sont alors non seulement bénéfiques pour les enfants comme pour les adultes.

Je pense d’ailleurs, je l’ai toujours pensé en fait, qu’il devrait en être ainsi pour tous les professionnels du lien, de la relation à l’autre. Ces coupures régulières permettent de se ressourcer, de mettre son cerveau en « pause » des relations pour mieux revenir après auprès du public.
Je l’avais d’ailleurs expérimenté dans l’une des premières crèches que j’ai dirigé : une semaine de congés à Noël, une en février, une en avril et 3 en été. Rien que ça c’était déjà très bénéfique. Et cette structure fonctionne encore comme ça aujourd’hui.
Accompagner l’Autre, l’enfant que ce soit dans ses apprentissages scolaires ou son éveil au monde est un métier passionnant mais qui demande une grande disponibilité physique et psychique. N’oublions pas que pour pouvoir prendre soin des autres, il faut avant tout prendre soin de soi.
Article rédigé par : Julie Marty-Pichon
Publié le 11 octobre 2020
Mis à jour le 11 octobre 2020