Créativité et inventivité : des ressources à développer ! Par Monique Busquet

Psychomotricienne

Créer, c’est faire du nouveau, c’est explorer des possibles. C’est chercher, initier, expérimenter. C’est accueillir et écouter des nouvelles idées, se laisser être inspiré.  C’est aussi transformer, assembler ou recomposer à partir d’éléments déjà existants, loin du « copié-collé ».  C’est se décaler des modèles à suivre. C’est faire différemment, à sa façon, sans simplement reproduire ou recopier tel. C’est oser être hors modèle et hors sentiers battus.

Cette capacité d’inventivité est une grande richesse dans notre vie, une qualité si belle et si utile. Elle permet de s’adapter, de faire face à ce que la vie nous apporte, d’inventer solutions et stratégies pour contourner et dépasser les obstacles.  C’est à la fois savoir faire du neuf et quand du nouveau arrive, pouvoir agir et réagir de façon constructive. C’est, à tout âge, une source précieuse de progrès et de vitalité.
C’est par exemple, savoir utiliser les objets de façon libre et variée, et non celle attendue par le fabricant. C’est peindre avec les couleurs de son choix, les arbres en bleu, le ciel en vert, pourquoi pas ? C’est oser inventer soi-même des recettes de cuisine, modifier les paroles de chansons, aménager et réaménager ses espaces, créer de nouveaux jeux, adapter des règles, selon ses besoins et ses envies.

Cette créativité est présente chez le jeune enfant. Celui-ci cherche et innove de lui-même, à tout moment pour bouger, manipuler, jouer… Il sait spontanément inventer. C’est ce qui lui permet de grandir. C’est sa force et son moteur, si utiles dès les premières années et tout au long de sa vie, pour pouvoir apprendre, inventer, avoir des idées, être curieux, s’adapter.
Et vous, que voyez-vous, que pensez-vous de la force de créativité des enfants ? Vous en émerveillez-vous souvent ? Avez-vous tendance à la soutenir et la développer ou plutôt la freiner et la restreindre ?
Il est vrai aussi que cette inventivité peut venir nous déranger. Parfois, voire souvent, il serait plus simple pour l’adulte que l’enfant fasse comme cela est attendu, comme cela lui est demandé. Les adultes ont bien souvent en tête que l’enfant doit avant tout apprendre à recopier, décalquer, à faire pareil. Ils ont eux-mêmes été élevés ainsi, ils ont intériorisé le devoir d’obéir aux modèles, de suivre strictement des consignes. Et pourtant, il est si riche de pouvoir faire différemment. Les bonnes idées, les solutions et résolutions de problèmes se trouvent souvent en dehors des cadres établis. L’inventivité est un trésor à protéger, à mettre en valeur d’autant plus qu’elle est particulièrement difficile à reconstruire, à libérer, lorsqu’elle a été trop restreinte, voire « interdite ». Au risque de vous choquer, j’ai envie de vous partager que le trop d’obéissance est un vrai frein !

Bien sûr, il est important de savoir suffisamment obéir et rester dans les cadres de ce qui est attendu. C’est ce qui est demandé en grande partie aux enfants à l’école, ainsi qu’aux adultes dans leur pratiques professionnelles.  Il est indispensable d’apprendre et d’intégrer ce minimum d’obéissance, dans le respect de l’autre, du vivre ensemble, des interdits fondamentaux. L’enfant, comme l’adulte doit savoir rester dans le rang. Mais en parallèle, il me semble aussi important qu’il sache s’autoriser à être « hors du rang », à défricher de nouveaux chemins, avoir des initiatives, expérimenter différemment.
C’est un équilibre certes difficile à trouver, qui demande de faire preuve d’une certaine liberté, liberté intérieure, liberté de penser, de rêver, d’imaginer, de fantaisie et d’audace, pour oser aller en dehors des sentiers battus (et toujours dans le respect des autres). Nous y sommes souvent peu préparés.

Cette créativité, est pour les enfants comme pour les adultes, un besoin, une ressource et une force. Elle est source de plaisir, de détente et de bien-être, une grande aide pour faire face au stress. C’est aussi une qualité de plus en plus recherchée et encouragée dans de nombreux domaines professionnels.
Plaisir des sens, des yeux, des oreilles, des mains, du corps. Plaisir de laisser une trace, durable ou éphémère, plaisir d’éprouver du bon, de la joie, de la surprise, de la fierté. Alors aujourd’hui j’ai vraiment envie de vous inviter, de vous encourager à développer et soutenir cette créativité, la vôtre et celle des enfants. Jouez bien, amusez-vous bien, osez créer !

 
Article rédigé par : Monique Busquet
Publié le 26 mai 2021
Mis à jour le 26 mai 2021