Les chroniques de Monique Busquet

En mai, fais ce qu’il te plaît ! Par Monique Busquet

Psychomotricienne

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Quel beau dicton ! Certes, il s’agit  de météo, de soleil, de printemps.
Et si nous pouvions l’appliquer ce dicton à d’autres domaines et avec les enfants que nous accueillons? « Fais ce qu’il te plaît » : est-ce une phrase que nous disons parfois ?
Si nous nous écoutons parler, nous nous rendons compte du grand nombre de « Non, ne fais pas cela, fais attention, c’est interdit ou c’est dangereux.. », et du très petit nombre de  « Oui, fais comme tu as envie ».
Bien sûr, il est indispensable de mettre des limites, des interdits, des règles, du cadre.
Mais pour intégrer le Non, il faut d’abord et aussi entendre du Oui !

Durant mes études de psychomotricité, nous avions des ateliers de travail corporel. Ceux-ci débutaient toujours pas un temps d’exploration libre du matériel mis à disposition. La consigne était simple: explorer librement, faire tout ce qui nous plaisait avec, chercher tout ce que nous pouvions faire avec, …   Ensuite seulement nous suivions des consignes, nous apprenions des techniques, des gestes précis, cadrés.

Vivre du bon, du plaisir, de la liberté, de la spontanéité, de la créativité  permet de pouvoir ensuite se limiter, se restreindre, attendre, partager…
Cela va à l’encontre de certains principes éducatifs trop souvent entendus : « cela va être dur plus tard, il faudrait déjà les habituer! »  Et bien non, ce n’est pas en demandant à un enfant qu’il soit âgé de 3 mois, 2 ans, 5 ans…. de faire comme s’il avait déjà 6 mois,  3 ans, 6 ans…. qu’il ira mieux.
Se préparer à se séparer, n’est pas déjà être séparé, se préparer à l’école, n’est pas déjà faire comme l’école ; se préparer à la pluie n’est pas déjà être sous la pluie…

Oui, les enfants sont gagnants si nous pouvons leur donner des temps, des espaces  de « fais ce qu’il te plaît ! ». Si nous les laissons toucher leur purée, ils mangeront plus proprement plus tard. Si nous les laissons déplacer, retourner, « détourner » les chaises par exemple, ils sauront respecter leur « utilisation sociale » plus tard.
C’est à nous de réfléchir, d’inventer, de nous organiser : comment les laisser jouer le plus librement possible?
Malgré tous les impératifs de sécurité, malgré nos responsabilités, essayons de leur faire vivre  un peu de  « fais ce qu’il te plaît » !
De nombreuses études le montrent : les adultes sont en meilleure santé quand ils font ce qu’ils aiment et pas seulement ce qu’ils doivent faire!
Et vous, comment faites vous ?

 
Article rédigé par : Monique Busquet
Modifié le 19 mai 2016