Les chroniques de Monique Busquet

Quelle reconnaissance attendons-nous des parents ? Par Monique Busquet

Psychomotricienne

Fotolia
Maman , bébé et professionnelle
Les métiers d’accueil des jeunes enfants sont aujourd’hui peu reconnus et peu valorisés dans notre société.  Nous assurons un travail en grande partie invisible puisque nous participons à la construction des racines ou des fondations de la personnalité des enfants et de leur façon d’être au monde. Nous leur proposons des bases pour grandir harmonieusement, pour se connaître, apprendre le monde, communiquer avec les autres en les respectant etc. Nous participons de notre place à la fois modeste et responsable, à leur présent et à leur avenir.
Alors entendre des paroles comme « amusez-vous bien », « vous avez de la chance de passer la journée à jouer », « il suffit d’avoir eu des enfants soi-même pour accueillir les enfants des autres » peut être blessant.

Nos métiers sont particulièrement complexes : assurer la sécurité matérielle et affective des enfants, leur épanouissement et leur  bien être  en l’absence de leurs parents ne s’improvise pas. A cette complexité, s’ajoute, pour les assistantes maternelles, la particularité de travailler à  leur domicile, donc en dehors d’un cadre professionnel distinct et reconnu et de manière souvent isolée. De plus, la relation parents-professionnels déjà délicate se double d’une relation employeur-employé d’un tout autre ordre.

Ce sont également des métiers particuliers. Nous mettons souvent tout notre coeur à accueillir le mieux possible les enfants que les parents nous confient. Nous espérons alors à juste titre recevoir un salaire mais aussi de la considération et de la reconnaissance, en partie peut-être pour notre investissement affectif mais  également pour  nos compétences  professionnelles.

Nous rencontrons des parents tous différents les uns des autres : souriants, inquiets, exigeants, râleurs, casse-pieds, agréables,  timides,  autoritaires  etc.  Nous ne pouvons les changer. Alors que pouvons-nous faire  pour gagner la reconnaissance de nos compétences professionnelles ?
Les parents nous confient ce qu’ils ont de plus cher et ils ne peuvent pas voir ce que leur enfant va vivre et éprouver  en leur absence. Tous ont des inquiétudes et de nombreux questionnements. Va-t-on faire attention suffisamment à mon enfant ? Est-il en sécurité ? Et tant d’autres questions.  Les parents sont contraints de faire confiance, de déléguer. C’est un énorme enjeu pour le coeur d’un parent et c’est en quelque sorte une prise de risque.  L’inquiétude ne s’exprimera pas de la même façon chez chaque parent.  Parfois elle se transforme en exigence, plainte, froideur, critique, reproches .....

Nous pouvons peut-être nous représenter ce qu’ils attendent des professionnels.
Quand nous-mêmes avons affaire à un professionnel, quel que soit son métier, qu’attendons-nous de lui : une posture sérieuse, réfléchie,  une écoute sans jugement, de la compréhension, de l’empathie,  des savoir-faire, une façon claire de communiquer,  qu’il sache nous expliquer ce qu’il va faire et pourquoi, qu’il adapte et réactualise suffisamment ses pratiques.
Alors il nous faut nous-mêmes communiquer :  décrire, expliquer ce que nous avons appris et apprenons chaque jour, ce que nous faisons avec leurs enfants, pourquoi nous le faisons en fonction  des besoins des enfants, de leur enfant et non de notre  confort, humeur, habitudes, ..
Et montrer concrètement toute l’attention que nous portons à leur enfant, ce que nous observons de leur enfant, leur raconter des moments de vie de leurs enfants...

Et vous, comment faîtes-vous, comment leur montrer vous votre professionnalisme?

 
Article rédigé par : Monique Busquet
Modifié le 26 octobre 2017