Assistante maternelle : faut-il garder ou non son propre enfant ? Par Nadège R

Assistante maternelle

maman avec son bébé

Un des nombreux avantages à être assistante maternelle, c'est que l'on peut choisir de garder, ou non, son enfant avec soi. Nouveau-né ou enfant déjà grand, la question peut se poser. La plupart du temps, une assistante maternelle va le garder. En Mam cette question revêt un nouveau sens car justement une partie de notre vie « personnelle » s’y efface : dans l'idéal, pas de mari présent… Et pas d'enfant ?? Mais que l'on soit chez soi ou en Mam, que l'on veuille ou non se l'avouer, la vraie question c'est : Ai-je envie de travailler avec mon bébé ? Est-ce que j'en serai capable ?

Si on opte pour le faire garder - en crèche, chez l’assistante maternelle ou en Mam -, on se heurte à diverses réactions ô combien fort peu aimables de notre entourage !
« Comment ça, tu ne le gardes pas avec toi ? Mais il ne va pas comprendre ! Le pauvre ! C'est injuste ! » Ou encore « C'est égoïste de ta part, tu es déjà avec des enfants alors le tien, qu'est-ce que ça change ? » Mais ça change plein de choses : on a une autonomie totale dans son travail, on ne se demande pas si on fait des différences entre les enfants, on est heureux de retrouver son enfant le soir, on a moins de pression (parce que oui, l'avoir avec soi n'est pas chose aisée )... Ce sont aussi des crises de jalousies évitées, moins de conflits éventuels avec les parents (comment ça votre fils a tapé le mien ?)… Bref, une plus grande facilité à démarquer vie professionnelle et vie personnelle.
Avec pourtant des interrogations : Est-ce que je ne vais pas regretter ce choix ? Est-ce qu'il va me manquer ? Vais-je louper les premiers pas ?

Si on opte pour le garder avec soi, ce sont d'autres questionnements : Est-ce qu'il va s'adapter au fait de me partager ? Comment se comportera-t-il ? Comment va-t-on vivre l'entrée à l'école, qui sera alors la première grosse séparation ? Et l'entourage donnera toujours son petit (mais ô combien inutile) avis : « Comment ça tu vas le garder ? Mais il faut couper le cordon ! L'arrivée à l'école va super mal se passer, ce sera de ta faute, tu dois le lâcher, il doit s’épanouir sans toi… », etc. Vous l'aurez compris : que vous le gardiez ou non, les gens seront soit très compréhensifs, soit l'inverse ! Et qu'importe l'option, je pense qu'on a toujours quelques regrets…

Quand j'étais enceinte, j'avais choisi, très fermement, de le mettre à la crèche ou chez une assistante maternelle pendant trois jours. J'avais trop peur de me lasser, qu'il soit source d'énervement le soir après une grosse journée, qu'il ne me laisse pas travailler… Et de le garder avec moi les deux autres jours, pour ne pas trop regretter… Les circonstances ont voulu que je le garde avec moi au bout de deux mois en temps plein ! J'ai eu très peur de ce qui allait se passer.
Mais au final je n'ai aucun regret ! Je le vois grandir, s'épanouir, rire et jouer avec d'autres enfants.
Alors oui, ce n'est pas toujours facile, il faut savoir jongler, ne jamais le rejeter mais sans le préférer. Mais quel bonheur ! Je le vois comme une chance de pouvoir travailler et l'élever, alors que d'autres mamans n'ont pas ce choix et ne le vivent pas toujours très bien. On ne va pas se mentir, il y a eu des soirs où j'ai pleuré car il a été difficile toute la journée et qu'il faut encore s'en occuper, des fois où j'ai eu honte devant ma collègue car j'ai fait « différemment » avec lui que si ça avait été un autre enfant. J'ai eu honte parce qu'il se roulait par terre ou qu'il ne l'écoutait pas.

Et puis un jour j'ai compris que je me mettais trop de pression ! Mon enfant est comme les autres enfants, il n’a pas à être parfait parce que sa mère est nounou. Oui il lui arrive de faire une crise devant des parents, oui c'est gênant, oui il me réclame davantage, comme d'autres fois non, oui je l’aime différemment, c'est normal, c'est ma chair. Ce n'est pas le même amour. Mais j'adore les autres petits et il n’y a pas d'injustice de ma part envers eux et c'est cela le principal. Chacun doit trouver sa place.

Il y a des hauts et des bas, mais qu'importe le choix qu'on a fait, ce qui est important c'est de l'avoir fait sans contrainte et d'en être satisfaite ! Le plus logique c'est de suivre son cœur, d’écouter ses craintes, ces questionnements qui nous assaillent, mais de ne pas prendre peur quoi qu'il arrive. Même si ça entraîne de la logistique, il y a toujours moyen de faire machine arrière si on le vit mal. Et l'enfant, au final, est celui qui s'adaptera le mieux à la situation… S'il sent que vous y êtes bien !

Article rédigé par : Nadège R
Publié le 03 mai 2018
Mis à jour le 04 mai 2018